GUERRE RUSSO-TURQUE DE
inverse, l'armée russe marchant de la Dobroudjaet de Silistria vers Andrinople.
Le 7 mai 1828, après d'interminables négociations, les Russes avaient traversé le Pruth; le 8 juin, ils étaient au Danube et, de Satounovo, s'avançaient
MOULIN A FOULON PRKS DE RADEVTSI (page 224).
dans la Dobroudja; bientôt ils prenaient Constantza (Kustendji). Mais il fallut faire le siège de Varna, de Choumla, de Silistria. Dans une campagne d'automne en Dobroudja, sous les pluies, les troupes fondaient par la maladie plus que par le feu de l'ennemi. Au bout de peu de temps, sur 100000 hommes, il en restait à peine 60000. Après avoir enlevé Varna par trahison, les Russes . durent abandonner le siège de Silistria avant l'hiver et c'est seulement à l'été suivant que Diébitch, dit le traverseur des Balkans (Zabalkanski),
vint prtMidro Andrinoplo et dicter une paix humiliante (\ 1a Tun|uio.
Aux dt^buts do hi guerre de Crimée, c'est encore à Chouinhi quo les Turcs avaient massé leurs principttlo» ri^worvos on arrière do la ligne bien défendue du Onuub^* ot o*ost là que. le 20 mai 1854, les généraux en ohoffniu\:at»ot anglais liront une promenade demeurée httitoriquo» à la 9uito do laquelle le théâtre des opératiouti !«ombla un moment devoir être porté sur les UalW<iU9 ot ou Dobroui^ja,
Arrivi^» U voillo par mor de Constantinople, le maréchal do S^i^iut -Arnaud ot lord Raglan suivirent ce jour-U ootto rv>uto do Varna à Provadia et à Choomla, \o Um\|( do \aquoUo nous vonous do parcourir, en sens iuv^r^tOx la tvho aotuollo du chomin do fer, observant, »ur Ifi'ur chemin, à la fois la fertilité de la terre, la Nvfcuti^ d^?* |MX;wn^:Jt \*vrdoyants ot la misère des |s^\**n* ^u^3rar<'*. pîaoo$ ontr^^ la crainte des Baschi- IVu-'OuK* ot U îorry'ur do$ l\us$os. A Choumla, ils xïxî^jsvîv^ry^ut avyv ;M^::^:Avî:v^n los troupes turques et ^vV"î\\^;>i^>xt *o 'ov,dou"*Air. à V^iraa pour y rester immo- >:1;î^v\^ >Uîxs ;;uo r^iUîXxO A;îor:îo plus do trois mois.
'xVï^Uut > VA* ^i^x^Vto. ^ >.ou::xU est. d ailleurs, tou- N^u;^ rip^î\\ :u*v;uÀ 5\>a d."K:*:i:è>moi:t de 18T«^ une >W ^r*^^o,s^5t ïC^HvV* fort^<si do:?:i:io<'* à barrer cette lVN>.x\v^vysfc. ,;-^:, :^4t2t:^ vvU- ^r^iî ou\x*rî une voie d'accès t^\Y /;fcc::o cî îAV x:t;-vvS:j^^e au\ <^riv;è::s«ettrs : an des xs^ "►xN'^u xV nV <UAO.r,'Jk:;r^^. rc>r:5^ue aussi connu cfue o < V, t Os . . t* V V . 0 " ."-^^i . id^,:? >^uel s'oîaît massée, . o o i \i ^^v* Av^v.^ ic .>"S. : Ar:r:t^e ::in|ue de Test,
♦ o ^ <• o *ïv^>v xV.Vx'jfcr: votciji 3k Ic^esî atteignait
^'^ * -' «- >'* 1;:$;^'^:^ >'':x:r;r I;t$ do'.ix. A ce mo-
v,.^v' V. ^ ^-x.^ jj^ ^^. .^^^ iT*3L>àe pe^iecture .NX. > A\x *NVvs ro .tti:>^ -4;vr :V x-ai ^ dk Ttlie et «es
CHOUMLA ET PEREÏASLA VETS. 135
quartiers bas gardent encore un aspect un peu oriental. Il faut regarder Choumla de loin et visiter surtout ses vieilles rues pour lui trouver quelque pittoresque. Au pied des collines de craie blanche qui étincellent au soleil, coupées de place en place par les teintes plus sombres des bois, on voit alors se déployer toutes les maisons basses, aux toits de tuiles brunis, aux enduits clairs, aux jeux d'ombre imprévus produits par le désordre de tous ces plans disposés au hasard et sans règle. Une grande mosquée, une dizaine de minarets épars et, à défaut de cyprès, quelques peupliers servent de points de repère dans ce dédale et donnent ces traits verticaux, qui, clochers, minarets ou arbres, manquent ailleurs parmi les lignes trop habituellement horizontales des paysages.
A l'extrémité de Choumla, et au delà du quartier turc, on a converti récemment en jardin public un fond de vallée, où les escarpements crayeux se resserrent et se couvrent de bois. A travers les arbres serpentent des chemins ombreux et frais, le long desquels courent des ruisseaux; des bancs de craie aux saillies surplombantes forment des sortes de grottes sans profondeur et des terrasses. Cette fraîcheur et ces ombres charment dans un pays où les arbres groupés d'un certain âge sont généralement rares. L'ensemble a un air un peu normand, rappelant les valleuses des environs de Trouville, de Dieppe ou d'Etretat.
C'est au sud de Choumla que se trouvait, comme je viens de le dire, la capitale de la Bulgarie primitive, transportée ultérieurement de plus en plus vers l'ouest et le sud-ouest, à Tirnovo, à Sophia, puis dans les montagnes de la Macédoine, à Vodéna et Achrida. La ville, qui s'appelait alors Péréiaslavets, avait été nommée plus tard par les Turcs Eski-Stamboul ou vieille Stamboul ; les Bulgares, qui éliminent
de leur mieux . toutes ces traces subsistantes d'une 'occupation maudite pour relier leur avenir à leur passé, lui ont rendu son nom de Preslav. On y voit encore de grands pans de muraille et des masses de ruines, qui, malgré tout ce qu'on en a pu prendre pour les constructions de Ghoumla, témoignent aussitôt d'une ville autrefois importante. Il faut s'imaginer là, au ixe siècle, une de ces cités barbares établies au contact de la civilisation byzantine, où ces deux éléments contradictoires de sauvagerie primitive et de luxe très raffiné s'associaient en un bizarre mélange : une de ces enceintes fortifiées enserrant le désordre des habitations, des palais, des tours et des églises, dont nous pouvons encore nous faire quelque idée en visitant un kremlin russe ou un couvent du mont Athos. Les constructions de bois brun aux soubassements de pierre devaient y avoir des terrasses couvertes, des escaliers extérieurs, des logettes pour les veilleurs et, au dedans, de grandes pièces très sombres, avec un fouillis de tentures orientales, de tapis éclatants, de peaux de bêtes et d'armes brillantes, dans une odeur de fauve et de cuir.
Plus loin, entre Ghoumla et Djoumaya (Eski- Djouma), nous retrouvons ces aspects tabulaires, dont j'ai déjà essayé de donner une idée et qui caractérisent toute cette partie du plateau prébalkanique, où l'horizontalité habituelle des lignes forme un contraste frappant avec les Balkans plissés et redressés que l'on peut atteindre plus au sud en quelques heures. De tous côtés, les profils de l'horizon se dessinent, suivant le hasard de l'érosion et un peu aussi suivant la distance de laquelle on les considère, en trapèzes plus ou moins allongés, ou plus ou moins réduits à un triangle. En les voyant pour la première fois, une comparaison, qui surprendra peut-être, s'est imposée à mon esprit, celle des Kopje dominant la plaine dans
DJOUMAYA. 137
l'Afrique du Sud; ils ressemblent àces mamelons dressés au-dessus du désert du Karoo, qui ont si fréquemmentservi de défense pendant la guerre anglo-boër.
Hautes souvent de 100 mètres et plus, ces collines, toujours terminées au sommet par un banc tabulaire en escarpement, ont des pentes, tantôt légèrement verdies et comme saupoudrées de gazon, tantôt plus foncées sous les taillis. Parfois les deux flancs de la vallée se rapprochent en une véritable gorge. Des bancs plus durs dessinent, sur la pente, des cordons, que l'œil peut suivre à perte de vue. ^
Djoumaya^ que les Turcs appelaient Eski-Djouma, est une vraie ville commerçante d'environ 12000 âmes, aux maisons basses, construites à la turque et très étalées, avec un petit ruisseau que coupent des ponts accédant à chaque maison et une route poudreuse traversant toute la ville dans la direction du champ de foire et de la gare.
Notre arrivée à Djoumaya un soir de printemps est un des jolis souvenirs de mes courses en Bulgarie, mais un de ces souvenirs après lesquels on courrait vainement sur la fol des guides et des récits, une de ces impressions qui tiennent tout entières à l'heure du jour, à la saison, au moment, ^ la disposition d'esprit personnelle.
Nous descendions du Balkan au mois de mai par la grande route de Kotel et de Dervent et nous avions traversé les défilés fleuris, de lilas du Dervent pour ressortir dans les plaines vertes, où, de tous les côtés, brillaient en chantant les fontaines. Au coucher du soleil, nous entrons dans Djoumaya, où l'on nous avait prévenus d'avance que, vu la foire, nous aurions quelque peine à trouver un gîte, et le premier aspect de la ville poudreuse, encombrée, sillonnée en tous sens par d'innombrables voitures enveloppées de poussière, ne fait qu'accentuer cette crainte fâcheuse, en nous inspi-
rant le regret d*avoir quitté la montagne aux frais ombrages, aux eaux claires, pour une si vilaine et sordide civilisation. Cependant, devant la porte de Thôtel peu engageant et d'ailleurs comble, ainsi que nous l'avions supposé, le gendarme chargé de préparer notre étape se tient au port d'armes; par une ruelle étroite, il nous conduit là où nous devons loger, « chez l'habitant », et aussitôt l'impression fâcheuse se dissipe...
Dans les voyages de ce genre qui tiennent un peu de l'exploration, c'est, assurément, pour ceux qui aiment leur liberté et leurs aises, une cause d'ennui, mais c'est aussi une source charmante d'imprévu et de rencontres originales que cette nécessité de trouver chaque soir, au lieu de l'hôtel banal avec son éternel suisse galonné, son ober-kellner en habit noir, son groom d'ascenseur et son nègre, l'hospitalité si souvent cordiale d'un inconnu, qu'on ne verra peut-être plus de toute sa vie, mais dont on se rappellera longtemps les traits et même ^es paroles. Je compte ainsi, parmi mes meilleurs souvenirs de voyage et les plus présents, telles soirées passées dans un couvent de Grèce ou de Palestine, dans cette maison turque parmi les rosiers d'Hassanlar, en Déli-Orman, dans ce vieux logis xviii« siècle de Molivo à Mytilène, dans ce chalet de bois au-dessus d'un lac verdoyant près de Ghristiana...
Il est très difficile, en pareil cas, de faire comprendre, à ceux qui ne l'ont pas vu, l'attrait que pouvaient avoir ici ce petit bout de jardin et de cour dallée, avec ses tonnelles de vigne vierge et ses glycines, le puits moussu entouré de verdure, ces buis taillés encadrant des parterres de tulipes, de pivoines rouges et de boules de neige en fleurs, ce mélange de végétation régulièrement alignée, de vieilles pierres et de marbre, qui donnait l'idée de ce qu'ont pu être les jardins romains de Pompéï; et, dans le fond, ouvrant leurs larges