‹ La Bulgarie d'hier et de demainChapitre 73 sur 198 · LE PORT DE BOURGAS · texte numérisé non relu

LE PORT DE BOURGAS

songe qu'il y a vingt ans ce pays-ci était turc et livré à cette anarchie, enjolivée de pots de vin, qu'on appelle l'administration en Turquie; cela fait apprécier aussitôt le changement, qui se produit dans un pays chrétien quand on l'a laissé se débarrasser des Ottomans.

Inutile d'ailleurs d'ajouter, que ce que la civilisation a gagné, le pittoresque l'a perdu. Bourgas, pour le voyageur, n'a qu'un intérêt médiocre. Contrairement à Varna, qui est déjà une grande ville, ce n'est même, jusqu'ici, qu'un port d'avenir, à peine terminé depuis trois ans et qui, sans doute, prendra plus tard du développement pour l'exportation des céréales provenant de toute la Bulgarie du sud, mais dont le mouvement annuel ne dépasse guère encore un million de tonneaux. Ce développement, jusqu'ici, est quelque peu paralysé par des questions de trafic. La Compagnie des chemins de fer orientaux, à laquelle avait été concédée la ligne Bourgas-Iamboli avant l'émancipation, ne cherche nullement à attirer le transit de ce côté, ayant beaucoup plus d'intérêt à le détourner vers Dédéagatch sur l'Archipel, où elle est chez elle. Cela durera tant que l'État, propriétaire de toutes les autres lignes bulgares, n'aura pas repris aussi ce tronçon. Mais, si un jour la Bulgarie agrandie débouche à Dédéagatch, que deviendra Bourgas?...

La ville a également un autre défaut, elle manque d'eau; l'eau potable doit être cherchée en tonneaux à 2 kilomètres, et les grandes lagunes côtières y entretiennent un peu de malaria en été. On travaille avec zèle à arranger tout cela; on construit; on perce; on plante des boulevards, qui, naturellement, ressemblent encore un peu à ces jardins que les bourgeois de Daumier soignent amoureusement dans la plaine Saint- Denis et un grand projet d'adduction d'eau est à l'étude.

Notre première course aux environs de Bous^'^^ ^

eu préci5éixieE.î pour bu: d" aller voir, à 15 ou 20 kilomètres cùrd-iDuest de la 'ville, ces sources froides destinées à sol. alic:e=.ta::c=. et. au voisinage, des sources thermales drjà expie :;êes.

Tous !es eîi\-:ro- s de Fourras sôr.t occupés par des masses de roches eruptives. qui. :rés adoucies et usées par lérosiûii. nexercen: pas une influence bien mar*:[uée sur !e relie: :opoâ:rapr.:que. mais dont la forme est cepcL-dant plus irregulirreiiLez.: mamelonnée que celle des terrains sedimentaîres. Dans la conque de ces roches éruptives. ou s'encaissent au sud les filons de cuivre que nous visiterons bientO-t. la bordure nord de la baie, du côté que nous traverse -s en ce moment, est occupée par des terrains îeniaires très récents. Cest une grande plaine, tapissée de magnifiques pivoines rouges, qui éclatent de tous Cv!:ès dans la verdure comme des notes de faniare.

Aux sources thermales, il n y a encore que de grandes larajues somniaires: niJiis 1 eiu chiude. qui coule en ri:â5ea.ix. a a:::r-r des lanirs de femmes en costume Luii-are. oceup .-es i liver leur lin^e. les ;ambes dans . eàu. dans un les rrcre ^musan: . f t. aurrtrs d'elles, complètent le tazleau. un C3:v.-:e::.c-n: de ces tziganes au :e:n: moresjue. qui. dv :cus c.trs en 1: il ^-arie. traînent leurs loques Cjl:rc-rs. pr::.. :.en: leurs sin^res et leurs ours, a rangé ses v.r-arre::os •:: I-:elv ses bétes pour faire la cuisine.

Les sources iroides scn: un ^:u pl-s h^-ut dans les rv.ins qu: dévOupen: les pr-n:: rs vOn:re:orts du î::i>si:d :indvsi:e: les }:en:e> s.:n:rvs le roohe volcan:j:e les ir-minent: au-dessous de nous. îa plaine « -•.-.-:. i i nos pieds vers la n-.erl:in:.-.i:.e e: vc ici qu'une r.'. ^- i". ::: r u e n. e n ae e d : ra^re . d e i j- u o h a n : sur nous des r'i-.'i'i-s. pare ie pays de sa i:eau:e ;:.ystùrieuse, lui pr-r:e quelque chose de mycénien. Dans une trombe de ven:. rapides c:r.in-»e des chevauchées do walkyries.

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