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LES COLS DES BALKANS

L'importance stratégique de toute cette muraille montagneuse a fait cataloguer les cols, qui permettent de la traverser. Un seul est, jusqu'ici, adopté par une voie de chemin de fer, celui qui suit la vallée de l'Isker; mais quelques autres donnent passage à des chemins, que l'on peut à la rigueur considérer comme carrossables : entre Berkovitza et Tsaribrod; entre Plevna et Sophia, par Orchanié ; entre Troian et Karlovo (Rosalita) (le col le plus élevé de tous, qui atteint 1 900 mètres) ; entre Gabrovo et Kasanlik (la Schîpka) ; entre Ëléna et Tvarditza, par Tchoumerna; entre Osman bazar et Slivno, par Kotel (col de Kasan ou DémirKapou); entre Choumla et lamboli, par Virbitza; entre Choumla et Karnabat; entre Provadia et Aidos; enfin, le long du cap Emineh. Le col de la Schipka (dentelle), praticable aux voitures depuis un passage de Mahmoud en 1836, a joué le rôle que l'on sait dans la guerre de 1878. Celui de Kotel est également suivi par une bonne route, ainsi que la route facile de lamboli à Choumla, où l'on doit depuis longtemps établir un chemin de fer. La route côtière de l'Emineh par Monastir Kiou et le couvent de Saint-Nicolas (Finis Hœmi des Romains) fut jadis la grande route de Darius marchant contre les Scythes, des Byzantins commerçant avec les Russes, des Russes envahissant la péninsule en 1829; elle a perdu son importance.

Dans le massif lui-même, la valeur de ces cols, dont j'ai nommé seulement les principaux, est très variable suivant les régions, et, comme l'a montré la dernière guerre russo-turque, moindre en général qu'on ne le croirait d'abord, par suite de la facilité avec laquelle on trouve souvent à les tourner. Si, dans les parties les plus hautes de la chaîne, au sud de Troian, où le sommet de Vetzen atteint 2 200 mètres et le Jumruktzal 2 374, on peut éprouver quelque peine à passer, d'ordinaire on ne fait pas plua de \^ '^ V^ >kA.o-

mètres suivant la longueur de la chaîne sans rencontrer un col, et, dans le Balkan de Véliki que j'ai battu en tous sens de Gabrovo à Slivno, j'ai pu recouper je ne sais combien de fois la ligne de partage dans un sens ou dans l'autre par des sentiers nouveaux, sans même m'en apercevoir : tant l'orographie des chaînons était confuse et la crête peu distincte au milieu des bois.

Je reviendrai tout à l'heure en détail sur la région centrale des Balkans, qui a formé l'objet de ma première exploration en Bulgarie ; mais il faut auparavant donner une idée du Balkan ouest en le traversant suivant sa coupure principale, par les gorges de l'Isker, où il va nous offrir des aspects tout différents de ceux que nous rencontrerons dans le Balkan central de Radevtsi.

Le Balkan de l'ouest et les gorges de l'Isker.

De Sophia à Plevna et Routschouk, le passage que nous allons suivre s'est trouvé tout naturellement indiqué par le curieux défilé où la rivière l'Isker s'engage au travers des Balkans. Logiquement, le bassin de Sophia semblerait avoir son écoulement naturel sur le flanc sud du Balkan et dans le sens de sa longueur, par Zlatitza, Dervent et laToundja. Une traînée de dépôts alluvionnels, marqués sur les cartes géologiques, indique ce parcours d'apparence normale, qui est aujourd'hui interrompu par plusieurs seuils assez élevés à Dervent et à Kalofer, où le Balkan se rattache à la Sredna Gora et au Rhodope. Au lieu de cela, l'Isker part transversalement au Balkan vers la cote 500, le recoupe dans une zone où la chaîne atteint 1 400 à 1500 mètres d'altitude (par conséquent suivant des gorges très profondes), et va ressortir dans le plateau Danubien, à environ 200 mètres d'altitude.

Quand on se trouve en présence d'un phénomène

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