‹ La Bulgarie d'hier et de demainChapitre 87 sur 198 · Voir page · texte numérisé non relu

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Chaque matin, nous grimpons ainsi, sous la merveilleuse forêt de hêtres, par les sentiers lumineux, le long des ravins encombrés de verdure, où Teau chante, vers les divers contreforts qui dominent la vallée de Radevtsi, redescendant parfois dans la vallée très verte pour atteindre, à travers le torrent, un flanc opposé. Partout, sous ces bois que Ton imaginerait sauvages, des sentiers, qui prennent aisément, parmi ces beaux arbres, l'allure d'un chemin de parc, s'offrent à nos chevaux et, quand il nous plaît de les quitter, on peut encore, toujours à cheval, se lancer à travers les bois, sans craindre une de ces brusques surprises, un de ces à-pics ou de ces escarpements, qui viendraient vite arrêter l'audacieux essayant une pareille tentative dans les Pyrénées.

Je ne puis espérer rendre, ni par des mots, ni par des illustrations, le charme de ce pays. Qui n'a vu et qui ne se figure une forêt de beaux hêtres, sur une pente douce de montagne, avec des ravins frais et des ruisseaux ? Mais la beauté propre de ces Balkans sur tout leur versant nord et leur cime, c'est l'étonnante continuité de cette forêt, à travers laquelle on chemine au hasard pendant des jours entiers et c'est le chaud soleil d'Orient, qui, transparaissant à travers les feuilles, met, dans l'ombre même, la joie de sa lumière en vous en épargnant l'ardeur.

Au pied de la montagne, comme à Radevsti, s'enfoncent, de tous côtés, de petites vallées encombrées de végétation et pourtant lumineuses, avec des rivières limpides qui coulent sous les arbres, au milieu des prés, sur un lit coupé de dalles blanches, des ruisselets bavards, des moulins sur des cascatelles et de gais villages. Plus haut, sur les premières pentes, on trouve des prés avec des pommiers ou des pruniers, des champs de blé moissonnés couvrant les pentes arrondies de collines nues. Et aussitôt commencent les forêts de

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