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les territoires de la Morava, de Yidin et de Sofia, un nouvel État que Ton désigne sous le nom d'Empire de la Bulgarie occidentale.
Avant sa mort, qui arriva en 968, Pierre put voir ses États envahis à plusieurs reprises par les Petchcnègues, les Magyares et les Russes.
Boris //, son fils aîné, s'allia îi l'empereur Jean Zimiscès pour résister <\ une nouvelle invasion des Russes, commandos par Sviastoslav. Celui-ci fut repoussé jusqu'à Drstcr (Silistrie), où il s'enferma, et, après un siège de trois mois, obligé de capituler et do repasser le Danube.
li'empereur grec, peu reconnaissant du secours que lui avait prêté Boris, profita de ce que ses troupes occupaient la Bulgarie pour la garder en sa possession. Il obligea le tsar h l'accompagner à Constantinople, où il lui fit déposer les insignes dé la souveraineté, ne lui donnant en échange qu'une dignité h la cour impériale. L'empire de Kroum et de Siméon disparaissait ainsi, mais l'indépendance bulgare n'était pas encore anéantie, car elle subsistait dans l'État fondé en Macédoine par Chichman.
L'empire de la Bulgarie occidentale vit refleurir pendant quelques années la puissance bulgare sous le règne de Samuel, le plus jeune fils et le second successeur de Chichman.
Homme énergique, doué de sérieuses qualités politiques et militaires, il profita des difficultés causées à Tempire grec par les révoltes qui éclatèrent à la mort de Jean Zimiscès, pour conduire vigoureusement la guerre déji\ commencée sans succès par son frère aîné David. Tandis que les Bulgares de la Mœsie se
soulevaient contre la domination byzantine et lui facilitaient la prise de possession des villes du Danube, il envahissait le Thrace ainsi que la Thessalie et l'ilellade, où existaient encore de nombreux éléments slaves. Il réussit de la sorte h reconstituer presque complètement l'empire des tsars de Prêslav, dont le titre lui fut confirmé par le pape.
Mais la ténacité de l'empereur grec Basile II, qui soutint contre Samuel une lutte de 28 ans, finit par être couronnée de succès. Trois guerres consécutives, dont la première seule se termina heureusement pour Samuel, anéantirent les conquêtes par lesquelles il avait inauguré son règne. La bataille livrée devant le mont Bêlasitsa^ près de la Stroumitsa, mit un h la lutte par la destruction de l'armée bulgare (1014), et Samuel mourut peu de temps après, du saisissement qu'il éprouva à la vue de 15,000 prisonniers bulgares que Basile lui renvoyait après leur avoir fait crever les yeux.
Sous le règne de Samuel, la capitale de l'empire bulgare qui, sous ses deux prédécesseurs, avait été successivement transportée à Sofia, Moglena, Voden, fut fixée d'abord hPrespa^ puis à Okhrida. C'est dans cette dernière ville que fut transféré le siège du patriarcat bulgare qui se trouvait auparavant à Trôslav. Le patriarcat d'Okhrida survécut à l'indépendance bulgare et conserva, au moins nominalement, son autonomie jusqu'au XVIIIe siècle.
Samuel eut deux successeurs : son fils Radomir et son neveu Vladislav, pendant les rognes desquels s'acheva la ruine de l'empire bulgare. Après la mort de Vladislav (1015), la Bulgarie demeura sans souverain. Une grande partie des nobles encouragés par la veuve
du tsar, acceptèrent volontairement la domination byzantine; quelques autres, conduits par le fils de Vladislav, Froujin, et un noble nommé Ivats, qui avait été le compétiteur du dernier tsar, prolongèrent la résistance pendant quelques années. Froujin finit par se rendre et reçut un emploi h la cour de Constantinople ; Ivats, pris dans un guet-apens, fut aveuglé.
La Bulgarie se trouva ainsi tout entière réunie à l'empire grec en la possession duquel elle demeura pendant un siècle et demi.
CUAl^ITRE IV