QUANTITÉS
de Tin
en
hectolitres.
CO
Parmi les plantes industrielles qui croissent en Bulgarie, nous cilcrons d'abord le tabac, cultivé principalement dans les départements de Kustendil, Choumla,. Haskovo et Slara-Zagora. Le meilleur est, paraît-il, celui qui est récolté dans le sud du département de Haskovo. La préparation et la vente du tabac ne sont pas monopolisées par l'État, mais ce produit supporte des droits assez considérables, et les cultivateurs et fabricants sont soumis h diverses restrictions et h une surveillance analogue à celle qui s'exerce dans presque tous les pays sur le commerce des boissons spiritueuses.
La production du tabac, assez variable d'année en année, était en 1887 de 1,860,000 kilogrammes pour un espace cultivé d'environ 2,600 hectares. En 1882, sur une production totale un peu plus faible, le département de Haskovo seul avait fourni 840,000 kilogrammes.
La rose est, comme l'on sait, en Bulgarie une planta
industrielle de premier ordre, quoique sa culture en grand soit restreinte à une région peu étendue située sur le versant sud du Balkan central, et comprenant les parties septentrionales des départements de Philippopoli et de Stara-Zagora, et une faible portion de celui de Tatar-Bazardjik. Les vallées de Kazanlyk et de Karlovo fournissent plus des deux tiers de la production totale. Au nord des Balkans, cette culture ne se rencontre qu'aux environs deTravna.
I/huile qu'on extrait de ces fleurs alimente presque entièrement la parfumerie européenne. En 1881 il a été distillé 4,928,931 kilogrammes de roses produisant seulement 1,888 kilogrammes d'essence; il faut, en effet, environ 3,000 kilogrammes de fleurs pour produire un kilogramme d'essence; on comprend que, dans ces conditions, le prix de celte huile soit extrêmement élevé; la mesure appelée mitskal, représentant 5 grammes, se vend en efïet de 4 h 5 francs.
Les fleurs sont en grande partie distillées par les paysans eux-mêmes dans des appareils rudimentaires, mais il existe aussi quelques distilleries îi Kazanlyk.
La presque totalité de la production s'exporte en Autriche, en Allemagne, en France et en Angleterre.
D'autres plantes oléagineuses se cultivent encore en Bulgarie, particulièrement le sésame, Vanis, le pavot, et même, en faible quantité, le colza ; on y cultive aussi q\iQ\q\iQS plantes tmctoriales, lesapan, h garance, etc.
Comme plantes textiles, nous trouvons le chanvre, qui se cultive principalement dans le Rhodope et dans le Balkan de Teteven; le /in, qui, fila vérité, est plutôt traité par les Bulgares comme plante oléagineuse, et le coton, qui ne réussit qu'en Iloumélie, spécialement dans
le département de Ilaskovo; encore cette culture est-elle très restreinte; en 1880, elle n'occupait que 700 hectares.
Les forêts du territoire bulgare ont eu beaucoup à souffrir des déprédations des habitants et du manque absolu de réglementation protectrice auquel on n'a commencé à remédier qu'en 1883. Aussi une partie des régions boisées existant dans les parties du pays où la population est assez dense ont-elles disparu ; certaines montagnes môme, le Vitocha, par exemple, ont aussi été dénudées. Il resterait cependant encore une superficie boisée d'environ 46,000 kilomètres carrés (évalualion approximative' et probablement exagérée), qui représente en somme une étendue considérable, puisqu'elle correspond fi près de la moitié de la superficie totale de la Principauté. La plus grande étendue boisée se trouve en Roumélie, où elle représente de 60 à 65 p. 100 de la superficie totale, tandis que dans la Bulgarie du Nord les forêts ne couvrent que 20 p. 100 environ de la surface du pays.
Les plus belles forêts se trouvent naturellement dans les montagnes , particulièrement dans le Rhodope, la région la plus riche, à cet égard, de toute la Bulgarie, sur le Rilo, sur les pentes nord des Balkans, dans la Sredna-Gora.
Dans les régions moins élevées, on trouve aussi des forets aux environs de Samokov, de Doubnitsa, de Vratsa, dans la haute vallée de la Maritsa (forêt de Belovo), près de la mer Noire, entre Varna et Baltchik (forêt de Batov); enfin nous avons déjà signalé, en traitant de l'orographie, l'existence de la vaste région boisée appelée DelWrman, entre la ligne Roustchouk- Varna et la mer Noire.
Les principales essences forestières sont : le chêne, qui se rencontre dans les régions les moins élevées, jusqu'à une altitude de 1300 mètres environ ; c'est l'essence la plus répandue; le hêtre, qui accompagne habituellement le chêne, mais s'élève jusque vers 1500 mètres ; le tilleul, le tremble, le charme, qui se trouvent h la môme altitude, particulièrement sur le Rilo ; le pin, le sapin et le mélèze, qui commencent à 1300 mètres et subsistent seuls de 1500 à 2,000 mètres; on les rencontre surtout sur le Rilo, dans la partie centrale de la Stara-Planina et dans le Rhodope, la région la plus méridionale où ils croissent en Europe: les conifères sont très rares dans les autres parties de la Bulgarie.
Les bois appartenant à l'État ne procurent qu'un revenu de 350,000 francs. Ainsi que nous l'avons dit, le gouvernement bulgare s'est occupé de la protection des forêts, et des lois de 1883 et de 1889 ont établi une surveillance sur les bois appartenant aux communes et aux particuliers, réglementé les coupes dans les forêts publiques, interdit les déboisements complets, prescrit des mesures pour éviter la dégradation des arbres par le bétail, etc. Le peu de temps écoulé depuis l'élaboration de ces lois ne leur a pas permis de produire encore des résultats sensibles.
IV* — Animaux.
A côté de la culture du sol, rélcvage du bétail est une des occupations les plus importantes de la population bulgare. Les moutons, dont la chair entre pour une grande part dans l'alimentation des habitants de toutes races, et dont la laine et la peau sont des matièrrs
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induslvicllcs de première nécessité, occupent, comme nombre, le premier rang. La meilleure race se trouve dans la région de Karnobad. Puis viennent les chèvres, que l'on trouve principalement sur les pentes nord des Balkans.
Il existe actuellement, en Bulgarie, 6,870,000 tôtes de moutons et i ,200,000 de chèvres. Les porcs, que l'on rcnconlre un peu partout, sont cependant beaucoup moins nombreux, on n'en compte que 416,000 tôtes. Les Bulgares n'utilisent, du reste, que très imparfaitement cet animal, dont les paysans de nos pays savent si bien tirer profil. D'après les observations des voyageurs, les paysans orientaux paraissent ignorer complètement l'usage des salaisons et des diverses autres manières de conserver la viande de porc.
Les départements de Sliven, Yidin, Svichtov, Trn, (]houmla, sont les premiers au point de vue de l'élevage des moutons; ceux de Vratsa, Lovetch et Sofia, pour les chèvres; enfin, ceux de Bourgas et Varna, pour les porcs,
Conjmc gros bétail, on rencontre surtout en Bulgarie le buf/ln, animal d'une grande utilité pour le cullivatcur qui l'emploie à peu près exclusivement comme hôte de trait, pour tous les charrois agricoles. L'élevage des buffles est particulièrement important dans les départements de ïirnovo, Silistrie, Sevlievo, Bourgas et Varna, mais il s'étend aussi, dans des proportions plus ou moins importantes, h presque toutes les autres parties du pays. On trouve aussi, quoique en moins grande quantité, des bœufs, dont la meilleure race habile les environs de Plevna. On semble, dans quelques endroits, tendre à remplacer pour les ' charrois le buffle ou le bœnf par le cheval.
Les chevaux qui. dans les campagnes, ont été em-
ployés presque exclusivement jusqu'il présent comme montures ou comme botes de somme, sont petits, mais forts et résistants h la fatigue et aux privations. Les meilleurs se rencontrent dans les environs de Tirnovo et dans le Deli-Orman.
Les ânes et les mulets ne sont pas très nombreux.
On n'a pas, sur le nombre des bœufs, chevaux etc., de renseignements précis comme sur celui des moutons et des chèvres soumis h des impôts spéciaux. .
Parmi les animaux de basse-cour, les plus répandus sont les poules et les canards ; les oies et les dindons sont plus rares.
Auprès de chaque village, il existe des terrains possédés par la communauté des habitants, où chacun do ceux-ci envoie pâturer ses bestiaux, quel qu'en soit le nombre.
Les moutons donnent lieu h un commerce d'exportation assez important; plus de 300.000 de ces animaux ont été expédiés en 1888, principalement îi destination de la Turquie, de la Grèce et de la France.
Les animaux sauvages sont représentés dans la faune bulgare par un assez grand nouïbre de variétés. On peut encore trouver des ows dans les Balkans, le Ilhodope, le ililo et même le Vilocha; \eloup, le renard, le cJievrettil, le cerf,s>e rencontrent dans toutes les grandes forêts; on peut encore citer la loutre, dans le Balkan, le lynx, assez rare cependant, dans la Srcdna-Gora : le sanglier, dans la Sredna-Gora et le Rhodope; le lièvre, dans le Rhodope; le chat sauvage, l'écureuil, la chèvre sauvage.
Comme oiseaux samw/es, on rencontre l'aigle, sur le Vitocha et le Rilo; le vautour, sur cette dernière mon-
tagnc; la perdrix, la caille, le faisan ; enfin, le long du Danube, un grand nombre d'oiseaux aquatiques, tels que : pélicans, hérons, mouettes, poules d eau.
Les poissons que l'on trouve le plus fréquemment dans les eaux bulgares sont : l'esturgeon , le saumon, la truite. On pèche parfois dans, le Danube des esturgeons pesant de 200 à 3S0 kilogrammes. Le caviar, que l'on prépare avec les œufs de ce poisson, s'exporte principalement en Russie. ,
Avant de terminer ce qui a rapport à l'agriculture, il convient de citer encore deux industries essentiellement rurales et qui, h ce titre, doivent de préférence trouver leur place ici; nous voulons parler de l'élevage des abeilles et des vers à soie; ces industries sont répandues h peu près dans toute la Bulgarie, mais sans avoir, nulle part une très grande importance ; la production du miel et de la cire correspond en général à la consommation locale ; un petit nombre de départements, principalement celui de Sliven, sont en état d'en exporter au dehors.
L'élevage des vers a soie avait, il n'y a pas très longtemps, une grande importance en Bulgarie ; dans chaque village et presque dans chaque maison, on s'occupait de la récolte ou de la préparation de la soie. Mais h la suite de maladies sur les vers, cette industrie a beaucoup diminué, sans disparaître cependant. Les départements de ïirnovo, Sliven, Haskovo, sont les régions où elle est encore le plus florissante.
En général, la production en soie alimente exclusivement l'industrie locale; cependant une petite partie s'exporte en Russie et en Italie.
Nous réservons pour le chapitre suivant, consacré à
l'industrie, ce qui a trait aux matières animales manufacturées, telles que les peaux, la laine, etc. Nous examinerons aussi dans ce chapitre, comme s'y rapportant plus spécialement, les richesses minérales du sol bulgare.