‹ La Bulgarie dans le passé et le présentChapitre 70 sur 127 · I. — Ricliesses minérales · texte numérisé non relu

I. — Ricliesses minérales

La Bulgarie est assez riche en gisements minéraux, qui malheureusement sont insuflisamment ou môme pas du tout exploités.

Le principal gisement de minerais de fer, et le seul exploité d'ailleurs, se trouve dans les environs de Samokov (y compris une partie du département de Tatar- Bazardjik); il est constitué par d.u fer magnétique; ce minerai est travaillé dans la région môme, par un procédé analogue à la méthode dite catalane. La production a beaucoup diminué, car elle n'alimente plus que 8 fours contre 90 qui existaient h l'époque turque (1). Dans la région des mines se trouvent aussi des forges appelées « samokovi » (forges automatiques) possédant des marteaux du poids de 150 à 250 kilos, mus hydrauliquement.

Le sol du Viiocha confient des particules de fer magnétique, qui se trouvent dans les dépôts d'alluvions

(1) D'après Scbkorpil, Prirodni bogalstva na Blgaria, 1881, il existait encore 48 fours au momout où il écrivait.

l'onnés cIuds les vallées par les torrents h la suite des orages, et qu'on peul recueillir au moyen de lavages.

Dn peut aussi trouver des minerais de fer en d'autres endroits; dcïorydemngnétigue (exploilé autrefois), dans le Balkan d'Étropol el dans l'arrondissement de Kavakly (déparlement de Sliven); de VMmatite rouge, près de lîourgas; de la Hmonile, près de Yambol,Bourgas, Étropol, Elena; de la pyrite de fer y dans les arrondissements de Nova-Zagora, Nova-Maliala, Kotel, ïeleven, etc.

Des gisements de plomb argentifère existent dans le Balkan d'Etropol, dans le Rhodope, près de Loukovitsa, dans les environs de Yambol^ de Kustendil, de Tchiprovels. Dans ce dernier endroit, ainsi que dans le Balkan d'Etropol, ils ont môme été exploités autrefois, mais ils sont abandonnés maintenant. Lé gisement de Loukovilsa avait donné lieu, en 1885, à une concession accordée h des négociants de Philippopoli, mais des difficultés financières en ont empêché l'exploitation.

On trouve de la pyrite de cuivre en divers endroits, notamment dans l'arrondissement de Yambol, auprès de Brôznik et dans le Balkan d'Etropol, et du cuivre nalif (Siww^ le Balkan oriental; mais ce métal, pas plus que le plomb, ne donne lieu actuellement îiune exploitation industrielle. Dans l'antiquité, on exploitait, paraît-il, des minerais de cuivre dans le Balkan deTroian et près de Sozopol ; au moyen Age, on travaillait ce métal fi Pcschtera (département de Tatar-Bazardjik).

De la cassilerile (oxyde d'étain) existe mêlée h la pyrite cuivreuse, dans le Balkan d'Etropol, et du minerai de manganèse se trouve dans quelques endroits du département de Varna.

Une mine de chrome est exploitée à Zlatitsa.

Un certain nombre de rivières de Bulgarie, entre

autres la Topolnilsa, Plskcr, la Yanlra, l'Artla, roulent des sables aurifères. Ceux de la Topolnitsa sont encore ^ exploités par des orpailleurs (zlalari) qui viennent chaque élc de Macédoine, spécialement de Nevrokop. L'or qu'ils recueillent se vend sous le nom de sou allyn (en turc, or de l'eau).

On trouve aussi, dans les environs de Bréznik, de l'or natify qui était régulièrement recueilli avant la guerre par des ouvriers macédoniens ; ce travail a été depuis abandonné; le gouvernement turc encourageait cette industrie et avait conféré aux mineurs de Nevrokop certains privilèges et une sorte de monopole pour l'exploitation des gisements aurifères de toute la Turquie d'Europe.

C'est le charbon de terre, qui constitue l'exploitation minérale la plus importanle de la Bulgarie; il en existe des gisements très nombreux, notamment près deBelogradtchik, dans toute la région deSolia, dans le Balkan central (Travna, Elena, Drùnovo), dans le Balkan oriental (Eski-Djouma, Kotel),près de la mer Noire, entre Aïlos et Bourgas, enfin, au centre môme de la plaine danubienne, dans les environs de Plevna, Lovetçh et Yratsa. Mais un petit nombre seulement de ces gisements sont exploités : ce sont d'abord ceux de la région de Sofia, dont le principal est situé au sudouest de cette ville, entre le Vilocha, la Lunlin-Planina etle Golo-Brdo ; les principales localités de cette région houillère sont: Mochino, Kalkas^ Railovo; les gisements appartiennent à l'État, qui les allerme (l); Tex-

(4) Le contrat actuellement en cours date de 1887; il a été conclu pour 15 années. Le concession naiic paye un droit de 4 fr. 50 par tonne de charbon extrait.

ploitation s'y fait eu galeries ; la production, de 800 tonnes en 4879 s'était élevée à 1800 en 1880 et h 3,400 en 1881; presque tout est employé à Sofia; le môme département possède encore d'autres gisements près de Radomir et de Pernik, et à Dospeï, dans l'arrondissement de Samakov; ce dernier seul est exploité.

Un autre bassin houiller fort important est celui de Travna, situé au sud-est de cette ville, dans la direction deMaglich : Belnovrkh, Krslets, Seltsi, en sont les principaux centres; les produits de ces exploitations s'expédient principalement h Tirnovo, et aussi à Svichtov, lloustchouk.

Ce bassin a vraisemblablement une étendue bien plus considérable que ne l'indiqueraient les points actuellement exploités.

Les roches qui se rencontrent le plus fréquemment dans la constitution du sol bulgare sont: le granit et la syénite qui se trouvent dans la plupart des montagnes, particulièrement dans le Rilo, le Rhodope, la Sredna-Gora , le Vitocha, le gneiss^ Vamphibolite, dans le Rilo, le trachite dans le Rhodope. On trouve aussi du porphire dans le Balkan de Sliven, du basalte dans la Srnena-Gora (département de Philippopoli), du marbre blanc près de Novo-Selo et de Stanimaka, dans le département de Philippopoli, dans celui de Stara-Zagora près d'Omartchevo, dans l'arrondissement de Kavakli, enfin dans le Rilo, et dans le Balkan de Berkovitsa, près de cette dernière ville ; les pentes méridionales du Balkan, dans l'arrondissement de Kazanlyk, contiennent du marbre noir; le Rhodope, dans le département de Ïatar-Bazardjik présente, en grande quantité, une sorte particulière de marbre que nous

trouvons désignée dans des livres bulgares sous le nom de marbre gris (siv mramor, dans la Géogr. des frères SchkorpilJ ou marbre bleti (sin mcrmer, dans « Les richesses naturelles de la Bulgarie »). Aux environs de Philippopoli, on trouve de la serpentine, et dans l'arrondissement de Karlovo, une pierre lourde, douce, verdâtre,qui contient, paraît-il, du cuivre ou du plomb, d'où son nom turc de kourchoum-tachy (pierre de plomb).

Un très grand noml)re de sources minérales existent sur différents points de la Bulgarie.

Les sources thermales les plus importantes se trou* vent dans les régions suivantes :

Dans la région de Sofia^ dans la ville môme et ses environs immédiats î\ Gornia-Bania, Kniajevo (carbonate, silicate et sulfate de soude), à Kustendil (alcalines), à Saparevo (sulfureuses), îiZro/?f5i (sulfureuses).

Dans la Srêdna-Gora^ les eaux de Hissar (sulfuréessodiques, carbonatées, ferrugineuses, silicatées), de Krastovo (bicarbonate et sulfate de soude), dans la vallée du Guiop'Sou, de Streltcha (sulfureuses) au sud de Koprivchtitsa, de Bâta près de Panaguiourichtc.

Les sources les plus importantes de ce groupe et même de toute la Bulgarie sont celles de Hissar que fréquentent d'assez nombreux malades qui viennent y chercher la guérison des catarrhes, des maladies des voies respiratoires, deTanémic. Des restes de bâtiments anciens indiquent qu'il y avait déjà dans l'antiquité une station thermale importante en cet endroit.

Dans la partie méridionale du département de Tatar- Bazardjik, sont les sources de Tchcpina, Varvara, Eli-

Déré, Bania et DolniaBania.

Dans la partie orientale de la Roumélie, il en existe à Kazanlyk (sulfureuses), et à Pavel^ dans le voisinage de la ville précédente, près de Nova-Zayora^ de Sliven (sulfureuses et ferrugineuses), A'Aïlos (alcalines), à MedovOy dans le département de Bourgas, et à Sousam (ferrugineuses), dans celui de Haskovo.

Les sources froides se rencontrent principalement dans le Balkan oriental, fi Iintché (sulfureuses), dans le Balkan d'Aïtos, près de Kotel (sulfureuses), entre Elena idi Travna (sulfureuses), à Nova-Mahala (arrondissement de Yambol) (sulfureuses et carbonatées), à Meritchler (salines) dans Tarrondissement de Tchirpan.

Pour terminer cet aperçu des richesses minérales de la Bulgarie, il convient enfin de mentionner les salines de la mer Noire. Elles sont exploitées en deux endroits : à Ankhialo, on extrait le sel des eaux d'un lac littoral; c'est l'État qui, en cet endroit, fait exécuter ce travail en régie; il en retire un revenu annuel de 1,800,000 fr. pour une production de 10 h 15,000,000 de kilogr. de sel (en 1882, elieaétc de 17,550,000 kilogr.). ABaltchik, le sel est retiré des eaux de la mer; la production annuelle est d'environ 600,000 kilogr. : l'exploitation est abandonnée à rindustrie privée.

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