‹ La Bulgarie dans le passé et le présentChapitre 86 sur 127 · V. — ÉtablIsBements de crédit · texte numérisé non relu

V. — ÉtablIsBements de crédit

Les institutions de crédit sont encore très peu développées en Bulgarie, au grand détriment de l'industrie et du commerce qui ne peuvent se procurer que très difficilement et dans des conditions extrêmement onéreuses les capitaux dont ils ont besoin. Il n'existe presque pas d'établissements privés de banque ; dans quelques localités se trouvent des changeurs (mrafs), généralement israélites, mais la plupart du temps ce sont les habitants riches, commerçants ou non, qui prêtent de l'argent h des taux très élevés, ordinairement de «30 h 40 p. 100, mais atteignant et dépassant môme parfois 50 p. 100. Quelquefois le remboursement de la somme prêtée est effectué en nature, soit en produits agricoles, soit en marchandises diverses.

11 existe cependant une Banqtce nationale bulgare (Narodna Banka), instituée dès l'occupation russe, en 1879. Son capital de fondation est de 10 millions de francs fournis par l'État. Le taux des emprunts contractés à la Banque nationale varie de 7 à 8 p. 100, selon la nature de la garantie, immobilière ou mobilière.

Elle a son siège h Sofia, et possède des succursales à Roustchouk, Varna et Philippopoli, ainsi que des correspondants dans une cinquantaine de villes.

La Banque nationale émet des billets de 8, 10, 20, 50 et 100 francs, qui circulent maintenant au pair. Les bénéfices de cet établissement se sont élevés en 1889, à 1 million de francs, dont 63, 67 p. 100 reviennent à l'État.

A PliilippopoH se trouve une succursale de la Banque impériale ottomarie; le taux de ses prêts est de 9, 50 p. 100.

Il existe enfin presque dans chaque chef-lieu d'arrondissement des caisses agricoles (1) (zemledêltcheski kassi), établies avec l'aide des communes et ayant pour but d'avancer aux cultivateurs l'argent qui leur est nécessaire pour l'amélioration de leurs exploitations, l'achat de matériel agricole, etc. ; leurs prêts qui, en principe, varient de 25 à 500 francs, donnent lieu h un intérêt de 9 p. 100 par an. Ces caisses ont pour but, à la fois, d'aider au perfectionnement de l'agriculture et de délivrer les cultivateurs du fléau des emprunts h intérêts exorbitants.

Le capital mis ii la disposition de ces caisses s'élevait, en 1887, à 19,700,000 fr. dont 14,200,000 fr. appartenant en propre aux établissements, et 5,500,000 fr. provenant de prêts de la Banque nalionîile ou de dépôts faits par des particuliers, des sociétés, etc.

Au l^*" janvier 1890, ce capital dépassait le chiffre de 25 millions de francs.

Quoique cette institution ait déjà rendu d'importants

(1) On en complait 78 au 1" janvier 1800.

services h la population agricole, on se plaint de Tinsuffisance du capital qui oblige les caisses à restreindre leurs opérations et aussi de la complication des formalités qui entourent les prêts, et qui en rendent Tusage difficile à des paysans souvent illettrés et habitués à traiter les affaires d'une façon toute patriarcale.

Page 1