‹ La Bulgarie dans le passé et le présentChapitre 89 sur 127 · CENTRE · texte numérisé non relu

CENTRE

DnoiTB.

Lif/ne de combat :

(Colonel Tolstoï).

Deuxième ligne :

(Général Stolôtov)...

Réserve générale. . .

11« bataillon

do chasseurs.

G« bataillon

bulgare.

3« et 4" bataillons bulgares.

62« régiment (Souzdal).

Batterie do montagne.

Bataillon combiné du régiment d'Ouglits.

63» régiment (Ouglits).

Cl* régiment (Vladimir).

0* bataillon

do chasseurs.

5* bataillon

bulgare.

64* régiment (Kazan).

Les troupes turques opposées à celles du général

Skobelev devaient s'élever à 8 ou 10 bataillons avec 20 pièces d'artillerie.

La lisière ouest du village contre laquelle se dirigeait Tattaquo avait clé mise en état de défense et renforcée par des lignes de tranchées-abri et par plusieurs redoutes. Le terrain était défavorable aux assaillants, car il était découvert et plat; ce n'est qu'à deux ou trois cents pas des défenses que l'on trouvait quelques abris naturels, groupes d'arbres^ buissons, etc.

Les Russes, qui avaient pris leurs positions dès le matin, se mirent en marche à 10 heures, et, bien que les Turcs aient ouvert leur feu d'artillerie lorsque les assaillants se trouvaient à 2 kilomètres environ de la position, ceux-ci s'avancèrent sans tirer jusqu'à 700 mètres.

Le ll<*bataillonde chasseurs pousse jusqu'à la première ligne de tranchées turques, au nord-ouest du village, et en déloge les défenseurs, mais il ne peut s'y maintenir et recule, sous un feu violent, tandis que le G® bataillon bulgare se porte à son secours.

A droite, après un combat des plus acharnés qui dure de midi à 2 heures, le 9® bataillon de chasseurs et le 5« bataillon bulgare, aidés du régiment d'Ouglits, se rendent maîtres des tranchées et de 2 redoutes et repoussent les Turcs dans le village. Les soldats bulgares se distinguent entre tous par leur ardeur ; ils dépassent un moment les autres troupes et s'emparent de deux canons turcs.

Une nouvelle attaque qui a lieu un peu après, du même côté, avec le concours du régiment deKazan, est encore couronnée de succès, tandis qu'à gauche le

G8 bataillon bulgare et le 11* chasseurs retournetit à Tattaque et, malgré Tinlensité du feu, S'avancent jUâ-* qu'aux tranchées que les défenseurs abandonnent sans attendre Tassant a la baïonnette.

Le général Skobelcv donne alors Tordre de faire avancer les régiments restant en réserve, et, vers trois heures, ceux-ci ont pris leurs positions. Leà Turôii, après avoir tenté contre Taile droite une contre-attaque qui n'obtient qu'un succès mottaentané, sont obligés d'abandonner le village et se retirent dans Tangle nord est de leur camp retranché.

Pendant que ces événements se passaient à ToUest de Cheïnovo, le général Sviatopolk-Mirskî, qui le 27 décembre (8 janvier), s'était emparé de Yanina et de HaskeUÏ, et avait fait occuper Kazanlik, prenait d'assaut, verâ 41 heures, le village de Chipka, tandis que le général Uadetzki, commandant en personne les troupes restées dans la passe, commençait à midi une attaque de front par la route de Gabrovo h Chipka, attirant sur lui une grande partie dos troupes turques, et concentrant de ce côté Tattention du commandant de la position, Vessel- Pacha. Lorsque ce dernier put S'apercevoir qu'il était attaqué de trois côtés et que la retraite lui était coupée, il renonça à une résistance plus prolongée et se rendit avec toute son armée; 32,000 hommes y compris prfes de 400 officiers, avec leur tnatériel et leur artillerie loiîibaicnt ainsi aux maîrts des Russes.

Les pertes étaient considérables de part et d^autré, et les Bulgares, auxquels revient une large part dans le succès de cette journée, curent aussi leur part dans les sacriflces qu'elle exigea.

Le 5« bataillon a lui seul compta 136 blessés et

50 morts; plus de la moitié de son edcctif était donc hors de combat, ainsi que 7 officiers. Le 6^ bataillon, pluâ heureux, quoique vigoureusement engagé aussi, n'avait eu que 11 blessés dont 1 officier.

Les autres bataillons, restés en seconde ligne, eurent seulement quelques hommes tués ou blessés par les projectiles turcs.

Nous avons passé rapidement sur la marche de la colonne de gauche, commandée par le général Svialopolk-Mirski; eii ellet, lé seul bataillon de milice affecté à ce détachement, le 9®) étant resté h l'arrière-garde, n'eut pas à prendre une part active aux opérations, qui n'offrent dès lors pas dMnléret au point de vue spécial de l'histoire des Bulgares.

La bataille de Cheïnovo termine glorieusement la coopération des Bulgares îi la guerre libératrice.

Les 9® et 10® bataillons revinrent dans la Bulgarie du Nord; les autres furent dirigés sur Kolel; à la fin de janvier, nous trouvons dans celle ville ou aux environs les V^ et 3® brigades, chargées de protéger le pays contre les invasions des bachi-bouzouks, avec lesquels les Bulgares eurent quelques engagements heureux.

Au commencement du printemps de 1878, les 12 bataillons occupaient les emplacements suivants: l^'jPhilippopoli; 2®, Sofia; 3" et 4®, dans le Rhodope; 5% G®, 7®, Kotel; 8® et 10^ Sliven ; 9®, Tirnovo; IIS Aïtos et Karnobad; 12% Karlovo et Kalofer. Les 3® et 4® bataillons eurent, après la fin des opérations de guerre, h prendre part sous les ordres du général Skobelev, h la répression des insurrections des musulmans du Rhodope.

Bientôt après, les bataillons de volontaires allaient former le noyau de Tarmée de la jeune Principauté. Nous examinerons dans les chapitres suivanis les développements et la situation actuelle de cette armée, dont les combattants de Slara-Zagora, de Ghipka et de Glieïnovo furent les vaillants précurseurs.

CUAPITRE XXIII

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