II. — IL>n inilico «le la Itoumélle oriontale
Dans cet exposé de l'histoire encore courte de l'armée bulgare, il nous paraît nécessaire de dire quelques mois de la milice rouméliole. Bien qu'elle n'ait eu qu'une durée éphémère, l'originalité de son organisalion, bien appropriée d'ailleurs à son rôle et à la situalion politique el économique du pays, le concours prêté par elle h l'armée bulgare dans la guerre de Serbie donnent à celle petite armée le droit d'être mentionnée à côté de sa sœur aînée d'au delîi des Balkans.
D'après le statut organique du 26 août 1879, la milice rouméliole faisait partie de l'armée ottomane ; elle devait concourir avec elle en cas d'invasion de la province, ou d'attaque sur ses frontières, mais elle ne pouvait pas ôtre employée en dehors des limites de la lloumélie, tant que tous les sujets de l'empire ne seraient pas astreints au service militaire.
Tous les Rouméliolcs capables de porter les armes, sans distinction de religion, étaient soumis au service mililaire pendant 12 ans, à partir de 20 ans. En cas de péril national, les hommes de 18 à 20 ans et de 32 à 50 ans pouvaient être compris dans la levée en masse.
Les miliciens étaient répartis en trois catégories, à
chacune desquelles ils appartenaient successivement pendant 4 ans : le premier et le deuxième ban de la milice^ et la réserve de la milice.
Le service sous les drapeaux se réduisait à des périodes d'instruction de deux mois pendant la première année, d'un mois au plus pendant les 3 années suivantes, de quinze jours au plus pendant le temps de présence dans le deuxième ban.
Les hommes de la réserve de la milice étaient exercés au maniement d'arme et au tir les dimanches et jours de fête.
Le territoire de la province autonome était divise en 12 circonscriptions militaires (deux pour chaque département administratif), subdivisées en 4 districts de compagnie, A la mobilisation, chaque circonscription devait fournir un bataillon d'infanterie du premier ban, et un du deuxième ban. Les honnues de la réserve auraient été employés à compléter les eflcclifs des unités des deux premiers bans, ou à former des compagnies ou des bataillons de réserve.
Chaque circonscription avait un commandant militaire qui était en môme temps le commandant du bataillon du premier ban.
Sur le pied de paix, il n'existait dans chaque circonscription que Tétat-major du bataillon du premier ban, et une comf^^medïiQ compagnie permanente^ cornprenant 1 capitaine. 1 lieutenant, 2 sous-lieulenanls, 1 sergent -major, 5 sous- officiers et au moins 00 soldats.
- Ces compagnies permanentes étaient formées d'engagés volontaires ou, à défaut, des miliciens de la dernière classe appelée, ayant obtenu les plus bas numéros au tirage au sort.
Chaque année, les recrues étaient réparties dans chaque circonscription en 4 groupes correspondants aux 4 compagnies du bataillon et incorporées successivement pendant deux mois, dans les compagnies permanentes, entre le i^^ octobre et le 31 mai. Pendant le mois de septembre, avaient lieu des manœuvres d'une durée de 15 h 28 jours, auxquelles prenaient part tous les miliciens du premier ban (sauf ceux de la plus jeune classe) et si les ressources budgétaires le permettaient, ceux du deuxième ban.
Outre les compagnies permanentes des bataillons régionaux, il existait, pour l'instruction des officiers et sous-officiers de la milice, et pour la préparation des troupes spéciales un bataillon d instruction^ tenant garnison à Philippopoli et comprenant : 2 compagnies d'infanterie, 1 escadron de cavalerie, une demi-batterie de 4 pièces (avec une section d'ouvriers) et une compagnie du génie. Ce bataillon était composé de volontaires servant au plus 2 ans.
Un certain nombre d'officiers rouméliotes avaient suivi les cours de l'École militaire de Sofia ou des écoles militaires russes.
On comptait aussi h l'origine une notable proportion d'officiers étrangers; en 1880, il y en avait 87, dont 46 russes, sur un nombre total de 122.
Les officiers supérieurs et généraux étaient nommés par le Sultan, les capitayies et officiers subalternes par le gouverneur général.
Nous avons vu que, en dehors du bataillon d'instruction, la milice rouméliolc ne comprenait, en principe, que de l'infanterie.
Les formations de cavalerie, d'armes spéciales et du train ne devaient avoir lieu qu'à la mobilisation. Pour-
tant, en 1881, on avait créé en plus des unités du bataillon d'instruction, un escadron de cavalerie et une compagnie du génie.
Aux forces permanentes de la province, on pouvait ajouter la gendarmerie forte au minimum de 3,000 hommes, répartis en 6 compagnies (une par département), composées d*un nombre variable de brigades. Il y avait de plus, h Philippopoli, une compagnie et un demi-escadron de gendarmerie mobile.
Au point de vue de l'armement, la province possédait un approvisionnement de fusils assez considérable, mais composé de différents modèles : Krnka (pour le plus grand nombre), Berdan, Pcabody, Martini-Henry, de sorte qu'il n'était pas possible, lors d'une mobilisation, d'obtenir un armement uniforme. Le matériel d'artillerie se réduisait aux 4 pièces de la demi-baltcrie du bataillo.n d'instruction.
En dehors de Torganisation militaire officielle, il existait dans le pays, un grand nombre de sociétés de gymnastique et do tir, qui en fait s'occupaient surtout d'exercices militaires et préparaient la population h la lutte que Ton prévoyait devoir soutenir un jour ou l'autre pour réaliser l'union de deux Bulgaries.
CUAPITRE XXIV