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LA GUERRE SERBO-BULGARE

I* — Pi-ôllminairee.

Nous avons examine dans la 2* partie les événements politiques qui eurent pour résultat le conflit serbobulgare. Il ne nous reste qu'à relater en quelques pages les péripéties de cette campagne si honorable pour la jeune armée bulgare, la place occupée dans ce volume par la partie militaire ne nous permettant pas de consacrer îi la guerre de 1885 une étude plus complète.

Mobilisation en Bulgarie et en RoaméUe.

Aussitôt après la révolution de Philippopoli, l'attention des autorités bulgares s'était portée sur la possibilité d'une intervention de la Turquie. En effet, le gouvernement de la Porte avait immédiatement ordonné la mobilisation des armées de l»"® et de 2® ligne (Nizam etRedif) dans les trois premiers rayons de corps d'armée, et commencé des concentrations de troupes dans le voisinage des frontières rouméliote, bulgare et serbe.

Le premier soin du gouvernement provisoire rouméliote avait été d'appeler sous les drapeaux les hommes de 18 îi 40 ans et d'envoyer h la frontière dans la direction de Mustafa -Pacha et en avant de Haskovo, toutes les troupes que l'on avait pu organiser immédiatement; le 21, 14,000 hommes se trouvaient déjà dans cette région, attendant une attaque delà garnison d'Andri-

nople. En même temps, le prince Alexandre avait, le 19, lancé Tordre de mobilisation de Tarmée bulgare.

Une coïncidence heureuse fit que plus de la moitié des troupes de la Principauté se trouvaient posséder ît ce moment un eflectif élevé par suite d'un appel de réservistes pour les manœuvres d'automne ; aussi 48 heures après Tordre de mobilisation, plusieurs bataillons d'infanterie et 5 escadrons de cavalerie purent-ils être mis en marche vers la frontière rouméliote, qu'ils franchirent le 22. Les corps de troupes qui ne possédaient pas déjà leurs réservistes commencèrent à les recevoir dès le 20.

, En Bulgarie aussi bien qu'en Roumélic, tous les hommes répondirent avec enthousiasme à Tordre de convocation ; mais si les soldats ne manquaient pas, les officiers étaient en nombre très insuffisant. Le peu de temps écoulé depuis la création de Tarmée bulgare n avait pas encore permis de compléter les cadres, et beaucoup de postes étaient vacants, malgré la présence d'un assez grand nombre d'officiers russes. Pour comble de difficultés. Tordre impérial rappelant ces derniers, au nombre de plus de 160, vint en pleine mobilisation priver Tarmée bulgare de ses chefs les plus expérimentés parmi lesquels; se trouvaient le ministre de la guerre, le chef d'état-major et presque tous les officiers supérieurs.

Il fallait donc au dernier moment remplir h la hdte les postes devenus vacants, par de jeunes officiers que rien ne préparait à leurs nouvelles fonctions. Le capitaine d'artillerie Nikiforov fut mis h la tête du Ministère de la guerre, et le capitaine Pétrov, investi des fonctions de chef d'état-major. D'aulres capitaines prirent le commandement des régiments; les bataillons, qui comptaient

chacun 5 officiers au maximum, furent quelquefois commandés par do simples lieutenants.

Gomme les généraux de trente ans qui conduisirent à la victoire les armées de la Révolution, les officiers supérieurs improvisés de Tarmée bulgare surent se montrer h la hauteur de leur tftche, et suppléèrent par leur bonne volonté et leur patriotisme à l'expérience qu'ils n'avaient pas encore eu le temps d'acquériri

Par suite de la disproportion existant entre les cadres et les troupes, le nombre des corps constitués dut être restreint, tandis que les effectifs étaient démesurément élevés. La plupart des bataillons atteignirent et quelques-uns dépassèrent même, le chiffre de 2,000 hoinmes.

D'après le plan de mobilisation, chacun des 8 régiments d'infanterie devait mobiliser un 4« bataillon actif, plus un régiment de réserve à 4 bataillons. Dans la réalité on ne forma dans chaque régiment d'infanterie que deux nouveaux bataillons ; par contre, la cavalerie fut augmentée de deux escadrons (1 par régiment) non prévus dans le plan de mobilisation et d'un régiment à 4 escadrons, constitué par les troupes de police ou gendarmerie ; rarlillerie forma 3 nouvelles batteries.

En résumé, l'armée active de la Principauté compta, après Tachèvenient de sa mobilisation : 40 bataillons (V infanterie, IB escadrons (y compris l'escorte du prince), 45 batteries avec 120 pièces.

Aux troupes de l'armée régulière s'ajoutèrent IB bataillons formés par la milice, mobilisée par décret du 19 octobre, et des corps de volontaires parmi lesquels se trouvaient beaucoup de Macédoniens qui constituèrent entre aulres une légion d'environ 3,000 hommes connue sous le surnom de « légion des Brigands » {Aramti),

On peut évaluer de S0,000 à BB5OOO hommes, dont 48,000 fantassins, 3,000 cavaliers, 2,300 canonniers el 800 pionniers, reffeclif total des forces organisées, mises en campagne par la Principauté. Dès le commencement d'octobre, une dizaine de jours seulement après Tordre de mobilisation, la moitié à peu près des troupes de Tarraée active (20 bataillons, 9 escadrons, et 7 batteries h 4 pièces) était prête; huit jours après Teffectif sur pied de guerre atteignait 30,000 hommes, et h la fin d'octobre toutes les forces énumérées plus haut étaient complètement mobilisées.

En Roumélie,la pénurie d'officiers quoiq ue relativement moins sensible que dans la Bulgarie du Nord^ no permit pas non plus de proportionner le nombre des formations à celui des combattants disponibles. On put cependant mobiliser complètement les 24 bataillons formés par les deux premiers bans de la milice; chaque bataillon possédait une dizaine d'officiers. Avec les hommes de la réserve dé la milice et les volontaires, on constitua 8 ou 10 autres bataillons. L'effectif total de Tinfanterie rouméliote s'élevait h la fin d*oclobro h 35,000 hommes environ.

Les autres armes furent naturellement très faiblement représentées dans le contingent de la lloumélie; elles ne comprirent que les unités existant sur le pied de paix, une demi-batterie d'artillerie, deux compagnies de pionniers, deux escadrons de cavalerie, plus un troisième escadron, formé de volontaires montant leurs propres chevaux.

La plus grande partie des combattants bulgares et rouméliotes avaient reçu une instruction militaire com-

plètc pour les premiers, sommaire pour les seconds. En cfl'et, depuis la mise en vigueur du service militaire en Bulgarie, 7 classes avaient été appelées sous les drapeaux, représentant pour la Bulgarie un total de 60,000 hommes ayant servi environ deux ans, et pour la Roumélic, environ 25,000 hommes ayant accompli au moins une période d'instruction de deux mois.

L'armée bulgare était suffisamment approvisionnée en armes portatives ; dès le commencement de la mobilisation on put disposer de 40,000 fusils Berdan pour les bataillons de l'armée active ; les troupes formées par la milice et les volontaires reçurent des fusils Krnka, Martini ou Peabody.

Les munitions ne manquaient pas non plus et les approvisionnements purent être complétés pendant la campagne, par des achats faits en Russie. Comme matériel d'artillerie on put, avant la fin de la guerre, disposer d'environ 200 pièces de divers modèles, entre autres d'un certain nombre de canons Krupp, constituant l'armement réglementaire de Tartillerie bulgare.

Les effets d'habillement et d'équipement se trouvèrent en quantité h peu près suffisante pour en pourvoir les troupes de l'armée active.

Le train qui, nous le savons, n'existait pas et n'existe môme pas encore en temps de paix, fut la partie la plus défectueuse de l'organisation de Tarmée sur le pied de guerre ; il dut être constitué entièrement au moyen de voitures de réquisitions, au nombre d'environ 3,000, parmi lesquelles beaucoup étaient traînées par des bœufs; les attelages de l'artillerie furent complétés principalement au moyen d'achats faits en Russie et en llongrie, et en partie h l'aide de réquisitions.

La milice rouniéliolc était aussi bien pourvue de

fusils (1) et de naunitions, mais rhabillemcnt et Téquipement laissaient beaucoup plus îi désirer qu'en Bulgarie; une partie seulement des hommes du premier ban purent être complètement habillés et équipés. • Nous avons déjà dit que, en prévision d'une attaque de la Turquie, la plus grande partie des troupes de la Principauté avait été dès les premiers jours de la mobilisation portée en Iloumélie pour appuyer la milice de la province. Au commencement de novembre, 5 régiments (les l^»*, 5c^ go^ 70 et 8^) étaient répartis entre Philippopoli, Yamboli et Harmanly; les 3 autres se trouvaient au sud de Sofia. Mais l'attitude de la Serbie obligea bientôt le gouvernement bulgare à porter toute son attention vers la frontière de Touest.

Quatre jours après la révolution de Philippopoli, avait été publié, h Tétonnement général, un décret royal ordonnant la mobilisation de l'armée serbe.

L'armée mobilisée devait, h Texceplion d'une division, être concentrée aux environs de Nich, à proximité des frontières turque et bulgare, de telle sorte que sa destination définitive demeurait encore indécise.

Mais avant d'entrer dans le détail des événements, il est utile de donner quelques indications générales sur l'organisation de l'armée qui vient d'entrer en scène.

Mobilisation de Tarmëe serbe.

L'armée serbe est constituée d'après un type tout spécial, que l'on ne retrouve dans aucun autre État européen.

La portion permanente y est réduite au minimum et

(1) Dont seulement 5,000 fusils Bcrdan, les autres du système Krnka.

la mobilisation s'y opère en développant, en étendant en quelque sorte en surface les unités permanentes, de façon que chacune d'elles se transforme en une unité de l'ordre supérieur ; ainsi, dans Tinfanterie, les bataillons deviennent des régiments, les compagnies des bataillons. Les unités des autres armes se transforment d'une façon analogue ; la plupart des officiers de l'armée active ont par suite h exercer en campagne un commandement supérieur à celui dont ils étaient investis régulièrement en temps de paix.

A part quelques modifications de détail, et la création de quelques unités nouvelles, Torganisation de l'armée serbe était en 188B la même qu'aujourd'hui. Le service militaire était obligatoire et personnel pour tout citoyen serbe ilgé de 20 h 50 ans, les 30 années d'obligation militaire étant réparties en 3 périodes: l**"" ban (armée active), de 20 à 30 ans; 2^ ban, de 30 à 37 ans; 3^ ban, de 37 h 80 ans (1).

La durée normale du service sous les drapeaux, dans le cadre permanevt, est de 2 ans, mais un assez grand nombre de motifs de famille, d'instruction, elc, réduisent celte durée h un an, cinq mois et même un mois.

Les corps de troupes des 2^ et 3® bans ne sont formés qu'à la mobilisation ; leur organisation est cependant prévue d'avance et le matériel nécessaire aux troupes du 2<ï ban doit être approvisionné dès le temps de paix.

Le territoire serbe est partagé en 8 circonscriptions de divisions, jouantà certains égards le rôle des régions

(1) Actuellement, le premier ban 6*appelle armée régulière; les deux autres sont rcspecUvement les premier et deuxième bans de Varmée nationale; les âges de passage d'une catégorie dans Fautre sont : 30 ans et 40 ans.

de corps d'armée daris les États plus importants. Chacune de ces circonscriptions mobilise une division c^i 3 régiments d'infanterie avec les unités correspondantes des autres armes, dans chacun des deux premiers bans; le 3® ban ne mobilise que de rinfanlcrie. Les divisions portent les noms suivants, d'origine géographique :

De la Jtforara, quartier général hNich; DelaDrena, — iiValiévo;

Du DannAOy — à Belgrade;

De la Schoumadia, — h Kragoityévats;

Du Timok, — h Kniajévats.

Chacune de ces divisions avait, en 1885, pour les deux premiers bans, là composition suivante :

!•' DAIf.

Pied de paix (cadre permanent).

3 bataillons d'infaniorie (à 4 compagnies).

1 escadron de cavalerie.

1 régiment d'artillerie (à 4 batteries).

l compagnie de pionniers.

I compagnie sanitaire.

1 escadron du train.. .

Pied de guerre.

3 rôgimenis d'infanteno (à 4 bataillons).

1 régiment de cavalerie (à 4 escadrons).

1 régiment d'artillerie (à 8 batteries).

l compagnie de pionniers, un \IZ équipage de ponts.

1 compagnie sanitaire .

1 régiment du train (1).

1 colonne do muni tiens.

2e DAN.

3 régiments d'in fantcrie.

2 escadrons do cavalerie.

•1 batteries.

1 compagnie du génie.

1 rég. du train (1). 1 colonne de munitions.

(1) Comprenant les diflèrents Bervices des snbsLotancos.

Le 3<^ ban ne mobilisait que 12 bataillons d'infanterie

par division. Chaque division du 1'»* ban constituait, en outre, comme troupes de dépôt : 3 bataillons d'infanterie, 1 escadron, 1 batterie, i peloton de pionniers et 1 de pontonniers.

Enfin les unités suivantes, non endivisionnées, se recrutaient sur Tensemble du territoire :

son I,B riED DE TAtX

(cadre permancnl).

I régiment d'infanterie de la garde (à 5 bataillons) (1).

1 escadron de la garde

3 batteries de montagne

1 demi-bataillon d'artillerie de

forteresse («à 2 compagnies).

1 compagnie d'artiflciers

1 domi-bataillon de pontonniers. .

SDR LB PIEU DB GOBAnS.

1 régiment d'infanterie de la garde - h 5 bataillons.

1 escadron de la garde.

1 régiment d'artillerie do montagne (6 batteries, 1 colonne de munitions, 1 batterie de dépôt).

1 bataillon d'artillerie de forteresse (à 4 compagnies).

1 compagnie d'artificiers; 1 colonne de munitions de réscrvo.

1 équipage de pont.

1 compagnie de mineurs, 1 compagnie de chemins de fer, 2 seclions télégraphiques.

1 compagnie sanitaire de réserve.

1 dépét de remonte mobile.

(1) En 1885, (lonx !>euloiiicnt de ces bataillons avaient été organixés.

L'efleclif présent sous les drapeaux en temps de paix était normalement de 18,000 hommes, non compris 7,500 hommes n'accomplissant qu'un service de 1 ou 8 mois.

Les troupes du l^^*" ban portées au complet de guerre auraient dû présenter un total d'environ 90,000 hommes et, avec celles du 2® ban, de 146,000 hommes constituant la totalité de l'armée de campagne, les bataillons

du S** ban ne pouvant èlrc considérés que comme troupes territoriales.

L'armée serbe souffrait de la pénurie d'officiers autant et peut être plus que l'armée bulgare, puisque la différence entre les cadres du pied de paix et ceux du pied de guerre était encore plus considérable dans la première que dans la seconde.

Le nombre réel des officiers n'était, en 1888, que de 700, tandis que la mobilisation du 1" ban seul en exigeait 2,800.

La môme situation se trouvait reproduite en ce qui concernait les sous-officiers; le l®"' ban en possédait à peine la moitié du nombre nécessaire, et les autres en avaient encore moins.

Malgré la réduction des cadres au minimum (la plupart des compagnies d'infanterie ne possédèrent, comme dans l'armée bulgare, qu'un seul officier), on ne put mobiliser toutes les unités prévues par la loi d'organisation; l'infanterie du l»"* ban comprit 14 régiments à

3 bataillons et un seul à 4, plus 2 bataillons de la garde; les régiments d'artillerie de campagne furent formés à

4 batteries {h 6 pièces), celui d'arlillerie de montagne h 3 batteries (à 4 pièces), ceux de cavalerie à 3 escadrons (1).

Le 2« ban ne mobilisa d'abord que 5 régimenls il 3 bataillons, et 2 escadrons de cavalerie.

L'ensemble des troupes mobilisées présentait uniolal de 64,000 hommes (dont 48,000 combattanls), avec 132 pièces d'artillerie.

(1) Un peu plus tard, on constitua, en clioisissont les meilleurs cava< licrs et les meilleurs chevaux, uno brigade de cavalerie indépendante de S régimenls à 4 escadrons; le reste des cavaliers ne forma plus qu'un escadron par division.

Ou n'avait convoque; dans le 1*»' ban que les réservistes ayant accompli dans le cadre permanent la durée normale du service ou tout au moins 5 mois. La composition des troupes devait donc être assez bonne au point de vue du degré d'instruction militaire; cependant cette instruction n'était pas aussi complète qu'on aurait pu le supposer, la faiblesse des effectifs de paix et le défaut de manœuvres d'ensemble (elles avaient lieu pour la première fois en J885), ne permettant pas d'exercer suffisamment les officiers et les soldats.

L'infanterie serbe du i^^ ban possédait dans le fusil Mauscr-Koka, une 1res bonne arme, supérieure au fusil Berdan des Bulgares, la cavalerie était déjà munie d'une carabine à répétition ; le 2« ban fut armé de fusils Peabody;niais le matériel d'artillerie laissait beaucoup à désirer; les canons du système de Bauge, commandés peu de temps auparavant en France n'étaient pas encore livrés, et l'on ne disposait que de pièces d'ancien modèle, et de quelques canons Krupp, pris autrefois aux Turcs et en assez mauvais état.

L'approvisionnement en munitions pour l'infanterie comme pour rartillerie était insuffisant, et les mesures prises au moment de la mobilisation ne purent remédier ciu'incomplètcment h ce grave défaut.

Concentrations sur la frontière serbo-bulgare.

L'ordre de mobilisation, avons-nous dit, avait été lancé le 22 septembre; le !«'' octobre, une partie des. régiments d'infanterie étaient prêts h marcher et le transport par cliemin de fer vers les points de concentration commençait; le 12 octobre, les 4 divisions de la Moravaj de la Schouniadia, du Danube et do la Drina

étaient rassemblées dans la région de Kniajevals, Nich, Leskovats, Yrania et Pirot.

La division du Timok restait sur le territoire de sa circonscription, dans l'angle nord-est du royaume.

Mais pendant le mois d'octobre, malgré les protestations amicales du gouvernement bulgare, et les tentatives du prince Alexandre pour arriver à une entente avec la Serbie, l'attitude de celle-ci devint de plus en plus nettement hostile à l'égard de sa voisine de l'Est, et la prétention de compenser par l'acquisition d'une partie du territoire bulgare l'accroissement obtenu par la Principauté au sud des Balkans, prenait consistance dans la nation et le gouvernement serbes. Des mesures mili taircs vinrent bientôt rendre évidentes les intentions de la Serbie.

Le 23 octobre fut prescrite la constitution d'une armée du Timok^ composée de la division du môme nom et de 3 régiments du 2« ban (1); le général Leschianin en reçut le commandement.

En môme temps, les autres troupes, constituant Tari)iée de la Nichava commencèrent à se mettre en marche vers la frontière; ce mouvement fut très lent, entrecoupé par des arrôts, et même par des marches en arrière. Le 31 octobre, les 3 divisions du Danube, de la Schoumadia et de la Drina se trouvaient rassemblées autour de Pirot. Ce groupe présentait une force totale de 28 bataillons d'infanterie du l^r ban, 3 du 2" ban, 11 escadrons (y compris la brigade indépendante), 16 batteries et 3 compagnies de pionniers. La division de la Morava se trouvait plus au sud, tout près de la frontière, en facedcTrn.

(1) Le 1" novembre, deux autres rcgimeiils du second ban (h 4 bntaiUons), nouvellcmcut mobilises, rejoignirent cetlc arméc^

En présence de celte concentration des troupes serbes, le gouvernement bulgare ne pouvait plus laisser sa frontière occidentale presque complètement dégarnie, comme elle Tétait depuis l'envoi en Rouraélie de la plus grande partie des forces mobilisées. Le 17 octobre, deux des régiments restés dans la Bulgarie du Nord furent dirigés sur Tsaribrod, et le 21, le prince Alexandre étant en lloumélie, donna l'ordre à deux régiments se trouvant îiYamboli et Harmanly de rejoindre la frontière de l'ouest. Vers la fin d'octobre, cette frontière, entre le Danube et la Stara-Planina, était occupée par 15 bataillons (dont 7 de milice), 2 escadrons, 1 batterie de campagne et 2 de montagne.

Au sud des Balkans, entre Sofia et la frontière, se trouvaient 16 bataillons (dont 5 de milice), 4 escadrons, 3 batteries de campagne et 2 de montagne, plus 2 bataillons à Sofia. En lloumélie, restaient encore 1 1 bataillons, 9 escadrons et 8 batteries appartenant îi l'armée bulgare. Ces dernières troupes ne reçurent Tordre de départ qu'après la déclaration de guerre de la Serbie. Aussi leur transport dut il s'effectuer en toute hâte et au milieu de difficultés qui ne furent surmontées que grûce il Taclivité des officiers, h la bonne volonté et h la force de résistance exceptionnelle des soldats.

On sait qu'îi celle époque le chemin de fer de la vallée de la Maritsa s'arrêtait h Sarambey, à 53 kilomètres, Il Touesl de Philoppopoli et à 118 kilomètres de Sofia. Cette ligne fut utilisée autant que le permit l'insuffisance du matériel. Il n'y avait, paraît-il à ce moment, que 4 locomotives, les autres se trouvant retenues sur le territoire turc par suite de la rupture de la ligne près de la frontière, dans la crainte d'une invasion turque. Le trajet de Sarambey à Sofia dut

nécessairement être exécuta par étapes, et malgré le mauvais temps, le défaut d'entraînement de la plus grande partie des hommes, rinsuffisance numérique des cadres, cette route au cours do laquelle on avait h franchir la Sredna-Gora au col d'ikhtiman, h une altitude de 860 mètres, fut parcourue en moins de 48 heures, soit en deux étapes de plus de 50 kilomètres chacune, après lesquelles, les régiments ne prenant à Sofia que le repos strictement indispensable , reparlaient pour Slivnitsa, éloignée de la capitale de 29 kilomètres. On cite er» particulier le 8« régiment (du Littoral) qui fit 95 kilomètres en 32 heures, et, sur les 4,500 hommes qui le composaient ne laissa, dans cette marche forcée, que G2 traînards. Les troupes rouméliotes quoique moins sérieusement organisées que celles de la Principauté, ne se montrèrent pas inférieures à ces dernières, et certains de leurs bataillons firent des étapes de GO à 70 kilomètres, pour rejoindre l'armée bulgare sur le champ de bataille de Slivnitsa.

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