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II. — OlTensIve de» Serbes

La déclaration de guerre de la Serbie fut envoyée télégraphiquement de Nisch, où se trouvait le roi, à Sofia, dans la nuit du 13/1 au 14/2 novembre; elle annonçait que les hostilités seraient entamées dès lelende* main.

L'objectif des Serbes était naturellement la capitale ennemie située à 60 kilomètres de leur frontièi^e, et séparée par la chaîne des Balkans, du reste du territoire bulgare. La répartition des troupes serbes, indiquée précédemment, nous a montré qu'en effet l'armée principale, composée de quatre divisions sous le comman-

dcmcnl direct du roi avait clc concentrée le long de la partie de la frontière la plus rapprochée de Sofia.

L'armée duTimok était au contraire destinée à opéreV au nord des Balkans ol h marcher contre Vidin d'où les Bulgares auraient pu diriger une contre-attaque dans la direction de Belgrade. Son rôle avait en outre un côté politique, l'occupation d'un territoire que l'on espérait comprendre dans les compensations h obtenir h la suite de la victoire.

Les opérations de l'armée du Timok étant restées complètement indépendantes de celles de l'armée principale, nous en ferons abstraction pour le moment, nous réservant d'en parler en dernier lieu.

Nous avons laissé Tarmée de la Nichava formée en deux groupes ; le premier, composé des divisions de la Schoumadia, du Danube et de la Drina, cantonnées autour de Pirot, était destiné à opérer l'attaque principale dans la direction Ïsaribrod-Sofia ; la division de la Morava placée plus au -sud devait, en passant parTrn et Breznik, exécuter une attaque de flanc sur l'aile gauche de Tarmée bulgare.

La frontière fut franchie sur tous les points dans la nuit du 13 au 14 novembre.

La division de la Schoumadia qui marchait en tête (lu groupe de Pirot prit avant d'arriver à la frontière la route qui se bifurque h droite dans la direction de Vraptcha (au nord-est de Trn); elle devait ainsi établir la liaison entre les deux fractions de l'armée de la Nichava. Elle s'avança sans avoir rencontré aucune résistance sérieuse jusqu'à 10 kilomètres sur le territoire bulgare.

La division du Danube qui se trouvait désormais en

tète de Tattaque principale suivit la grande route de Pirot à Sofia. En avant de Tsaribrod et dans la ville même, ne se trouvaient comme troupes bulgares que trois bataillons aclifs et deux compagnies de milice qui ne purent tenir longtemps contre un eimemi beaucoup plus nombreux. Ils se retirèrent sur Dragoman, et les Serbes occupèrent Tsaribrod vers 5 heures du soir.

A Taile gauche, la brigade de cavalerie envoyée sur la route de Berkovitsa, avait été arrêtée devant une position retranchée occupée par les Bulgares auprès de Smilovtsi.

La division de la Morava ne s'avança qu*à quelques kilomètres dans la direction de ïrn, tandis qu'un de ses régiments détaché à l'extrême droite était arrêté entre Vlasina et Kaloumnitsa, par 6 compagnies bulgares.

Telles étaient les positions des Serbes le 14 novembre au soir.

La région qu'ils avaient îi parcourir pour déboucher dans la plaine de Sofia, sans être précisément montagneuse, est très accidentée ; au nord, la Malka Planina descend jusqu'à la route de Tsaribrod îi Sofia, qu'elle iransformc plusieurs fois en défilé, tandis qu'au sud, la Greben Planina et la Vlasina Planina couvrent la frontière serbo-bulgare, et les environs de Trn.

La marche des Serbes avait indiqué, sans hésitations possibles, aux Bulgares, l'allilude qu'ils devaient adopter. Vu l'état de dispersion où se trouvait leur armée dont une partie restait encore en lloumélie au moment de la déclaration de guerre, il fallait profiter du terrain pour arrêter l'envahisseur dans sa marche sur la capitale, en attendant qu'une concentration suffisante des forces bulgares permît de reprendre l'ofiensive.

Dos que l'attitude de la Serbie avait laissé prévoir la

possibilité d'une altaquc de sa part, rétat-major bulgare avait fait commencer l'établissement de positions défensives en avant de Sofia, pendant qu'autour de la ville même, on reniellait en état et on complétait les ouvrages de campagne construits par les Turcs en 1877-78, et conservés depuis lors. Abstraction faite des retranchements peu étendus établis en divers points, notamment dans le voisinage immédiat de la frontière, en avant de Tsaribrod et de Kaloumnilsa, trois Importantes positions fortifiées avaient été préparées entre la frontière et Sofia ; deux en ))rcniirre ligne, celles de Dragoman sur la route de Pirot îi Sofia, et celle de Tm-Vraptcha h là jonction des routes conduisant de Trn à Yrania, h Pirot et fi Sofia par Brèznik, et en seconde ligne celle {\e Slivnitsa entre Dragoman et la capitale.

Les troupes occupant ces positions le 14 au soir, comprenaient : 1» h Dragoman et Slivnitsa, 7 bataillons (dont 1 bataillon de milice et 1 de volontaires), 4 escadrons, 5 batteries dont une de montagne, en tout 7,500 hommes et 38 canons; 2® h Trn et Vraptcha, 8 bataillons (dont 2 de milice), 1 batterie de campagne et une de montagne, et quelques cavaliers, en tout 8,000 hommes et 14 canons.

Le 15, la brigade de cavalerie suivant la route de licrkovitsa, avait attaqué les volontaires bulgares occu- ])ant les positions de Urebevnitza et Stanetsi, et, aidée d'un bataillon d'infanterie de la Garde, les avait, à la tombée de la nuil, repousses sur la route du col de Guintsi.

La division du Danube s'avançant de Tsaribrod en Irois colonnes, celle du centre sur la route, les autres sur les hauteurs h droite et h gauche, attaquait, vers 2

heures après-midi, les Bulgares (3 bataillons el 4 pièces) retranchés sur une ligne assez longue s'étendant sur les hauteurs h droite el h gauche du défile par lequel passe la route à Touest de Dragoman, Le combat dura jusqu'il la nuitetse termina par la retraite desBulgaressurSlivnitsa.

La division de la Drina, quittant la grande route peu après Tsaribrod, s'était engagée îi droite dans la vallée étroite et profonde de la Loukavilsa, où elle n'avait rencontré que de faibles détachements de milice; elle devait ainsi maintenir les communications entre la division du Danube et celle de la Schoumadia, Celte dernière, continuant sa route de la veille, était arrivée devant la position de Vraptcha constituée par une double ligne de tranchées établies sur les pai'ties dominantes des hauteurs, principalement à droite de la route de Pirot.

Au sud-ouest de Vraptcha se trouvait la position de Tni, reliée îi la précédente par les défenses secondaires de Banka et formant avec elle un ensemble défensif couvrant la route de Sofia par Brcznik. Plus importante que celle de Vraptcha, la position de ïrn était formée par trois lignes de tranchées et de redoutes, la première à Touest de la ville, de part et d'autre de la route venant de la frontière serbe, les deux suivantes au sud de la ville.

Les données sur les forces occupant ces positions varient beaucoup suivant l'origine des documents; d'après les Bulgares, il n'y avait à Vraptcha que 8 compagnies et 4 pièces de montagne ; fi Trn, 8 compagnies et 8 pièces de campagne; sur les |)Osilions intermédiaires ou en réserve 9 compagnies, soit en tout 5 bataillons et demi et 12 canons; d'après les Serbes, au contraire, il y aurait eu fi Vraptcha, 4 balaillons el demi, et G

pièces de montagne; h Trn, 8 bataillons et 6 pièces; sur les autres points 8 ou 6 compagnies, soit un total de 10 h 11 bataillons et 12 pièces.

La position de Vraptcha fut attaquée vers 10 heures par deux régiments do la division de la Schoumadia, s'avançant de part et d'autre de la route.

Les défenseurs eurent d'abord l'avantage et firent reculer l'un des régiments de l'attaque ; mais les Serbes reprirent ensuite le dessus, grdce surtout h la supériorité de leur artillerie îi laquelle les pièces de montagne bulgares ne pouvaient répondre; à deux heures, l'aile droite bulgare, menacée d'être tournée par les assailr lants, battit en retraite; l'aile gauche tint encore deux heures, puis recula h son tour. Une partie des défenseurs se relira par les montagnes, h l'est de la position, et rejoignit îi Filipovlsi la route de Brêznik ; les. autres allèrent occuper un défilé par lequel passe la route venant de Pirot avant de rejoindre celle de Trn à Brêznik; ce défilé, situé près de Plotcha, avait été organisé défensivement, et les Bulgares s'y maintinrent encore pendant quatre heures; sur le soir, les Serbes, manquant de munitions, cessèrent le feu.

La position de Trn avait aussi été attaquée par deux régiments de la division de la Morava; l'assaillant, étant arrivé par les hauteurs situées au nord de la route de Trn à la frontière, s'était présenté devant la partie la plus faible de la position; les Bulgares, après avoir résisté plusieurs heures avec des chances diverses, se retirèrent dans la deuxième ligne de défense ; celle-ci fut attaquée h son tour; mais, après une fusillade qui dura jusqu'il la nuit, l'assaut, tenté avec des forces insuffisantes, échoua complètement.

Dans la nuit Tordre arriva d'évacuer Trn et de se

retirer sur Brêznik ; ce mouvement entraîna également l'abandon de la position de Plolcha. Une partie des troupes occupant ces deux points gagna Slivnilsa par des chemins de traverse ; le reste se relira sur Breznik.

Le gros de la division de la Morava continua le 16 sa marche vers Test, et arriva, lo soir, à la hauteur de Filipovtsi;le i^^ régiment était resté auprès de Vlasina.

La division de la Schoumadin, s'avançant vers le nord-est par des chemins très difficiles, était arrivée le soir h Kroitcha (sauf un régiment resté en arrière).

Pendant cette journée, aucune opération importante n'avait eu lieu du côté des autres divisions, qui s'étaient bornées à continuer leur mouvement dans la direction de l'est.

Le soir, la division de la Drina, qui remontait la vallée de la Loukavitsa, était h Dragolintsi, h 9 kilomètres au sud de Dragoman. La division du Danube, conservant sa formation de la veille, avait dépassé Dragoman et, au milieu de la journée, ses avant-postes occupaient les hauteurs appelées Tri-Ouchi (Trois- Oreilles), k 10 kilomètres h l'ouest de Slivnitsa. La brigade de cavalerie se trouvait un peu au nord-est, h Golemo-Malkovo, où elle était arrivée le soir, après une marche des plus pénibles h travers les monts Tchépan. L'armée de la Nichava était ainsi, au moment oii nous en sommes, répartie sur un front de 40 kilomètres, la division du Danube faisant face îi l'ennemi et n'ayant h proximité qu'une autre division, celle de la Drina et la brigade de cavalerie.

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