‹ La BulgarieChapitre 3 sur 11 · AVANT-PROPOS ' VII · texte numérisé non relu

AVANT-PROPOS ' VII

une sœur aînée et un précurseur» cette même Serbie qu'ils s'étaient habitués à aimer et. à respecter, semble aujourd'hui s'être mise au service de leurs pires ennemis; elle arme, non plus comme autre-' fois pour soutenir les frères Slaves dans ' la lutte contre l'Islam, mais pour défendre la suzeraineté du Sultan contre les aspirations généreuses d'un peuple slave comme la Serbie, orthodoxe comme elle, et comme elle soumis jadis à de cruelles épreuves qui auraient dû cimenter pour jamais une solide amitié entre les deux nations.

Gomment expliquer un phénomène auseîétrange et, disons franchement le mot,^ aussi monstrueux? Est-ce à la généreuse nation serbe qu'il convient d'imputer la responsabilité morale d'une politique qui déconcerte la sagacité de l'observateur, et qui réduit les amis les plus dévoués de cette nation à douter de ses vertus, à désespérer de son avenir?

CettQ^ lesfxoiisabilité doit^^eUa n'étie iia-* putée qn% un petit groupe de gonvœv nants affolés, égarés par des circonstanœs quille se sentent impuissants; à dominer?

On ne fant-il pas chercher ailleurs qu'en Serbie la dèf d*une politique que rien ne permettait de prévoir, même à ceux qui, comme nous, ont suivi depuis vingt ans les destinées des Slaves méridionaux ?

C'est -^ il n'en faut pas douter — au Congrès de Berlin que remonte la responsabilité première du désordre moral qu'atteste l'attitude actuelle de la Serbie. En donnant la Bosnie et l'Herzégovine à l'Autriche, il a faussé la destinée de la Serbie qui était l'héritier naturel de ces deux provinces ; il a créé un danger permanent pour l'Europe. Le moyen le plus simple et le plus honnête de résoudre la question d'Orient, c'était de proclamer que toute province émancipée des Turcs ferait purement et simplement retour à ses pos-

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