‹ La BulgarieChapitre 8 sur 11 · LES DEUX BUL6ARIES · texte numérisé non relu

LES DEUX BUL6ARIES

ua fait peu connu : lorsqu'on 1701, Pierre le Grand envoya à Constantinople la première mission permanente, le gouvernement turc prit toute espèce de précautions pour interdire aux chrétiens l'entrée de l'ambassade.

En attendant que la délivrance vînt du grand empire slave qui grandissait dans le Nord, les haïdouks ou clephtes entretenaient dans les montagnes et dans les forêts la tradition de l'indépendance nationale; dans le Balkan, dans le Rhodope, leurs bandes insaisissables tenaient en échec les troupes des sultans et représentaient l'étemelle résistance des chrétiens opprimés contre les Tares oppresseurs. Cette vie héroïque des haïdouks a engendré toute une série de chants épiques moins connus chez nous que ceux qui célèbrent les clephtes grecs : moins heureux que leurs confrères helléniques, les héros du Balkan sont restés ignorés en Occident ! ils n'étaient pas les descendants des Homère et des Pindare ; ils n'ont fourni ni sujets de pendule à nos artistes ni thèmes d'odes ou. d'élégies à nos poètes. La poésie qui les célèbre n'est cependant pas inférieure aux chants grecs.

A It fia du zyw? aîàcle, Tempire ottomw ét9ât àéîh «a plame déoompoBitiûQ. Un Wâi awDtarîerj Paa^n^Oglou, pd£ha de VkJiim»

s^étftit taîUé eolm la ûwttbe et ie Baikaa jusn» sorte de domaisie iiidépenâant où U tenait m» aux teonpoi. du BnUan et frappait oioAnaid à •on Aom» C'était le temps où leci Serbes com- Bien/Satenit à se révolter. Les Bulgares* eus aussi, voyaient poindre raorore de leur renaissanee. Les premiers préeurçenrs de cette rmmr sanoe fin^ent des pr&tres» un moin^a, Païsii» un évôifoe» Sofroni» le seul Bulgare gui, depuis la eoofaâte, se mit éleré jusqu'à une si ha^ste dignité. Ces deux homxDâs apparur^t à une époque ok U semblait que la nationalité bulgare ttt préto àsuiccomber. La boui^eoisie des yiUes arait pres«[ue complètement perdu la tradition nationale. Dès qu'un Bulgare était un peu ins«* truit, il se coniâdécait ooxnme Grec. C'est un phânûmôcte analogue à celui qui s'était produit dans la Boèôme tchèque, où les Slayes, pour peu qu'ils eussent d'éducation» se croyaient Al** lemands,. On sait si les Tchèques sont revenus depnàs à k vie nationale, et quels ardents ap^* très du slavisme ils sont aujourd'hui. La cor-

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im^oMsime commerciale était rédigée en grec ; h biiJgard m&ma s'écrîyait aa caractères heUélA^nies. Ott :a yvl» plug ibant» t^omment im moine et mr évdqne âciuiârant aux Rolgarea la constàwpQ 4a leur nationalité.

An début du zk* aièd^oA soupçonne à petna resifiAence des Bulgare; Eopitar, le jrrand slai^is^e^de Vienne n'imagine pa^ qu'il y ail 4qs Sla^ea au. delà du Balkan : les Russes , quand ils passent le Daxuibe dans la campagne de 1829, sont fort étonnés de rencontrer sur la route d'Andrinople des paysans qui parlent une langue voisine de la leur, et avec lesquels ils se comprennent assez facilement. L'exemple donné par les Grecs, par les Serbes, qui organisent leur indépendance, enflammée leur tour les Bulgares ; ils se mettent à imprimer des livres, à ouvrir des écoles. G*est par les armes que les Grecs et les Serbes ont commencé leur affranchissement ; c'est par le livre et par l'école que les Bulgares ont commencé le leur.

L'Europe a dû naturellement faire plus d'attention aux bruyants exploits des Karageorges et des Canaris qu'aux pacifiques victoires des imprimeurs et des pédagogues bulgares. Ces

principauté vassale du sultan ; au sud du Balkan, une province gouvernée par un gouverneur chrétien, et investie d'une autonomie restreinte ; enfin, en Macédoine, un million de Bulgares est resté directement soumis au sultan, exposé à toutes les misères qui accompagnent la condition des raïas, jaloux de la destinée meilleure de ses frères plus heureux, impatient de se joindre à eux à la première occasion. On ne saurait imaginer avec quelle solUcitude jaloase la diplomatie se plaît à réserver pour Tavenir des prétextes à révolutions et des occasions de congrès ou tout au nxaixxs d e conféren/îes.

Au fond, personne ne croyait à la durée de cette organisation factice, et la preuve c'est qu'on laissa les Bulgares du nord établir leur capitale à Sofia, Si la principauté avait été destinée à vivre de lo(ngues années, c'est TirnoYo qui aurait dû, en vertu de sa situation géographique et de la tradition historique, jouer le rôle de capitale ; mais les patriotes ont com-* pris tout d'abord que ce petit Etat n'était que Tamorce, la pierre d'attente du royaume bulgare qui doit tôt ou tard se reconstituer. Ils

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oixt â(Hxe loiis lem .c^tale au centre mémo de l^xiT xiation^ sur la graude route qui va de Yiddia à Pbilip|K>poU et à Audrlnople.

Eu laissant la HocuoéUe soumise à Tautorité du siQltan, «en donnant à celui-ci le droit de la fortifier H 4'occuper le^ défilés, on a cru évîââxnvient protéger Constan.tinople et prolonger J^^jQKxm de la domination turque en Europe.

Ce qu'il y a dô curieux, c'est que le» Turcs n'ont pas voulu profiter de la faveur qui leur était faîte et que depuii^ siz ans ils se refusent obstinément à occuper ces fameux débouchés du Ballian^ lis sentent fort bien que leur règne est fini, qu^ le premier contact entre leurs troupes régulières et les chrétiens bulgares amènerait quelque conflit sanglant, quelque renouvellement teirrible des horreurs de 1876, et ils se tiennent prudemment à l'écart. Si la Roumélie ne doit sa raison d'être qu'à des nécessités straJbégiques , cette raison d'être est tombée d'elle-même, comme ses servitudes qui se prescrivent par le non-usage. Mais il est d'autres considérations moins connues qui ont fait inventer la Roumélie orientale* Les Grecs

ont longtemps rêvé ; ils révent encore aujourd'hui de succéder aux Osmanlîs, non pas seulement à Çonstantinople, mais encore dans toutes les contrées situées au sud du Balkan, contrées où l'élément hellénique ne constitue qu'une infime minorité : en faisant inventer la Roumélie, ils ont cru paralyser le développement de la nationalité bulgare dans celte province et réserver l'avenir pour les revendications futures de Thellénisme. Au lendemain des récents événements de Philippopoli, on a vu paraître dans quelques journaux de Paris une protestation de certains étudiants grecs rouméliotes. Ces messieurs réclamaient, Dieu sait en vertu de quel droit, le maintien d'un statu quo qui leur semblait favorable aux revendications de leur patriotisme. Or la statistique officielle de la population en Roumélie * donne un total de 815,951 habitants, dont 42,569 Hellènes!

Un autre recensement plus récent, celui de la population scolaire pour l'année 1883, évalue le nombre des enfants grecs, d'âge à fréquenter les écoles, à 6,717, tandis que celui

' Dressée en 1880.

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