ACTE I, SCENE II. i
gneur proscrit; en son absence, sa femme qui meurt dans mes bras en metlant au monde une fille que j'ai nourrie de moitié avec la mienne; ce noble château, où je sers depuis mon enfance, envahi par des hommes d'armes qui m'ont fait fuir jusqu'à l'extrémité de la maison, dans ce cabinet bâli sur un rocher que la mer vient baigner, et dont l'humidité fait souffrir mes enfans jusque dans leur berceau !... Et que le ciel, encore, veuille nous conserver cet asile! «-J m. hériot, à part. ^
Elle a raison!... Et quand on va la chasser du châ- GO
teau , quand on va venir lui demander l'enfant de ses maîtres!... Êh
uélène. £Q *K
Que dites-vous tout bas? ,q tJJ
M. HÉRIOT. <J* X
Rien... je cherche des yeux vos deux chères petites : £— « C
je voudrais renouveler connaissance avec elles; car je ^Sï ^
ne les ai vues que le jour de leur baptême. i ^
HÉLÈNE , désignant la chambre. r Q
Là ; dans cette chambre. Il y a une porte qui ouvre I
sur les jardins, et un rayon de soleil arrive parfois jus- *-^
qu'à mes enfans. Elles dorment ensemble. &
m. hériot, toujours embarrassé. £<J ^
Elles sont du même âge? £} *m
HÉLÈNE. CfcJ h3
Oui, à quelques mois près. ÇQ t)
M. HÉRIOT.
Environ deux ans, je crois? p*
HÉLÈNE. *"H
Pas tout-à-fait. j^
M. HÉRIOT.
Deux ans!... Et monseigneur le comte d'Arondel ne connaît point encore sa fille ?
HÉLÈNE
Non. Depuis la naissance de son enfant, mylord, toujours au service de la couronne, n'a pas reparu dans son château.