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absolument sèche. Ce qui frappe surtout, c'est son teint jaunâtre que l'on peut constater sur toutes les parties du corps. On dirait la coloration bronzée de la maladie d'Addison. La teinte est, en effet, plus accusée au mamelon et au scrotum ; mais les fonctions digestives sont intactes ; le malade prend et digère facilement, contrairement à ce qu'on observe dans la maladie bronzée.
La circulation se fait bien ; le cœur et les vaisseaux sont en bon état.
L'auscultation ne décèle aucune lésion pulmonaire.
Le foie est congestioné, la rate normale.
Le système nerveux n'offre rien de particulier, nulle trace d’anesthésie ou de parésie, le réflexe rotulien n'est pas aboli.
Les commémoratifs du début de la maladie, racontés par le sujet lui-même, c'est-à-dire la polydipsie et la polyurie dont il fut subitement atteint et qui ont presque disparu, l'amaigrissement progressif dont il se plaint, et enfin l'examen des urines font porter sans la moindre hésitation le diagnostic de diabète maigre.
Dès son arrivée, le malade est mis au régime diabétique qui convien à son état,
Le pain de gluten, la viande rôtie et les légumes verts constitueront désormais sa nourriture.
L'examen des urines, fait le lendemain de son entrée, permet de constater l'existence d’une polyurie moyenne (2500 c. c.), avec glycosurie (150 grammes) et azoturie (60 grammes).
Pendant deux mois, avril et mai 1891, malgré le régime azote et un traitement par l’antipyrine seule ou associée au bicarbonate de soude, l’excrétion présente à peu près les mêmes caractères ; ainsi la quantité d'urine rendue par le malade oscille entre 2500 et 3000 c. c., le sucre se maintient entre 150 et 200 grammes et l’urée entre 55 et 90 grammes par vingt-quatre heures.
A la suite d'un traitement commencé le 6 juin suivant, traitement mixte par l'extrait thébaïque et l’arséniate de soude, la glycosurie diminue rapidement, de telle sorte qu’au bout de vingt jours le sucre a complètement disparu des urines ; mais l’azoturie persiste avec la même intensité. Le malade sent ses forces revenir et croit à sa guérison prochaine.
Le 23 juillet, après un espace de trente jours sans glycosurie, le malade fait quelques écarts de régime, qui provoquent la prompte
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réapparition de la glycosurie, et, quoique l’on soit revenu aussitôt au régime azoté strict, le sucre continue à augmenter pendant une période de vingt jours et arrive jusqu'à 135 grammes dans les vingt-quatre heures. Grâce à l'augmentation de la dose d'extrait thébaïque toujours associée au bicarbonate et à l’arséniate de soude, le sucre retombe à zéro et l’azoturie diminue elle aussi fortement.
Durant toute une longue période qui comprend la fin d'août, les mois de septembre, octobre et novembre, le sucre, sauf quelques passagères réapparitions, continue à être absent des urines, et l’urée, surtout à partir du mois d'octobre, tombe à un chiffre inférieur à la normale. La quantité d'urine diminue aussi fortement et oscille entre 1100 et 1500 c. c., descendant quelquefois jusqu'à 500 c. c.
Mais, malgré la disparition de la glycosurie et de l’azoturie, le poids du malade, au lieu d'augmenter, tombe de 59 (8 juillet) à 92 (20 août).
À noter un accès de fièvre vespérale le 24 et le 25 août, dont le retour est empêché par l'administration d'un gramme de quinine. A la suite d’une diarrhée intense qui survient le 26 septembre et qui dure quatre jours, la faiblesse du malade s'accroît rapidement ; les troubles digestifs s’accentuent et le malade arrive à l’anorexie complète présentant quelques poussées de gingivite.
L'examen des appareils respiratoire et circulatoire ne décèle la présence d'aucune lésion. Rien de particulier du côté du système nerveux.
La peau est sèche, rugueuse, bronzée. Erythème au niveau de l'hypogastre et des fosses iliaques. |
Le 5 octobre, épistaxis abondante, qui se répète pendant quelques jours. L’érythème dont nous avons parlé précédemment a disparu, laissant à sa place une coloration plus foncée de la peau.
Pendant tout le mois d'octobre, ces divers troubles s’aggravent progressivement, la maladie continue sa marche fatale, et, malgré la disparition persistante de la polyurie, de la glycosurie et de l’azoturie, le malade arrive à la consomption. Amaigrissement excessif, disparition de toute trace de tissu adipeux, asthénie musculaire profonde, anorexie, alimentation presque nulle, vomissements, diarrhée.
La peau est toujours sèche et rugueuse, mais la teinte bronzée est uniformément répandue à tous les téguments externes.Tous les viscères paraissent sains; peut-être quelques signes d’induration du sommet
gauche. Devant ces symptômes, on remplace la médication par l'arsenic etl'opium par une médication reconstituante : huile de foie de morue, extrait de kola, viandes hachées et œufs (1° novembre). Malheureusement la glycosurie reparaît aussitôt, et en cinq jours la quantité de sucre monte de 0 à 60 grammes. D'ailleurs, comme les vomissements deviennent plus fréquents, la diarrhée aiguë et très intense, on revient à l'extrait thébaïque et à l’arsenic (8 novembre).
Le sucre diminue rapidement et retombe à zéro; mais, malgré les bons résultats du traitement au point de vue des urines, l'état général ne s’est nullement amélioré.
Depuis, pour ainsi dire, son entrée à l'hôpital, la cachexie, alors à
son début, a continué sa marche toujours progressive. L'amaigrissement, la diminution des forces, sont arrivés au dernier degré, de sorte que tout mouvement est devenu presque impossible ; quelques hématuries se produisent (décembre) et les réflexes patellaires jusque-là conservés sont abolis. On note encore une hyperesthésie des jambes et des pieds, surtout marquée à la face externe, et une parésie de la main et de l’avant-bras.
. Le malade va en s’affaiblissant de plus en plus, conservant son intelligence à peu près intacte jusqu’au moment où, arrivé aux dernières limites de la cachexie et du marasme, avec une diarrhée intense, il s'éteint progressivement et tombe dans un état soporeux qui se termine au bout de quelques jours par la mort (18 janvier 1892).
AUTOPSIE FAITE PAR M. LE PROFESSEUR KIENER, TRENTE HEURES APRÈS LA MORT. — Homme très amaigri; la peau sèche, rugueuse, collée aux os, présente une teinte bronzée d'un gris terne, surtout prononcée à la face. Œdème périmalléolaire. Légère teintef subictérique des selérotiques.
A l’ouverture de l'abdomen, le péritoine apparaît coloré en noir? en regardant l’épiploon par transparence, on voit que la pigmentation n’est pas uniforme, mais est formée par un fin pointillé.
Estomac. — Très petit, contracté. La muqueuse est plissée et présente une coloration rousse surtout marquée au sommet des plis. Pas d’ulcération. La cavité est vide, on y trouve seulement une matière glaireuse épaisse, adhérente à la muqueuse et colorée en vert.
L'intestin n’a pas été ouvert.
Pancréas. — D'une couleur brun roux sombre, et d’une consis-