‹ La Cachexie Bronzée Dans Le DiabèteChapitre 17 sur 23 · RATS · texte numérisé non relu

RATS

tance un peu plus grande qu'à l'état normal. Sur la surface de section on voit les acini colorés en brun, et paraissant diminués de volume par suite du développement du tissu conjonctif interlobulaire. Le canal de Wirssung est de couleur normale et vide. Le poids de la glande est de 95 grammes.

Foie. — Un peu augmenté de volume, pesant 2,250 grammes. La surface est un peu chagrinée, la capsule adhérente et difficile à détacher. Le tissu est de consistance coriace et crie sous le couteau. Coloration brun roux, uniforme à la surface et sur les coupes. La surface de section est finement granuleuse, manifestement cirrlotique, mais les granulations sont petites, égales, et ne se voient bien qu'à la loupe.

La vésicule renferme 40 grammes de bile épaisse, poisseuse, de cou leur rouge brun très sombre. La densité de la bile est 1,0302.

Reins.— De volume normal, pesant : le droit 170 grammes, le gauche 200 grammes, lisses ; capsule un peu adhérente. La surface des coupes présente une coloration rougeâtre, déjà notée pour les autres viscères, mais ici moins prononcée.

Capsules surrénales.— Coloration brun sombre de la substance médullaire, brun clair de la substance corticale. Volume et consistance normaux. Poids : droite 8 grammes, gauche 6 grammes.

Rate. — Volumineuse, lisse, de consistance un peu molle. Coloration rouge tirant sur le roux. Poids : 370 grammes.

Poumons. — Absolument indemnes de tuberculose. Œdème tremblottant des parties déclives et particulièrement des bords des lobes inférieurs. À la section, parenchyme spongieux aéré, d’une couleur jaunâtre, avec des îlots atélectasiés d’un brun roux.

Pas de bronchite.

Le poumon gauche pèse 850 grammes, le droit 580 grammes.

Cœur. — Adhérences celluleuses serrées unissant sur de larges surfaces les deux feuillets du péricarde. Le cœur à la forme d’une besace. Dilatation du ventricule gauche et surtout du ventricule droit. Valvule mitrale un peu épaissie, louche. Légère induration du bord d'insertion des valvules sigmoïdes. La paroi du ventricule est un peu épaissie, elle est assez facile à déchirer et montre une coloration brun roux uniforme très caractéristique.

Ganglions lymphatiques. — Tous les ganglions abdominaux et

thoraciques sont un peu augmentés de volume, mous, d'un rouge brun sombre.

Le cerveau n’a pas été examiné.

L'examen microscopique des organes à l’état frais montre une accumulation considérable de pigment ferrugineux en granulations et en gouttelettes, noircissant par le sulfure ammonique : 1° dans la rate, où l'on rencontre beaucoup de cellules renfermant un ou deux globules sanguins bien conservés et de gros corps granuleux pigmentaires ; 2° dans les cellules hépatiques ; 3 dans les cellules glandulaires du pancréas; 4° dans les ganglions lymphatiques ; 5, dans les fibres musculaires du cœur faciles à déchirer ; 6o en plus petite quantité dans les cellules épithéliales du rein.

L'examen du rein dans la substance corticale et intermédiaire, fait par dissociation dans une goutte de solution iodo-iodurée, ne montre

aucune trace de glycogène.

Examen histologique des organes. — Foie, pancréas, reins, ganglions lymphatiques et cœur.

Les coupes de ces différents organes : foie, pancréas, ganglions lymphatiques et cœur, après durcissement dans l’aléool et avant d'être colorées par les réactifs, présentaient une coloration rappelant celle de la rouille de fer.

Foie. — Si l’on examine les préparations du foie à un faible grossissement, on est tout d'abord frappé de deux choses : d’une pigmentation considérable, plus marquée, en général, au niveau des espaces interlobulaires ou des parties qui les avoisinent, et de la présence d’un abondant tissu conjonctif, c’est-à-dire d’une cirrhose.

En examinant tout d’abord le parenchyme, nous remarquons, à côté de parties fortement colorées par le pigment, d’autres parties qui en sont presque dépourvues et qui tranchent par leur pâleur. Dans les parties pigmentées, les trabécules hépatiques ont gardé leur orientation normale, mais sont amincies et atrophiées, laissant entre elles des espaces plus larges qu’à l’état normal, à l’intérieur desquels nous notons la présence de pigment, tandis qu’au niveau des parties plus pâles les trabécules sont au contraire épaissies, irrégulières dans leur direction, et limitant des espaces correspondant aux capillaires sanguins, diminués de volume.

Si l’on examine plus attentivement les cellules hépatiques, voici ce

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que lon observe : au centre des lobules, le protoplasma cellulaire est infiltré de fines granulations pigmentaires, le noyau est mal coloré et refoulé à la périphérie.

À mesure que l’on se rapproche de la périphérie du lobule, la cellule est complètement remplie de blocs de pigment, et le noyau a disparu. Certaines trabécules hépathiques, situées à la périphérie, ne présentent plus trace de structure cellulaire, mais sont dessinées par des masses de pigment bordées d'espaces plus clairs; nous constatons également une accumulation de pigment au niveau des points où le tissu conjonctif périphérique semble s'insinuer dans le lobule.

Dans les parties pâles, les cellules hépatiques sont au contraire augmentées de volume, avec peu ou point de pigment à leur intérieur ; les noyaux sont volumineux, formant quelquefois des groupes de deux ou plus. Nous avons vu que les trabécules qu'elles forment sont élargies, irrégulières, laissent peu d'espace pour les capillaires sanguins, espaces dans lesquels on peut trouver quelques rares granulations pigmentaires. En somme, à ce niveau, il y à eu réaction du tissu hépatique, en un mot, hépatite nodulaire.

On trouve dans les capillaires quelques granulations pigmentaires. Au voisinage des amas pigmentaires, on constate la présence de leucocytes très reconnaissables.

Les espaces portes, agrandis par le développement anormal du tissu conjonctif, se continuent entre eux par de fines bandelettes conjonctives dont les borils, par endroits réguliers, poussent en d’autres points de petits prolongements qui s’insinuent sous forme de pointe à l'intérieur des lobules (ceci n’est pas fréquent). De cette facon, plusieurs espaces portes se trouvent réunis et arrivent, dans quelques points, à enfermer la presque totalité d'un lobule sans jamais le circonserire complètement. On trouve en effet des espaces-portes nettement isolés de leurs voisins. Nous pouvons caractériser cette cirrhose en disant qu’elle est périlobulaire.

Au niveau de la coupe de ces espaces on reconnaît la section des canalicules biliaires (pas plus nombreux qu'à l’état normal) dont l'épithélium, fortement coloré, tranche sur le reste de la préparation. Ces canicules ont été intéressés par la coupe, les uns dans une direction perpendiculaire à leur axe, les autres suivant cet axe lui-même ou d’une facon plus ou moins oblique. L'intérieur de ces canalicules est en général libre et il est rare d’y rencontrer quelques blocs de pig-

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ment. De plus, quoique, ainsi que nous l'avons déjà dit, leurs épithéliums soient bien colorés, on rencontre quelques points où cette coloration est imparfaite et où le protoplasma cellulaire est infiltré par des fines granulations de pigment ocre. La paroi de ces canalicules semble légèrement épaissie.

Dans les mêmes espaces on note des sections de veines-portes, dont les parois paraissent normales et dont l'intérieur contient un magma mal coloré dans lequel on reconnaît des stromata globulaires, quelques leucocytes pigmentés et des cellules de l'endothélium vasculaire.

La section n’a pas porté sur des artères d'un calibre considérable, mais seulement sur des capillaires qui paraissent normaux.

Le tissu conjonctif qui forme la charpente de ces espaces-portes est assez développé et riche en éléments cellulaires, mais ce qui prédomine, c’est l'énorme quantité de pigment qui est déposé sous forme de grosses traînées séparées par du tissu conjonctif un peu épaissi et occupant à lui seul autant d'étendue que tous les autres éléments réunis. Ces traîinées sont composées de véritables blocs de pigment ocre, qui par leur forme et leur disposition semblent comprises dans le réseau lymphatique de la glande. On trouve encore du pigment dans les cellules propres du tissu conjonctif sous forme de fines granulations. D'une façon générale, le pigment est accumulé à la périphérie des espaces-portes et par conséquent à la périphérie des lobules.

Ajoutons que l’on rencontre aussi des leucocytes dont quelques-uns pigmentés.

Si l'on traite les coupes par le sulfure ammonique, on voit apparaitre de suite une coloration noire intense, et, si au lieu de les traiter par le sulfure ammonique on les traite d'abord par une solution de ferro où ferricyanure de potassium, puis par l'acide chlorhydrique, on obtient une coloration bleu de prusse. Nous reviendrons plus tard sur la technique de ces diverses réactions.

Ces dernières nous démontrent de la façon la plus évidente la nature ferrugineuse du pigment.

J1 nous reste maintenant à interpréter ces faits, c'est-à-dire à en faire la physiologie pathologique, telle que nous la comprenons. Nous y reviendrons avec plus de détails quand nous étudierons la pathogénie de ces lésions.

À notre avis, la lésion atrophique des cellules hépatiques est secondaire à l'exagération des fonctions de ces dernières dans l'élimination

MU de ce pigment. C’est d’abord une infiltration granuleuse de la cellule qui se produit, amenant son atrophie, et enfin sa disparition complète etsa substitution par de gros blocs de pigment.

Ce pigment reconnaîtrait pour origine une active et incessante destruction globulaire et la transformation, par des réactions inconnues, de l'hémoglobine dissoute en pigment ferrugineux.

Nous venons de parler de l'élimination par le foie de ce pigment. Ici, nous nous trouvons en présence de trois hypothèses:

1° L'élimination par la voie biliaire ; NE

20 Parla voie veineuse ;

3° Enfin par la voie lymphatique.

En réalité, il se fait une élimination partielle par la voie biliaire, comme nous le prouve la présence de gros blocs de pigment à l’intérieur des canalicules biliaires, ainsi que l'infiltration de leurs cellules épithéliales ; de même, cette élimination est moins importante par la voie veineuse où l’on trouve des leucocytes pigmentés ; mais l'élimination par la voie lymphatique prend le dessus, et c’est en effet par cette voie que se fait la plus grande élimination. La distribution du pigment, sous forme de grosses traînées ou par blocs, dans Îles interstices du tissu conjonctif et à la périphérie des lobules, nous entraîne vers cette opinion.

A l’appui de cette manière de voir, nous pourrons invoquer la présence de lésions dans les ganglions lymphatiques. Lés ganglions lÿmphatiques, placés au niveau du hile du foie, sont en effet complètement imprégnés de pigment.

Cette manière de comprendre l'élimination exagérée de pigment par le foie nous amène à expliquer la pathogénie de la cirrhose. Celleci est due, sans aucun doute, en plus grande partie à l’irritation produite par l’accumulation de ce pigment dans les voies lymphatiques et à l’épaississement consécutif des parois de ce réseau.

Pancréas. — On est tout d’abord frappé par l'abondance du pigment qu’il renferme. Ce pigment est reporté dans le parenchyme et dans le tissu conjonctif.

Le protoplasma des cellules glandulaires est infiltré de fines granulations jaunâtres, plus marquées dans les cellules périphériques des acini, où l’on distingue des granulations beaucoup plus grosses. Dans quelques points, les cellules sont atrophiées, leur noyau est plus

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pâle, plus petit, et enfin on note la nécrose complè te des cellules. Dans les espaces lymphatiques clairs qui bordent les acini, on trouve encore de grosses granulations pigmentaires.

Mais la plus grande partie du pigment est disposé sous forme de gros blocs ou des grosses traînées formant réseau dans le tissu conjonctif qui entoure les lobules et les acini. Cette disposition et distribution du pigment moutre d'une façon très évidente que son lieu d'élection est dans le système lymphatique de l'organe. La prédominance du pigment dans le système lymphatique est encore ici plus nette que pour le foie. «

Dans les canaux excréteurs, on peut rencontrer des granulations de pigment, soit à l’intérieur des cellules épithéliales qui les tapissent, soit dans la lumière même des conduits. Mais ceci n’est pas général.

Il existe un peu de développement du tisssu conjonctif qui semble être en rapport avec l’accumulation du pigment.

Au niveau des agglomérations pigmentaires, on voit des leucocytes à leur périphérie et entre les blocs.

Le pigment dans le pancréas présente tous les caractères physicochimiques du pigment ferrugineux trouvé dans les autres organes.

Comment expliquer ces lésions ? Les cellules parenchymateuses infiltrées de pigment cherchent à s en débarrasser. Pour cela, elles usent de leurs propres canaux excréteurs, mais la presque totalité de l'élimination se fait par la voie lymphatique. On peut suivre pour ainsi dire pas à pas les diverses phrases de cette élimination : et d'abord, à la suite de l'infiltration granuleuse des cellules périphériques des acini, on note la présence de blocs pigmentaires dans les ‘espaces clairs lymphatiques, qui bordent les cellules et enfin la distribution en trainées de ce pigment dans le réseau lymphatique avoisinant.

Le développement du tissu conjonctif s'explique facilement par l'irritation des parois lymphatiques, produite par la présence du pigment dans ce réseau.

Reins. — Les coupes du rein ne présentent pas la coloration de rouille de fer remarquée pour les autres organes. En les traitant par le sulfure ammonique, au lieu de la coloration noire générale on note seulement çà et là quelques points noirs. Nous n'avons pas trouvé la réaction du glycogène.

En examinant ces coupes au microscope et après coloration, on constate tout d'abord qu’il existe très peu de pigment. Le pigment ici

Pre ve est réuni en foyer, sous forme de fines granulations infiltrant les cellules épithéliales de quelques tubes urinifères. On constate de rares granulations un peu plus grosses dans quelques glomérules. Mais ce qui frappe le plus dans l'examen de cet organe, c’est l'état dans lequel se trouvent les tubes contournés. Ces tubes sont dilatés et leur lumiere est obstruée par une masse de mucus transparentetgranuleux, piquetée de granulations pigmentaires, et qui paraîtse continuer avec le protoplasma de la cellule dont le bord interne n'a pas de limites précises et se confond ainsi avec l’exsudat. Ilest permis de croire que le mueus vient des cellules épithéliales des tubes contournés:Le noyau de ces cellules est parfaitement coloré et paraît augmenté de volume.

Pas d’autres lésions.

En somme, néphrite catarrhale due probablement à l’élimination de pigment par le rein, comme nous le prouve la présence de pigment à l'intérieur des tubes.

Ganglions lymphatiques. — Les ganglions sont complètement infiltrés de pigment, et l'on ne reconnaît qu'en de rares points la structure ganglionnaire. La différenciation entre les follicules et les travées médullaires n'est plus manifeste ; le pigment domine partout sous forme de blocs et de granulations ; en même temps on trouve du tissu conjonctif fibreux. Les rares points où l’on reconnaît la structure ganglionnaire semblent siéger à la périphérie du ganglion. Donc, ganglion rempli de pigment et fibreux.

Les lésions sont tellement avancées qu’il est impossible de rechercher le processus de pigmentation; cependant, dans les points laissés plus ou moins intacts, on voit des cellules lymphatiques remplies de granulations pigmentaires,

Cœur. — Dans les coupes du cœur, regardées à un faible grossisement, on peut déjà noter une infiltration considérable de pigment qui se trouve à l’intérieur même des fibres-cellules et forme des trainées dans la direction des faisceaux. Ces traînées de pigment sont formées par de fines granulations groupées pour la plupart au pourtour du noyau, dont les uns sont moins bien colorés et d’autres complètement disparus. On rencontre également des pigments sous forme de gros blocs entre les faisceaux musculaires. La striation a presque disparu et ne persiste que dans quelques points. Cette persistance paraît correspondre à une moindre infiltration pigmentaire.

Pas de prolifération cellulaire ni conjonctive.

Dans le cœur donc, les cellules sont infiltrées de pigment; cette pigmentation a amené une altération dans la nutrition des éléments, qui se manifeste par la diminution de la striation, la coloration moins prononcée des noyaux et enfin la nécrose. C'est de cette façon que nous eroyons expliquer la présence de ces gros blocs de pigment dans les espaces interfasciculaires.

Ici comme dans les autres préparations nous avons constaté les réactions du pigment ferrugineux. ;

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