SCÈNE II
Aliî c'est qu'il me rappelle une bien douce histoire.
Tu sais, Jeanne,
Il Tattire à lui.
Le jour où je te vis montant
Avec timidité sur un tilleul, portant
Dans le creux de la main un nid que la tempête
A terre avait jeté, nid d'où sortait la tête
D'un affreux oisillon nu comme un petit ver...
Et sa mère était là de cris remplissant l'air,
Et tu voulais calmer sa vive inquiétude.
Lui rendre son petit... mais, faute d'habitude,
Tu ne sus parvenir assez haut... et je vins.
Aux branches du tilleul m'accrochant des deux mains,
T'aider dans ta bonne œuvre. . . Étais-tu donc joyeuse !
Alors un franc baiser de ta bouche rieuse
Me paya de ma peine. Et dire que ce nid
Nous rapprocha si bien qu'un jour il nous unit!
Il la baise au front.
JEANNE
Tu t'en souviens encor, mon Pierre? Ah ! la journée Est bonne ! Ainsi tu vas dès cette après-dinée Rentrer à l'atelier, rejoindre ton patron î Mais il faudra t' attendre à quelque vert sermon.
PIERRE
Ah bah ! sans peur je vole où le devoir m'appelle Et, comme l'on disait jadis : adieu ! ma belle !
Il sort en lui envoyant un baiser.