‹ La caisse d'épargne; comédie en un acte et en versChapitre 4 sur 13 · SCÈNE IL · texte numérisé non relu

SCÈNE IL

JEANNE, seule, qui est montée avec Pierre, revient à la table. Dieux 1 quel bien je sens là î Comme soudainement La tristesse a fait place au doux contentement.

C'est que depuis trois jours je voyais ce bon Pierre A mon plus grand effroi retourner en arrière. Il allait, sans souci du sombre lendemain, Du cabaret encor regagner le cliemin.

Descendant la scène.

Oh ! l'horrible boisson ! ce fléau, cette honte ! Que de larmes de femme à porter à son compte î Mais on ne peut donc rien pour frapper d'interdit Ces débits de liqueurs, ce commerce maudit Qui sème la discorde au sein de nos ménages Et fait de jour en jour de plus affreux ravages? On frappe un malheureux qui, pour calmer sa faim, Dérobe au boulanger un pauvre petit pain... Et l'on ne punit point l'ivrogne, mauvais père Qui livre sa famille à l'horrible misère!... Mais, chassons ces pensers. Enfin, Pierre a compris Elle retourne ii la table et range son ouvrage. Qu'il se doit tout entier à nos enfants chéris. Et j'ai su l'arrêter sur la pente fatale, Lui rappelant toujours la faute capitale Que, malgré mes conseils, il commit, Tan dernier, En quittant son patron, en fuyant l'atelier. Mais le danger n'est plus. Mon bon Pierre se range. De nouveau l'avenir me sourit.

Elle va au berceau de Tenfant.

Dors, mon ange.

Du sommeil le meilleur. Oui, dors, mon dernier né... Charmante fleur éclose en un jour fortuné. Repose ton front pur sur la modeste couche Dont ma main vigilante éloigne ici la mouche Qui, prenant pour un fruit tes lèvres de vermeil, Menace en s'y posant de troubler ton sommeil.

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