‹ La Caisse d'épargne de Neuchâtel, 1812-1912 [microform]Chapitre 14 sur 105 · DAVID GABEREL · texte numérisé non relu

DAVID GABEREL

Procureur de la Caisse d'Épargne

Le ii« compte-rendu de la Caisse d'Épargne, dont vous me parlez, Messieurs, dans votre bulletin de mars, prouve, à ma très grande satisfaction, le

(i)Arch. de VÊtat. Rescritsde ?a Majesté. Lettre de Son Excellence le Comte de Bernsiorff au sujet des derniers bulletins qu'on lui a envoyés et fixant l'attention du Conseil sur les moyens de faire prospérer la fabrication des toiles peintes, de l'horlogerie et de la culture de la vigne.

SUCCÈS CROISSANT

bon état de cette institution utile, et je vous prie d'instruire les membres de la Direction de l'intérêt que je prends à leur établissement et de la satisfaction que j'éprouve de leur bonne gestion. Je vous prie de me tenir au courant des succès de cette institution patriotique.

Citons encore cet extrait des Manuels du Conseil d'Etat :

i8jo. Avril 26. M. de Sandoz- Rollin a fait rapport que la Direction de la Caisse d'Épargne a reçu les comptes de cet établissement, dont l'état est toujours de plus en plus prospère, et dont la comptabilité, tenue par le sieur Louis Coulon, membre des Audiences, pourrait servir de modèle à tous les établissements de ce genre.

JEAN-FRÉDÉRIC DARDEL

Il manquerait quelque chose Secrétaire-Caissier

à l'histoire que nous racontons,

si un malheur n'en venait interrompre le cours prospère. Les établissements heureux n'ont pas d'histoire, mais ils n'ont pas non plus l'occasion de se retremper dans l'épreuve ou dans la lutte. Nous voyons survenir, à la fin de 1830, le premier grand revers qui atteignit la Caisse d'Épargne, la faillite de la maison Meuron de Paris. La Direction avait acheté de la rente française 5 °/o. Les inscriptions étaient déposées chez MM. Meuron et C'^, à Paris. Ayant

demandé copie des inscriptions, les directeurs s'aperçurent que cette copie était conforme à la réalité quant aux numéros des séries et aux signatures, mais non quant à la somme. La rente indiquée comme appartenant à la Caisse d'Épargne était portée à fr. 3500, tandis que l'inscription réelle du Grand Livre de la rente française ne se trouvait que de 165 francs. De plus, la maison parisienne avait, sans ordre ni autorisation, disposé à son profit de plusieurs titres qu'elle avait en dépôt. Les pertes de la Caisse d'Epargne, dont celle-ci partageait l'infortune avec plusieurs autres établissements publics et un grand nombre de particuliers, allaient absorber la majeure partie du fonds de réserve.

Cet événement causa une certaine inquiétude parmi les créanciers de la Caisse d'Epargne. Son correspondant de Saint-Biaise écrit le 3 décembre 1830: « Les fâcheuses circonstances de la faillite Meuron, à Paris, ont donné l'alarme ici ; on a beau chercher à rassurer : on ne veut rien croire. J'ai cru devoir vous donner cet avis, dont vous ferez l'usage que vous jugerez à propos. »

Les directeurs, pour calmer les craintes de leur clientèle, firent un beau geste. Ils signèrent le document que nous transcrivons, destiné à garantir les déposants de toute perte :

Cautionnement

Nous soussignés, persuadés de l'utilité de la Caisse d'Épargne de Neuchâtel et du bien moral qu'elle a fait dans notre pays depuis dix-huit ans qu'elle a été fondée ; ayant appris que son fonds d'amortissement pouvait être considérablement réduit par suite des pertes auxquelles l'expose la faillite de la maison Meuron et Comp., de Paris, et voulant donner aux créanciers de cet établissement la plus grande sécurité pour les sommes qu'ils lui confient ; nous

SUCCES CROISSANT

avons résolu de remplacer cette garantie, en attendant que de nouvelles économies puissent recréer un fonds d'amortissement suffisant. En conséquence, nous souscrivons pour les sommes ci-après, et nous nous portons garants pendant dix ans, jusqu'à leur concurrence, des pertes auxquelles les créanciers de la Caisse d'Épargne de Neuchâtel pourraient être exposés dans le cas où ses économies ne suffiraient pas pour les couvrir.

Neuchâtel, le i" janvier 1831.

Le premier signataire est naturellement le rédacteur de cette pièce, Louis Coulon, qui a Hbellé ainsi son engagement :

Je souscris pour la somme de dix mille francs^ argent de Neuchâtel, et je consens même à ce que cette somme serve seule à couvrir les premières pertes de la Caisse d'Épargne de Neuchâtel, son compte d'amortissement n'y suffisant pas, avant qu'il ne puisse être touché aux souscriptions que mes compatriotes voudront bien faire après moi...

Nous lisons ensuite :

Je souscris avec plaisir pour cinq cents louis d*or neufs, aux conditions énoncées ci-dessus. Neuchâtel, 3 janvier 183 1

J.-D DE PoURTALts.

Puis viennent les engagements que voici :

Huit mille quatre cents livres de Neuchâtel... J.-J.-F. Bovet-Borel.

Dix mille francs de Neuchâtel... Le C" Fréd. de Pourtalès.

Huit mille quatre cents livres de Neuchâtel, mais avec la réserve que s'il y a des pertes, elles seront réparties sur toutes les signatures, dans la proportion de leurs souscriptions, sans que l'offre généreuse faite par M. P.-L.-A. Coulon puisse être prise en considération. — Au nom de M""^ DuPasquier-d'Iver-

nois, DuPASaUIER-PERROT.

Trois cent soixante livres de Neuchâtel... François DuBois.

Dix mille livres de Neuchâtel, aux mêmes conditions que M™* DuPasquier-

d'Ivernois. — Au nom de l'hoirie de J.-J.-F. Vaucher père, Perrot-Reynier.

Deux cents louis, soit trois mille trois cents livres de Neuchâtel... Fréd. DuPas-

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