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La faillite fut moins d< .use qu on ne pouvait le craindre. Le I" janvier 1840, la Caisse d'Epargne recevait, sur la perte qu elle avait éprouvée, Fr. 48.000, puis le i" janvier 1841, Fr lu.uoo, et pareille somme encore le i^'' janvier i842,<.'n sorte que la : ' réelle se réduisit au 20 ^o des capitaux compromis.
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SUCCES CROISSANT
Lmsurrection de 183 1 ne paraît pas avoir troublé sérieusement la vie quotidienne de l'établissement. La correspondance de cette époque ne trahit aucune inquiétude spéciale. Seul, le correspondant du Locle, M. F. Richard, qui paraît prendre les choses avec une vivacité particulière, dont témoignent nombre de ses missives, écrit en décembre une lettre un peu alarmée sur la situation dans les Montagnes. Ayant encaissé une somme assez importante, il souhaite de s'en décharger, « dans les circonstances où nous nous trouvons » ; pour les mêmes raisons, et « attendu que le Locle est fortement menacé, je veux, dit-il, jusqu'à nouvel ordre, refuser de recevoir de nouveaux placements, s'il s'en présente, ce qui n'est pas probable, pensant que vous ne trouverez pas cette détermination mauvaise, puisqu'elle prévient les dangers que courraient ces dépôts, aussi bien à Neuchâtel qu'ici et en chemin ». (11 décembre 183 1).
A quoi M. Coulon répond le 1 3 :
Les nouvelles que vous me donnez de votre situation me font beaucoup de peine, mais je ne crois pas le danger aussi imminent. Quant à notre Caisse d'Épargne, nous sommes sans crainte, et les mesures sont prises pour qu'aucun malheur n'arrive. Ainsi, avec l'aide de Dieu, on sera toujours à même de faire face à tout. J'ose espérer que dans peu vous recevrez sans crainte les dépôts qui vous seront remis, et que nous recevrons comme du passé vos notes et envois.
M. Richard reprit courage, et le 28 décembre déjà, il écrivait : « J'ai reçu ces jours derniers passablement d'argent, et au delà de ce que j'aurais pu attendre pour les temps où nous vivons. »
CAISSE d'Épargne — ii
En un ou deux endroits, il est vrai, les dépôts furent assez rares pendant les derniers mois de 183 1. M. J. de Gélieu, pasteur de la paroisse de Saint-Sulpice, écrit de ce village, le 3 1 décembre : « On ne m'a remis aucun nouveau dépôt, ce que j'attribue aux circonstances politiques, qui ont naturellement occasionné beaucoup de dépenses et empêché bien des petites économies. » — La révolution de 1848, plus sérieuse que l'insurrection de 183 1, causera dans le pays une perturbation plus sensible.
Le fait le plus saillant des années qui nous en séparent est celui que mentionnent les procès- verbaux à la date du 7 novembre 1839:
La difficulté toujours croissante de procurer à la Caisse d'Épargne un local réunissant les conditions de sûreté et de commodité pour le dépôt des livres et le travail du bureau, a engagé la Direction à charger son Comité d'examiner la convenance d'acheter une maison ou d'en bâtir une pour servir à cet usage, et de lui présenter un rapport sur un [cet] objet jugé important.
Trois mois après (le 20 février 1840), le Comité, saisi de cet objet, n'ayant pas trouvé d'immeuble à acquérir, conclut à la nécessité de bâtir et propose comme emplacement l'extrémité occidentale de la Place d'Armes, terrain encore vacant alors, que le Conseil de Ville consentait à céder par faveur au prix de 14 livres le pied carré. Le Comité se divisa quant à l'importance qu'il convenait de donner à la construction : la majorité voulait y affecter la moitié du terrain, soit 1950 pieds; la minorité jugeait préférable de
SUCCÈS CROISSANT
bâtir la totalité du terrain, en consacrant à cette opération la majeure partie du fonds de réserve. Après mûre délibération, le premier avis l'emporta : il fut décidé de construire sur la partie nord, et de revendre la partie sud à M. Louis de Pourtalès. (i) Le Comité fut chargé de faire élaborer sans retard des plans et devis. L'autorisation du Conseil d'État, qui ne fut point difficile à obtenir, est conçue en ces termes :
Sur la requête de la Direction de la Caisse d'Épargne, exposant que l'accroissement considérable des capitaux confiés à la dite Caisse exige une comptabilité toujours plus étendue et un local où les livres et les titres puissent être déposés avec toute la sûreté et toute la stabilité nécessaire ; qu'ayant inutilement cherché à se procurer un semblable local, la Direction se voit dans la nécessité d'en faire construire un sur le seul terrain qui reste vacant à l'extrémité occidentale de l'ancienne Place d'Armes, et qu'elle vient prier le Conseil de lui accorder l'autorisation dont elle a besoin pour acquénr ce terrain et posséder légalement la maison qui y sera construite : Délibéré, le Conseil arrête qu'il accorde avec plaisir à la Direction exposante l'autorisation qu'elle sollicite en faveur d'un établissement qui rend au pays d'importants services, la dispensant de tous cens d'amortissement pour l'acquisition qu'elle projette et qui se trouve exempte de lods en vertu de la concession faite par le Roi à la ville de Neuchâtel.
Le 7 mai 1840, le comité spécial de construction présentait les plans et devis rédigés par M. de Sandoz-Rosiéres, intendant des bâtiments du roi, qui reçurent l'approbation de la Direction.
Nous avons omis d'indiquer les locaux successivement occupés par la Caisse d'Épargne. Son début fut si modeste, qu'elle n'eut
(i) C'est l'emplacement occupé aujourd'hui par la maison rue du Musée, n» 6.
pas d'abord de siège proprement dit. Les premiers dépôts furent reçus au domicile de M. J.-J. de Meuron, rue des Moulins, dés Noël i8i2 et pendant les six premiers mois de 1813 ; puis, pendant la fin de cette année, et jusqu'en 1822, au bureau de M. Sillimann, rue du Trésor, n° 7. D'avril 1823 à avril 1825, le maîtrebourgeois et notaire Jean-Fréd. Steiner reçut les dépôts en son domicile, rue des Moulins. Il passa la main à François-Louis Borel- Gacon,du Petit-Conseil, qui eut la recette, faubourg de l'Hôpital, 5, maison Pourtalés-Pury, pendant prés d'une année. Puis les dépôts eurent lieu, de mai 1826 à juin 183 1, au domicile même de M. Louis Coulon, faubourg de l'Hôpital, 10, et par les soins de M. Aimé Delachaux, premier employé rétribué.
De juillet 183 1 à janvier 1840, la Caisse est ouverte tous les jours au rez-de-chaussée de la maison DuBois-Bovet, faubourg de l'Hôpital, 16; puis, tandis qu'on construisait la maison de la Place d'Armes, au rez-de-chaussée de la maison Reymond, en face du Temple-Neuf (n° 20 actuel de la rue du Temple-Neuf).
En juillet 1842, la Caisse d'Épargne entre en possession de son hôtel, rue de la Place d'Armes, 7, qui est occupé actuellement par la Préfecture. Elle y demeurera vingt-trois ans.
A cette transformation tout extérieure correspondit une transformation plus profonde. On s'était aperçu que le Règlement primitif ne répondait plus au développement que l'institution avait pris. MM. de Sandoz-RoUin et Coulon furent chargés d'élaborer un pro-
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