‹ La Caisse d'épargne de Neuchâtel, 1812-1912 [microform]Chapitre 24 sur 105 · CHAPITRE IX Les chemins de fer · texte numérisé non relu

CHAPITRE IX Les chemins de fer

La question des chemins de fer. — Le 3 septembre 1856. — Mort du Président Chambrier. — Appui donné par la Caisse d'Epargne à un grand nombre de sociétés industrielles ou d'entreprises d'intérêt général. — Augmentation du taux d'intérêt payé aux déposants. — Construction de l'hôtel de la rue du Môle ; la pierre d'angle ; le Neuchâtel d'alors.

LA question des chemins de fer va dominer pendant quelques années toute la vie neuchâteloise, non seulement au point de vue économique, industriel et financier, mais même au point de vue politique. On sait, en effet, que dans les années 1855 et 1856, ce furent les discussions relatives à cet important

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objet qui, en divisant le parti républicain, exaltèrent les espérances du parti royaliste, jusqu'à lui faire croire au succès possible de la prise d'armes du 3 septembre 1856. En rappelant ces faits, Numa Droz, l'historien impartial et pénétrant de la République neuchdteloise, (i) a fort bien marqué ce qui séparait en deux camps les Neuchâtelois dévoués au nouveau régime :

La querelle portait sur le point de savoir par où passerait la ligne principale de raccordement avec la France ; les Montagnes prétendaient que le Jura Industriel devait être la grande artère internationale, et elles avaient obtenu de l'Etat une subvention de 3 millions, qui faisait crier à l'injustice ; le Val-de-Travers et une partie du Vignoble soutenaient les intérêts de la ligne franco-suisse. Cette rivalité avait provoqué, dans tout le pays, un état d'effervescence extrêmement grande, et amené l'élection d'un certain nombre de royalistes au Grand Conseil, dans le renouvellement général de mars 1856. Par une appréciation tout à fait erronée des circonstances, les principaux chefs royalistes crurent qu'un mouvement insurrectionnel aurait chance d'aboutir.

Si nous rappelons ces souvenirs, c'est qu'il importe de constater qu'au milieu même de l'agitation causée par les divisions politiques, la Caisse d'Épargne, fidèle à sa ligne de conduite, ne se laissa pas un instant influencer par les passions qui s'agitaient autour d'elle, et auxquelles ses chefs ne pouvaient, individuellement, demeurer étrangers. Comme administrateurs des économies du peuple neuchâtelois, ils surent ne s'inspirer que du souci des intérêts dont ils avaient la garde. Cette attitude correcte, patriotique au sens le plus noble du

(1) Publication commêmorative à roccasion du Cinquantenaire de la Révolution de 1848, p. 59 à 60.

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