‹ La Caisse d'épargne de Neuchâtel, 1812-1912 [microform]Chapitre 5 sur 105 · PAUL-LOUIS-AUGUSTE COULON · texte numérisé non relu

PAUL-LOUIS-AUGUSTE COULON

Nous verrons plus loin quelle fut sa patriotique attitude en 1847, à propos de l'affaire du Sonderbund, puis le i^ mars 1848.

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Dés l'ouverture de la Caisse d'Épargne, il sera non seulement le directeur et l'âme de rétablissement, mais il voudra assumer l'humble rôle qui d'ordinaire incombe aux employés subalternes. Ce possesseur d'une grande fortune, que ses relations et ses goûts auraient pu légitimement distraire des menus soins de l'institution créée par lui, remplira seul les fonctions de teneur de livres, afin de réduire au minimum les frais généraux. A côté de lui, M. de Pourtalés-Boyve se chargera pendant vingt-quatre ans de la caisse générale, dans les mêmes conditions de dévouement désintéressé.

Ce que fut Coulon pour les malheureux qui recouraient sans cesse à sa générosité, lui seul l'a su ; mais personne n'ignorait que sa plus grande joie était de faire part aux autres des biens qu'il estimait devoir moins à son intelligence qu'à la bénédiction de Dieu ; et Félix Bovet lui rend cet hommage : « Il y avait, dans sa manière d'obliger, de la grandeur, de la délicatesse, de la grâce, et surtout de la simplicité. Son seul luxe était la bienfaisance. »

Tel était l'homme que nous allons voir, dés le commencement de 1812, présider à la naissance et aux destinées de la Caisse d'Épargne.

Jusqu'alors, il avait peu parlé, et sans doute réfléchi beaucoup : quand il rompit le silence, ce fut pour donner à ses collègues la formule si longtemps cherchée. Voici le projet qu'il présenta le 27 février 1812 à la SocïéU du Jeudi et qui est conservé dans les archives de celle-ci : (i)

(i) Bibliothèque de Neuchatel.

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Le but que nous nous proposons est de former une association qui se chargerait de recevoir les épargnes des domestiques, manouvriers et vignerons, pour les placer de la manière la plus sûre, leur en payer annuellement l'intérêt au 4 "/o et les rembourser à leur réquisition.

Voici, à mon avis, les moyens les plus simples pour parvenir à un résultat dont l'utilité est si généralement sentie. 11 faut :

1° Inspirer à la classe que l'on veut aider assez de confiance dans l'établissement pour l'engager à lui confier ses épargnes ;

2° Trouver le moyen de placer ces fonds très solidement ;

3° Ne pas compliquer les opérations du comité chargé du maniement des fonds et de la tenue des écritures, et rendre par là son travail assez simple pour que l'on puisse trouver des personnes qui veuillent s'en charger gratis.

Pour obtenir le premier point, je propose une association de 15 à 20 personnes ou plus, s'il est possible d'en trouver davantage, qui s'identifient à l'établissement proposé et qui, pour prouver combien les motifs qui les font agir sont désintéressés et philanthropiques, et pour donner une garantie de leur prudence dans le placement de l'argent qui leur serait confié, souscriraient chacune un engagement de 400 à 500 livres, pour couvrir les premières pertes que pourrait faire l'établissement. Elles formeraient l'assemblée générale convoquée toutes les fois qu'il s'agirait d'un placement de fonds, et nommeraient un comité de cinq personnes, chargées de la caisse, des écritures, et en général de tout le travail. M. Vaucher a consenti à recevoir les fonds de l'établissement jusqu'au moment où il quittera les affaires, et alors nous ne devons pas douter que nous ne trouvions dans notre pays des maisons de commerce assez solides pour mériter notre confiance, et assez bien pensantes pour ne pas se refuser de se charger de ces fonds en compte-courant.

Pour simplifier le travail du comité, il n'y aura chaque année que deux époques pour recevoir et rembourser l'argent, la Saint-Jean et Noël. Si un mdividu ne peut attendre une de ces époques pour être remboursé, il trouvera facilement de l'argent contre le récépissé de celui qu'il aura versé dans l'établissement. Il n'y aura d'autres frais à faire que l'achat d'un livre de caisse et d'un grand-livre, et l'impression des récépissés. Chacun des membres de l'association payera 41 batz pour subvenir à cette dépense. CAISSE d'Épargne — 4

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Comme le lecteur l'a remarqué, il n'était encore question que des épargnes des domestiques, des vignerons et des journaliers. Pour réussir auprès de cette catégorie de personnes, il importait surtout de leur inspirer confiance afin d'attirer leur argent, puis de placer solidement cet argent pour justifier cette confiance. Coulon avait soin de prévoir en outre que le personnel chargé de la direction de l'établissement s'acquitterait de cette tâche gratuitement. Rien d'une (c affaire )>, dans la pensée de ce généreux citoyen. Ses collaborateurs eux-mêmes n'obéiront qu'à des motifs « désintéressés et philanthropiques », et commenceront par souscrire un engagement personnel pour couvrir les pertes possibles. Tout se passera avec une simpUcité patriarcale... Lorsqu'on voit ce qu'est devenu, dans le cours d'un siècle, l'étabUssement créé par Louis Coulon et ses amis, on ne peut s'empêcher de sourire en lisant ce mot de la fin, d'une touchante prudence: ce II n'y aura d'autres frais à faire que l'achat d'un livre de caisse et d'un grand-livre, et l'impression des récépisses. Chacun des membres de l'association payera 41 batz pour subvenir à cette dépense, (i) »

Ainsi les plus grandes choses, les meilleures, n'ont souvem que

des commencements bien humbles.

Le projet Coulon fut renvoyé à l'examen d'une commission, dont l'auteur faisait partie avec MM. de Sandoz-Rollin et Frédéric de Chambrier et à qui était confiée la tâche d'élaborer un Règlement général

Les choses en étaient là, lorsque le chapelain DuPasquier fit connaître à ses collègues les rapports de la Caisse d'Epargne de

(i) 41 batz valaient à peu près fr. 6,15 de notre monnaie.

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Zurich, qui venaient de lui parvenir. Cet établissement, fondé depuis sept ans et déjà fort prospère, était destiné à toutes les classes de la population zurichoise, ce qui lui avait assuré dès le début une base large et solide. Ce fut un trait de lumière pour nos philanthropes neuchâtelois : préoccupés uniquement des humbles et des petits, ils avaient borné leur ambition à favoriser l'épargne des domestiques, des vignerons, des manœuvres, des journaliers. Le projet Coulon disait bien : « tous les manouvriers » ; mais l'exemple de Zurich montrait qu'il y avait profit à élargir ce cadre, pour étendre à toute la population le bénéfice d'une institution destinée avant tout à la petite épargne.

Aussi la Société du Jeudi s'empressa-t-elle de mettre à son ordre du jour la question suivante : « Y a-t-il possibilité de former, dans notre pays, un établissement pareil à la caisse de Zurich, bien préférable à celui auquel on avait d'abord pensé ? »

Quelques jours après, le 2 avril 18 12, la commission saisie de cet objet présentait un rapport favorable à la conception zurichoise. Un grand pas était fait.

Mais à ce moment, qui aurait dû, semble-t-il, être celui de l'aboutissement définitif, de nouvelles hésitations se manifestèrent au sujet de la garantie des dépôts. Quelques-uns, influencés par l'exemple de Berne, où l'État avait prêté son concours à la Caisse d'Épargne, se demandaient s'il n'était pas téméraire de renoncer à toute protection officielle. D'autres opposaient l'exemple de Zurich, où le public était paternellement invité à se reposer « sur les bons principes des administrateurs », lesquels auraient toujours soin de placer les fonds sur de solides hypothèques dépassant de beaucoup

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les sommes prêtées : c'était le régime de la confiance. Le règlement zurichois statuait d'ailleurs que les bénéfices éventuels de l'établissement viendraient accroître les garanties des déposants et couvrit" les pertes toujours possibles.

Les deux systèmes furent passés au crible de nouveaux débats, où nous voyons intervenir plus particulièrement Chailletde Mézerac et Ch^ DuPasquier. Puis Frédéric de Chambrier résuma cette laborieuse discussion, le 7 mai 181 2, dans un nouveau mémoire où il exposait avec une grande lucidité les deux points de vue opposés et concluait en faveur de l'action privée, s'exerçant sur les bases suivantes : un certain nombre d'engagements personnels à terme, servant à asseoir le crédit de l'institution à ses débuts ; puis des dons effectifs, formant un capital qui en assure la permanence.

Cette conception devait triompher. Huit jours après, la Société, tenant séance chez le chapelain DuPasquier, arrêta, à l'unanimité, les principes que voici :

1° Les personnes qui se chargeront de gérer la caisse devront non seulement le faire gratuitement, mais encore se porter garants, soit à vie ou à terme, d'une somme suffisante pour répondre de leur fidélité et leur assurer la confiance des déposants.

2° Tous les dons ou legs qui pourront être faits à la Caisse d'Epargne serviront à former un fonds d'amortissement destiné à couvrir les pertes possibles.

3° Ce fonds et les garanties des gérants couvriront d'abord les pertes, avant que l'on puisse toucher aux sommes déposées.

On discuta pendant l'été le Règlement général, puis le Mémoire

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qui devait être adressé au public. Ces deux documents furent signés enfin le 24 octobre 18 12, qui est la date officielle de la naissance de la Caisse d'Épargne.

Examinons maintenant d'un peu plus près dans quel esprit étaient conçus l'organisation et le fonctionnement de cette institution. Il suffit pour s'en rendre compte d'analyser les « Mémoire et Règlement » rédigés par Chambrier, Sandoz-Rollin et, plus spécialement, Louis Coulon.

Le sentiment qui les a inspirés est uniquement philanthropique ; la création de la Caisse d'Épargne n'est à aucun degré une « affaire » pour ses promoteurs ; elle est établie avant tout dans l'intérêt matériel et moral d'une classe sociale bien déterminée, les artisans, les domestiques, les journaliers, — on dirait aujourd'hui les « travailleurs ». Mais toutes les classes de la population sont invitées à lui apporter leur concours.

Le Mémoire signale d'abord l'étrange contraste qu'on remarque dans notre pays : la prospérité générale y est incontestable ; néanmoins, dès que survient un chômage, les ouvriers et les artisans sont obligés de recourir à l'assistance pubhque. Pourquoi cela ? C'est qu'ils ne font pas d'économies pour les jours de disette, et cela parce que la prévoyance n'est pas suffisamment encouragée.

A ce propos, Louis Coulon, qui ne cherche à flatter personne, déclare nettement que la misère est presque toujours fille du vice ; l'ivrognerie, la débauche, le manque d'ordre et d'économie, le goût du luxe et des plaisirs, compromettent le bien-être des travailleurs.

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Mais, ajoute-t-il aussitôt, ces vices si répandus, il serait « trop rigoureux de les attribuer toujours à la corruption du cœur » ; ils ont trop souvent leur origine dans « l'extrême difficulté qu'éprouvent les gens à faire valoir leurs épargnes ». Il le prouve.

Quand on ne sait où placer ses économies, on renonce à en faire : autant gaspiller au jour le jour l'argent qu'on a gagné! De sorte qu'on peut dire que l'épargne ne produit pas seulement l'aisance, mais qu'elle est en même temps génératrice de vertus : car elle favorise le goût d'une bonne tenue domestique et de la modération dans le plaisir.

Est-il étonnant que les travailleurs dépensent immédiatement leur salaire, dans un pays où il est impossible de placer à intérêts une somme inférieure à 20 ou 30 francs ? Il faut longtemps amasser sol après sol pour arriver à posséder une telle somme ; et, tandis qu'il s'y applique, voici que l'ouvrier est constamment exposé à la tentation des vaines dépenses, et cède trop souvent à l'attrait des jouissances passagères. Mais si, par une heureuse exception, il a réussi à accumuler 50 ou 100 francs, qu'en fera-t-il? Aucun négociant, aucun particulier ne voudra prendre en dépôt une somme si modique, et celui qui la détient risquera fort de devenir la proie des aigrefins ou des mauvais débiteurs.

Ce tableau n'est pas tracé de fantaisie : Coulon a vu d'honnêtes artisans ou domestiques ainsi dépouillés de leurs économies ; et le pis, c'est que l'exemple de leur infortune a été pour d'autres une occasion de s'écrier : « Mieux vaut jouir que d'économiser, et se faire du bien de ce qu'on a, que de le garder pour le perdre ! » Ainsi on en vient à ériger l'imprévoyance en système ; quand arrivent les jours de maladie et de chômage, c'est la misère.

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Le remède à tant d'inconvénients sera un établissement qui facilite et solHcite l'épargne ; une caisse où tout ouvrier laborieux et économe puisse verser les sommes les plus minimes avec la certitude qu'elles y seront bien gardées et même qu'elles s'accroîtront de leurs intérêts : « Au moyen de cet établissement, un père de famille économisant quelques batz par semaine trouvera tout prêt, au moment du besoin, l'argent nécessaire pour payer l'apprentissage d'un fils, pour marier sa fille, ou subvenir à des frais imprévus... » Les enfants même pourront s'assurer des ressources pour l'avenir, le tuteur préparer un petit capital à son pupille, le parrain à son filleul.

Ces exemples, pris dans la vie ordinaire, étaient bien propres à faire impression sur le public, de même que les calculs montrant comme, en une série d'années, s'accroît un dépôt auquel on ajoute de très modestes versements réguliers. De cet exposé tout pratique, de ces exemples concrets, l'auteur du Mémoire déduit quelques principes généraux :

« La certitude de pouvoir placer des épargnes fera contracter l'habitude de l'ordre et de l'économie, sans lesquels il ne peut exister de véritable prospérité.

« L'argent déposé à la Caisse d'Épargne est en sûreté et contre la tentation des dépenses inutiles et contre les mauvaises confiances. »

Ce sont là des idées trop simples et trop justes pour ne pas sauter aux yeux des plus incuhes. Elles sont aujourd'hui devenues banales ; mais n'oubHons pas qu'il y a un siècle, la cause de la petite épargne avait besoin d'être plaidée, et que si elle a été gagnée si heureuse-

ment chez nous, c'est au zèle éclairé de Louis Coulon et de ses amis qu'elle le doit.

Le Règlement, qui sera reproduit, ainsi que le Mémoire, dans l'appendice de ce livre, s'inspire très intelligemment de ces principes généraux. Il s'ouvre par cette déclaration des fondateurs de l'établissement :

Les soussignés, intimement persuadés qu'en soignant et faisant valoir les économies de ceux de leurs concitoyens qui sont peu favorisés des biens de la fortune, ils contribueront au progrès des bonnes mœurs et à l'accroissement de la prospérité de leur patrie, ont résolu de fonder et de gérer une Caisse d'Épargne dans laquelle seront reçues les économies faites et à faire par les artisans, les domestiques et les journaliers de la Principauté...

Nous réservons pour un chapitre spécial le détail des conditions offertes aux déposants. Bornons-nous ici à quelques traits généraux de cette organisation. A côté du principe de la gratuité de l'administration, le Règlement fixe les précautions propres à assurer la sécurité des dépôts : il sera fait un choix sévère des débiteurs de l'établissement, tant au point de vue de leur honorabilité que des garanties matérielles qu'ils présentent. Le Règlement prévoit en outre la création d'un fonds dit d'amortissement, ou de réserve, uniquement destiné à couvrir les frais et les pertes éventuelles de l'étabUssement. En cas de liquidation, ce fonds serait affecté à des

œuvres pies.

Puis les fondateurs s'engagent chacun personnellement, pour le terme de six ans à dater du i^"" janvier 1813, à une responsabilité de 200 livres, afin de couvrir les premières pertes que la Caisse pourrait essuyer.

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Le trait le plus original et le plus heureux de cette organisation pleine de sagesse est l'institution des « correspondants ». Il fut décidé qu'on s'adresserait à des personnes de confiance pour s'occuper de la recette dans les diverses paroisses du pays. Cette mesure, où se révèle le « génie administratif (i) » de Louis Coulon et de ses amis, est peut-être celle qui a le plus contribué au rapide succès de l'établissement, parce qu'elle a mis à la portée de tous, citadins ou campagnards, le moyen de placer leurs économies. C'était, si j'ose dire, la Caisse d'Epargne k domicile. C'était surtout la confiance commandée à tous. Choisis parmi les hommes les plus honorablement connus, les correspondants allaient former le trait d'union entre l'administration centrale et les diverses localités du pays ; le désintéressement qu'ils faisaient paraître en remplissant, eux aussi, gratuitement leurs fonctions, était aux yeux des populations, comme le dit A. de Chambrier, « l'expression vivante de l'esprit qui avait présidé à la fondation de la Caisse d'Epargne ». Nous reviendrons dans un prochain chapitre sur le rôle bienfaisant joué par ces modestes collaborateurs, dont l'activité a assis dans tout notre canton la popularité de l'établissement.

Qiaant à la gestion, elle est confiée par le Règlement de 1812 à une Direction composée de douze membres, qui par la suite se recrutera elle-même. La commission de Direction choisit dans son sein un président, un teneur de livres, un caissier, et deux surveillants de la comptabilité. Ce sont les « chevilles ouvrières », qui, à partir

(i) François de Montmollin, dans son remarquable rapport de 1861, n'hésite pas à appeler l'institution des correspondants « une conception de génie administratif des premiers promoteurs de la Caisse d'Épargne... »

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de 1840, formeront ce quon appelle encore aujourd'hui « le Comité ».

Signalons en passant une disposition spéciale, qui respire la traditionnelle prudence neuchâteloise : les titres et créances de la Caisse d'Épargne seront déposés dans un coffre à deux serrures, dont le Président détiendra une des clefs, le caissier l'autre, de telle sorte que leur accord sera toujours nécessaire pour ouvrir le coffre...

Nous négligeons diverses autres dispositions pratiques dont on trouvera le détail dans le texte original. On nous saura gré de reproduire ici les signatures de cette charte fondamentale, nous allions dire de cet acte de naissance de la Caisse d'Epargne.

Le Mémoire et le Règlement que nous venons d'analyser, présentés à la sanction du Conseil d'État, reçurent l'approbation suivante : (i)

Lecture faite d'un Mémoire et d'un Règlement relatifs à l'établissement d'une Caisse d'Épargne en faveur des domestiques, artisans et journaliers de cet État, présentés à l'approbation du Conseil par MM. de Sandoz-Rollin, ancien conseiller d'État et secrétaire du Conseil, et de Pourtalès, conseiller d'État et capitaine-général des chasses de S. A. S. et par les sieurs George de Chaillet, J.-J. de Meuron, Frédéric de Chambrier, DuPasquier, ministre, C.-H. DuPasquier, J.-J.-F. Vaucher, J.-L. de Pourtalès-Boyve, P.-L.-A. Couion, ces deux derniers membres du Grand Conseil de cette ville, P. -H. DuBois, et J.-P. Robert (2) ; délibéré, le Conseil loue les vues bienfaisantes des auteurs du projet qui lui a été présenté, et annonce qu'il accordera sa protection la plus spéciale à l'établissement qui en est l'objet.

(i) Manuel du Conseil d'État, 2 novembre 1812.

(2) MM. P. -H. DuBois et J.-P. Robert représentaient Tun le Locle, l'autre la Chaux-de-Fonds, dans le Comité fondateur.

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La Société du Jeudi avait enfin mis au monde l'institution dont elle souhaitait de doter notre peuple. Certes, l'accouchement avait été laborieux et long. Depuis 1799, les promoteurs du projet l'avaient mûri avec cette lenteur prudente qui est un trait de notre caractère national. Il avait fallu plus de douze ans d'examen et le

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