‹ La Caisse d'épargne de Neuchâtel, 1812-1912 [microform]Chapitre 6 sur 105 · APPROBATION DU MEMOIRE PAR LE CONSEIL D ETAT · texte numérisé non relu

APPROBATION DU MEMOIRE PAR LE CONSEIL D ETAT

concours de deux sociétés d'hommes experts pour résoudre le problème ! Mais aussi, l'œuvre si sagement mûrie allait reposer sur un fondement solide, capable de défier les années. Un poète a dit :

Le temps n'épargne pas ce qu'on a fait sans lui.

La Société du Jeudi avait eu la sagesse de prendre son temps. Et le 14 janvier 181 3, elle enregistrait son succès avec une simplicité, une modestie qu'il ne faut pas moins admirer que sa persévérance :

M. de Sandoz-Rollin rend compte verbalement de la mise en activité de la Caisse d'Épargne, qui a fait l'objet des travaux de la Société pendant la plus grande partie de l'hiver dernier. Cet établissement, fondé sur les bases qu'elle

avait posées et auquel on a intéressé comme gérants, concurremment avec quelques-uns de ses membres, plusieurs personnes tant de la ville que de la campagne, après que le projet en a été présenté au gouvernement, qui a bien voulu l'approuver et lui promettre sa protection, a commencé le i" janvier de cette année, et paraît dès son origine prendre faveur dans le public.

Cette belle page de notre histoire serait bien incomplète si nous séparions la Caisse d'Épargne des nombreuses institutions de bienfaisance et d'utilité générale que notre pays voyait naître à peu près au même moment. On a dit et redit qu'au point de vue politique, l'époque où nous reporte ce récit ne fut point particulièrement heureuse : c'est possible. Mais, en revanche, l'essor de l'esprit public et de la charité en fait une des plus attachantes périodes de notre histoire.

Qu'on prenne seulement la peine de lire dans le Messager boiteux la notice qu'il consacre en 1814a Nos nouvelles institutions de charité. C'est l'Hôpital Pourtalés, « le plus considérable et le plus généralement utile de nos établissements pieux, puisqu'il n'est pas restreint à tel ou tel district seulement, à quelque paroisse ou bourgeoisie particulière, mais que l'accès en est ouvert à des malheureux de tout l'État indistinctement, aux pauvres de tous les quartiers du pays, de quelque commune qu'ils dépendent et quelque rehgion qu'ils professent » .

Ce sont toute sorte de sociétés de bienfaisance fondées dans nos villages, et qui annoncent « que l'on s'occupe du soulagement des pauvres avec plus de soin qu'on ne le faisait ci-devant ».

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