PARTIE FINANCIÈRE ET ADMINISTRATIVE
des dons purs et simples. Le tableau présenté à l'assemblée du du Comité 15 novembre 1883 est des plus intéressants à cet égard. Prêts qui rapportent le même intérêt que la Caisse d'Épargne bonifie aux déposants :
Fr. 2.228.811,05 prêts hypothécaires dans le pays 4 %;
» 196.907,05 » aux commissions cadastrales 4 % ;
» 21.362,78 » cédulaires (avec nantissement) 4 °/o ;
» 632.603,35 » aux communes et municipalités 4% ; Fr. 3.079.684,23
A intérêt inférieur à celui que la Caisse d'Épargne bonifie :
Perte annuelle
Fr. 1.850 » 8.000 » 18.000
Fr. 185.000 prêt au Devens à 3 %. . . » 400.000 » pour le Pénitencier à 2 % . » 600.000 » pour l'Académie à i % . .
Fr. 27.850
La Caisse d'Épargne, ajoute le procés-verbal, a en outre le solde de sa participation à l'emprunt de l'État de 3 millions 4%, solde qui sera au 31 décembre de Fr. 574.000. Néanmoins, le Comité souscrit pour Fr. 400.000 au nouvel emprunt d'État 34%.
Les sacrifices d'intérêts faits par la Caisse d'Épargne devaient d'ailleurs bientôt augmenter encore en raison de l'élévation du taux ordinaire des prêts à 4 V^ %. A la suite du prêt de Fr. 200.000 à 2 7o en faveur de l'École d'Agriculture en 1886, ils se chiffraient par plus de Fr. 38.000 par an (Procés-verbal du 19 octobre 1886).
C'est ainsi que la Caisse d'Épargne, suivant la belle expression d'un membre de la Direction, M. Jean Jéquier, faisait profiter le pays lui-même des épargnes du pays.
II
Sa générosité cependant ne lui faisait pas oublier la prudence.
Les vérificateurs des comptes émettent en 1872 le vœu que l'on n'accorde plus de prêts cédulaires (ou chirographaires) et sur simple cautionnement. Cette catégorie de créances, qui avait pris avant 1870 un assez grand développement, fut dés lors progressivement réduite par amortissement, remboursement ou demande d'hypothéqués. Elle représentait encore, au 3 1 décembre 1875, prés de 7 % des placements, soit Fr. 1.219.339,50, dont plus de Fr. 500.000 à des particuhers. Le Comité décida en 1876 de ne plus faire désormais à ces derniers d'autres prêts que sur hypothèque ou sur nantissement, sans toutefois s'interdire en principe les prêts cédulaires à des sociétés ou communautés présentant les garanties morales désirables, attendu que tel débiteur sans hypothèque peut être aussi bon et même meilleur que tel autre avec hypothèque. C'est ainsi qu'entre 1880 et 1890 il fut prêté dans ces conditions des sommes importantes aux commissions cadastrales. Les prêts cédulaires ne représentent plus actuellement que 0,7 ^U à peine des créances de la Caisse d'Épargne.
Les prêts hypothécaires ont constitué jusque vers le milieu du siècle dernier le principal placement de l'établissement. Ils représentaient en 1850 plus des 73 de son actif. Si leur proportion a diminué dés lors au profit d'autres catégories de créances, surtout des fonds publics, les procès-verbaux témoignent qu'ils n'en ont pas moins continué à tenir une place considérable dans les déhbérations de la Direction et du Comité. Leur diminution même était un sujet de discussions : l'on n'était d'accord ni sur l'extension qu'il convient de