‹ La CalandraChapitre 103 sur 135 · ACTE IV, SCÈNE IV I · texte numérisé non relu

ACTE IV, SCÈNE IV I

FANNIO

Habillé tout comme toi.

lidio (femme) Et puis ?

FANNIO

Quand tu seras avec lui dans la chambre, feins d'avoir à me dire quelque chose, et sors ; tu resteras à ma place, et moi, note bien, je rentrerai au lieu de toi, de sorte que Fulvia me trouvant sans barbe, dans l'obscurité, ne verra qui c'est, de toi ou de moi, et croira que tu es redevenue homme : l'Esprit y gagnera du crédit, nous aurons de l'argent à gogo, et je prendrai mon plaisir avec elle.

Je t'en donne ma foi, Fannio, jamais je n'ai ouï parler de ruse mieux ourdie.

FANNIO

Je n'ai donc pas erré en disant à Rufo que nous reviendrions.

lidio (femme)

Non, certes ! Mais en attendant, il serait bon de savoir ce qui se passe chez nous, à l'occasion de mon mariage.

FANNIO

Ce serait chercher le malheur, et notre but est d'éloigner toute conclusion.

lidio (femme)

Éloigner un malheur ne l'empêche pas; nous en serons demain au même point qu'aujourd'hui.

FANNIO

Qui sait ? esquiver une difficulté, c'est en esquiver cent ; aller chez Fulvia peut nous profiter; nous nuire, non.

lidio (femme)

Je veux bien. Mais va d'abord chez nous, pour l'amour de moi, et sache de Tiresia ce qui se passe ; aussitôt nous retournerons chez Fulvia.

Tu as raison ; j'y vais.

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