‹ La CalandraChapitre 17 sur 135 · ACTE I, SCÈNE II · texte numérisé non relu

ACTE I, SCÈNE II

POLINICO

Celui-là ne peut être supérieur en conseils, qui est inférieur en bonnes mœurs. Je ne te connaissais pas d'abord, Fessenio, car je ne t'aurais pas tant recommandé à Lidio.

FESSENIO

J'avais peut-être besoin de ta recommandation, hein ?

POLINICO

Je vois bien à cette heure qu'en louant autrui souvent l'homme se trompe; en le dépréciant, jamais.

FESSENIO

Tu montres toi-même ta bêtise, puisque tu louais qui tu ne connaissais pas. Moi, je sais bien qu'en parlant de toi jamais je ne me suis trompé.

POLINICO

Tu as donc dit du mal de moi ?

Tu l'avoues toi-même.

POLINICO

Patience ! je ne veux pas disputer contre toi, ce serait lutter de la voix contre la foudre.

l6 LA CALAXDRA

FESSEMO

Tu t'y résous parce qu'avec moi tu n'as pas raison.

POLINICO

Je m'y résous pour ne pas en venir à autre chose que des paroles.

FESSENIO

Et que pourrais-tu donc me faire, en cent ans?

POLINICO

Tu le verras, et pour sûr, pour sûr...

FESSENIO

N'agace pas l'ours, quand le nez lui fume.

POLINICO

Oh! oh ! allons! je ne veux pas avec un valet...

LIDIO

Allons, Fessenio, assez.

FESSENIO

Ne me menace pas : bien que je ne sois qu'un vil serviteur, la mouche aussi à sa colère, et il n'est si mince poil qui n'ait son ombre; tu m'entends ?

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