‹ La CalandraChapitre 18 sur 135 · ACTE I, SCENE II, T · texte numérisé non relu

ACTE I, SCENE II, T

LIDIO

Tais-toi, Fessenio.

POLINICO

Laisse-moi poursuivre avec Lidio, s'il te plaît.

FESSENIO

Et pour avoir la paix, vends-lui du bon.

POLINICO

Écoute, Lidio; sache que Dieu nous a donné deux oreilles pour entendre beaucoup.

FESSENIO

Et une seule bouche pour parler peu.

POLINICO

Je ne te parle pas. Tout mal récent aisément guérit, mais quand il est chronique, jamais : renonce, te dis-je, à cet amour.

LIDIO

Pourquoi ?

POLINICO

Parce que tu n'y trouveras que tourments.

LIDIO

Pourquoi ?

POLINICO

Hélas ! ne sais-tu pas que les compagnes de

l'amour, ce sont la colère, les haines, les inimitiés, les discordes, les ruines, la pauvreté, la suspicion, l'inquiétude, toutes maladies pernicieuses aux mortels? Fuis l'amour, fuis-le.

LIDIO

Hélas! Polinico, je ne puis.

POLINICO

Pourquoi ?

FESSENIO

Pour le mal que Dieu puisse te donner.

LIDIO

A sa puissance tout est assujetti, et il n'est pas de plus grand bonheur que d'acquérir ce qu'on désire en aimant ; sans l'amour il n'est point de perfection, de vertu ni de grâce.

FESSENIO

On ne peut mieux dire.

POLINICO

Il n'est pas de plus grand défaut chez un valet que l'adulation; et tu l'écoutés? Lidio, contentetoi de moi.

Oui, car c'est un délicat morceau.

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