‹ La CalandraChapitre 19 sur 135 · ACTE I, SCENE II · texte numérisé non relu

ACTE I, SCENE II

POLINICO

L'amour ressemble au feu, qui mis sur du soufre ou toute autre puante matière, rend l'homme malade.

LIDIO

Mais mis sur de l'encens, de l'aloès ou de l'ambre, il produit un parfum qui ressusciterait les morts.

FESSENIO

Ah ! ah ! dans son propre lacet reste pris Polinico.

POLINICO

Reviens, Lidio, aux pratiques louables.

FESSENIO

Louable est de s'accommoder à son temps.

POLINICO

Louable est ce qui est bon et honnête ; je t'avertis que tu finiras mal.

FESSENIO

Le prophète a parlé.

POLINICO

Souviens-toi que l'âme vertueuse ne se laisse pas émouvoir par le désir.

FESSEXIO

Ni ne quitte la place par peur.

POLIXICO

Tu agis mal, et tu sais qu'il est d'une grande arrogance de mépriser les conseils des sages.

FESSEXIO

Tu tïntitules sage, mais je te baptise fou, car tu sais bien qu'il n'est pas de plus grande folie que de demander ce qu'on ne peut obtenir.

POLINICO

Il vaut mieux perdre la partie en disant la vérité, que la gagner en disant des mensonges.

FESSENIO

Je dis la vérité tout comme toi ; mais je ne suis pas un messire blâme-tout, comme tu en es un, toi qui pour quatre cujus que tu as appris, te semblés être si sage, que tu crois qu'en dehors de toi il n'y a que des imbéciles. Tu n'es pourtant pas un Salomon ; tu ne considères pas que telle chose sied au vieillard et telle au jeune homme, telle dans les périls, et telle dans la tranquillité ; tu es un vieillard et tu mènes la vie que tu lui prêches ; mais Lidio, qui est jeune, laisse-le agir en jeune homme, et toi, à l'âge de Lidio et à ce qui lui plaît accommode-toi.

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