‹ La CalandraChapitre 51 sur 135 · SCÈNE IX · texte numérisé non relu

SCÈNE IX

FESSENIO, CALANDRO

FESSENIO

La chose ne pouvait pas être mieux arrangée : Lidio s'habille en femme, attend Calandro dans sa chambre du rez-de-chaussée, et la bonne fille se montrera des plus avenantes ; mais quand il s'agira d'en venir au fait, les fenêtres closes, on glissera près du bonhomme une petite gueuse, attendu que le lourdeau est de si grossière pâte, qu'il ne distinguerait pas un âne d'un rossignol. Voyez-le qui vient tout en liesse. Le ciel te comble de joie, patron!

CALANDRO

Et toi aussi, mon Fessenio. Le coffre est-il prêt?

FESSENIO

Tout prêt, et tu tiendras dedans sans seule-

ment te déboucler un cheveu, pourvu que tu saches t'y bien accommoder.

CALANDRO

Le mieux du monde. Mais dis-moi une chose que je ne sais pas.

FESSENIO

Quoi?

Aurai-je, dans le coffre, à rester endormi ou éveillé ?

FESSENIO

Oh ! voilà qui est trop salé! comment cela, éveillé ou endormi ? Ne sais-tu pas qu'à cheval on se tient éveillé, que par les rues on marche, qu'à table on mange, que sur les bancs on s'assoit, qu'au lit on dort, et que dans les coffres on meurt ?

CALANDRO

Comment, on meurt ?

FESSENIO

Oui, on meurt; et pourquoi non?

CALANDRO

Cagne ! mauvaise affaire.

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