‹ La CalandraChapitre 52 sur 135 · ACTE II, SCENE IX · texte numérisé non relu

ACTE II, SCENE IX

FESSENIO

Es-tu jamais mort ?

CALANDRO

Non, pas que je sache.

FESSENIO

Comment sais-tu donc que c'est une mauvaise affaiie, si jamais tu n'es mort?

Et toi, es-tu jamais mort ?

FESSENIO

Oh ! oh ! oh ! oh ! des milliers de milliasses de fois, qui toute la nuit font entendre leur voix.

CALANDRO

Cela fait-il bien mal ?

FESSENIO

Comme de dormir.

CALANDRO

Et il faudra que je meure ?

FESSENIO

Oui, en entrant dans le coffre.

CALANDRO

Qui me fera mourir ?

FESSENIO

Tu mourras de toi-même.

CALANDRO

Comment s'y prend-on pour mourir ?

FESSENIO

Mourir est une bagatelle. Puisque tu ne sais comment faire, je veux bien t'enseigner le moyen.

Oh ! oui; allons, parle.

FESSENIO

On ferme les yeux, on tient les mains jointes, on croise les bras, on reste raide, raide, coi, coi; on ne voit, on 'n'entend rien de ce que font ou disent les autres.

CALANDRO

Je comprends, mais la difficulté, c'est comment faire après, pour revivre?

FESSENIO

C'est bien un des plus profonds secrets qu'il

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