ACTE II, SCENE IX
y ait au monde, et quasiment personne ne le connaît ; sois sûr qu'à nul autre jamais je ne le dirais, mais à toi, je suis heureux de te l'apprendre. Mais promets-moi sur ta parole, mon Calandro, qu'à personne au monde tu ne le découvriras jamais.
CALANDRO
Je te jure ne le dire à qui que ce soit ; si tu le veux, je ne le dirai même pas à moimême.
FESSENIO
Oh ! oh ! à toi-même, je veux bien que tu le dises, mais seulement à une oreille, pas à l'autre.
CALANDRO
Allons, parle.
Tu sais, Calandro, qu'il n'y a pas d'autre différence d'un vivant à un mort, qu'à savoir que le mort ne bouge pas, et le vivant si. Par conséquent, tu n'auras qu'à faire ce que je vais te dire, et tu ressusciteras toujours.
CALANDRO
Dis-le.
FESSENIO
Le visage tourné vers le ciel, on crache en l'air, puis de tout le corps on donne une secousse, on ouvre 'les yeux, on parle, on agite ses membres : alors la Mort s'en retourne à Dieu et l'homme revient à la vie, car, sois-en sûr, mon Calandrb, l'homme qui fait cela jamais jamais n'est mort. Maintenant tu peux bien dire que tu possèdes le plus beau secret qu'il y ait dans tout l'univers, et dans la Maremme.
CALANDRO
Certes, je l'apprécie, et maintenant je saurai mourir et ressusciter à volonté.
FESSENIO
Ma foi oui, mon gros bœuf de patron.
CALANDRO
Et je ferai tout très bien.
FESSENIO
Je le crois.
Veux-tu, pour voir si je saurai bien m'en acquitter, que j'essaye un peu ?