‹ La CalandraChapitre 54 sur 135 · ACTE II, SCENE IX · texte numérisé non relu

ACTE II, SCENE IX

FESSENIO

Ah ! ah ! ce ne serait pas mauvais, mais tâche de bien t'y prendre.

CALANDRO

Tu vas voir ; attention, m'y voici.

FESSENIO

Tors la bouche ; plus que cela ; tors-la bien ; de l'autre côté ; plus bas. Oh ! oh ! tu meurs comme tu veux. Oh ! très bien ; c'est chose à ne faire qu'avec des gens d'esprit. Qui jamais aurait appris si bien à mourir que ce vaillant homme, lequel meurt extérieurement de si parfaite façon? S'il meurt tout aussi bien intérieurement, j'aurai beau faire, il ne s'apercevra de rien. Je vais le savoir à cela. Zas! bien; zas ! très bien ; zas ! de mieux en mieux. Calandro ? eh ! Calandro ? Calandro ?

CALANDRO

Je suis mort ! je suis mort !

FESSENIO

Redeviens vivant, redeviens vivant. Haut ! haut ! sur ma foi, tu meurs admirablement. Crache en l'air.

Oh ! oh ! peuh ! oh ! oh ! peuh ! peuh ! Certes, tu as mal fait de me rendre à la vie.

FESSEXIO

Pourquoi ?

CALANDRO

Je commençais à voir l'autre monde, là-bas.

FESSENIO

Tu le verras bien à ton aise dans le coffre.

CALANDRO

Il me dure mille années d'y être.

FESSLNIO

Allons, puisque tu sais si bien mourir et ressusciter, il n'y a plus de temps à perdre.

CALANDRO

Allons, dépêchons-nous.

FESSENIO

No-o-on ; il faut tout faire posément, pour que Fulvia ne se doute de rien. Avec elle, tu feindras d'aller à la campagne, et tu te rendras au logis de Menicuccio, où tu me trouveras ainsi que tout ce dont nous avons besoin.

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