‹ La CalandraChapitre 64 sur 135 · ACTE III, SCENE III · texte numérisé non relu

ACTE III, SCENE III

CALANDRO

Oh ! oh ! je ne l'avais point vue du tout avec moi là-dedans.

FESSENIO

Oh ! la bonne affaire ! tu ne vois pas non plus le sommeil quand tu dors, ni la soif quand tu bois, ni la faim quand tu manges, et même, si tu veux bien me dire la vérité, maintenant que tu vis tu ne vois pas non plus la vie ; pourtant elle est avec toi.

CALAXDRO

Certes, non, je ne la vois pas.

FESSENIO

De même on ne voit pas la Mort, quand on meurt.

Mais pourquoi le facchino s'est-il sauvé ?

FESSENIO

Par peur de la Mort, de sorte que je crains que tu ne puisses aller voir Santilla.

CALANDRO

Je suis mort, si je ne l'ai pas aujourd'hui.

FESSENIO

Je ne sais comment m'y prendre si de ton côté tu ne veux pas endurer un peu de peine.

CALANDRO

Mon Fessenio, pour me trouver avec elle je ferais tout, jusqu'à me mettre pieds nus au lit.

FESSENIO

Ah ! ah ! pieds nus au lit, hein? Cela est de trop, à Dieu ne plaise.

CALANDRO

Parle, toi.

FESSENIO

Définitivement, il te faut devenir facchino ; tu es si changé de costume, et aussi de visage, pour être resté mort un bout de temps, que personne ne te reconnaîtrait. Je me présenterai comme étant le menuisier qui a fabriqué le coffre; Santilla comprendra tout de suite ce qui en est, car elle est plus sage qu'une Sibylle, et à nous deux nous ferons ce qu'il faudra.

CALAXDRO

Oh ! tu as une bonne idée : pour l'amour d'elle je porterais le crochet.

Page 1