AVERTISSEMENT XVII
qui était au cardinal de Tournon et en résidence à Lyon depuis quelque temps, fut l'auteur des beaux décors du premier acte, vues et perspectives de Florence. Nombre d'autres décors, parmi lesquels des statues en terre cuite dorée, étaient l'œuvre d'un maître Zanobi, sculpteur expressément appelé d'Italie ainsi que les comédiens, auxquels le Roi, avant de quitter Lyon, fit remettre cinq cents écus d'or et la Reine trois cents. Tout un intéressant travail d'éclaircissements est à faire sur l'histoire de cette représentation, tant pour la partie littéraire que pour celle des arts, en fait de mise en scène et de décors, à cette époque finale de la Renaissance (i). »
De la comédie elle-même, il nous suffira de dire quelques mots. L'intrigue, fondée sur la ressemblance d'un frère et d'une
(i) Armand Baschet, Les Comédiens Italiens à l.i Cour de France (1882, in-8;.
XVIJI LA CALANDRA
sœur, a fait rapprocher la Calandre des
Ménechmes de Plaute; mais les deux pièces n'ont de commun que cette idée première, exploitée maintes fois au théâtre. En faisant ses Ménechmes de sexe différent, l'auteur Italien a donné bien plus de piquant aux méprises et provoqué des scènes d'une vivacité à laquelle n'atteint pas le comique Latin. D'acte en acte, il en tire avec beaucoup d'esprit et d'imagination des complications nouvelles, ainsi que de la bêtise et des appétits sensuels de Calandro, un bon type de Sganarelle débauché dont le Calandrino de Boccace a pu lui fournir le modèle. L'intervention d'un nécromant à qui l'on attribue le pouvoir de changer un homme en femme, chose qui s'opère facilement dans la pièce par la substitution d'un des Ménechmes à l'autre, est aussi d'un très bon comique. Sans doute, si l'on compare, comme l'a fait A. Graf dans ses Studii drammatici, la Calandro. à la Mandragore, on trouve sans peine que celle-ci est mieux conduite, plus rigoureusement menée à son cinquième acte;