‹ La calineuseChapitre 8 sur 21 · I.A CAI.IXKl'SE III · texte numérisé non relu

I.A CAI.IXKl'SE III

qui s'approclient, 1 une plaintive. 1 autre lialet;inte de colère : « (Iràcc. Juliette, pardonnemoi ! — Va-t'en, brute î ne reuiels plus les pieds ici. va-ten. canaille! » La porte s'ouvre, se reienne violeinnient. Je vois passer une petite capote bleue, (^est le soldat cpic j'ai déjà rencontré deux ibis, en deseirconstances aussi siug'ulières.

Il s'arrête sur le palier coiMnie s'il attendait de Juliette un repentir. Enfin, il se décide à descendre, lentement : il laisse une trace rouge sur le tapis. Il a le front tout ensanglanté.

Il ne fallut qu un instant pour me transformer en un homme nouveau.

(îette venue étrange, ces cris, ce sang m'avaient enlevé tout désir de connaître davantage Juliette. Je soupçonnais dans son existence ([uelque passion ignoble; je pris la ferme résolution de renoncer pour toujours à son baiser.

Kn rentrant à la maison, je trouvai un télégramme (.le Mlle de llequoy qui me reprochait de l avoir quittée. ¥A\c ne voulait pas croire ((ue je l'eusse perdue, et elle déclarait ne point me pai'donner. Il y avait, dans les quelques nujts qu'elle m écrivait, une colère et aussi une

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douleurquejeiienj'e\pli([uais pas. Depuis, mon aveuglenienl, l)ieii plus ((ue ce télégramme, ma semblé incompréhensible.

Jetais agacé de ces Jeux aventures. Décidément, le premier aulonuie <]ue je passais à Paris depuis mon retour de voyage commençait mal. ?s"étais-je plus adapté à ses passions? Je m'imaginai que j'avais besoin de me délivrer de. souvenirs sans volupté et de rompre des liaisons que je n'avais point chercliées. Brusquement je résolus de m'en aller pour quelques jours dans le Midi, et je fis retenir une place dans le train de Lyon-Méditerranée.

l'ARIS-CRA-MPON

Merveilleux lioninie qui peut courii' toutes les routes, sauter dune voie l'errée dans un bateau, quitter les villes bruyantes pour les campagnes mortes, voir la mer, la montagne, les plaines se succéder devant ses yeux sans être lui-même plus qu'une balle lancée dans l'air et qui n'a pas conscience de sa vitesse ! Je ne connais point, pour ma pari, une semblable indiU'érence : quelques heures passées dans un endroit inconnu parmi des étrangers suflisenl à m'encliaîner : je ne me détache que par un singulier besoin d'activité, je ne m'en vais qu'au milieu d'un cortège de souvenirs.

Dans la voiture qui m'emportait à cette gare de Lyon, si éloignée du Paris élégant, en traversant ces quartiers de travail, de prostitution, de petite rente croupissant paisible et heureuse parmi les misères et les crimes; au milieu de cette foule diverse et sombre, je me sentais lié étroitement à la multitude d'existences dont j'allais me séparer; j'en goûtais

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