ACTE III, SCÈNE VI
far qui?..
M"* DE s AVEN A Y.
Par le Ministre... par Raymond..
LUCIEN, avec force.
Vous voyez donc bien qa'il y a , dans leurs mensonges mêmes > une apparence de vérité... et comme vous le dîtes vous-même.,..,
Mais c'est à étrangler toute la ville de Dieppe... Il faudrait doDc^ pour leur complaire^ renoncer à une pension qui m'est due...
CÉCILE
Ma pauvre cousine...
Et c'est vous. Mademoiselle, qui êtes cause de tout cela... ce sont vos étourderles... vos inconséquences qui rejaillissent sur moi... et me compromettent.
CÉCILE
J'espère que non, Madame, de pareils bruits sont trop
absurdes, pour que la raison n'en fasse pas justice... ( Passant près de Lucien, et avec dignité.^ Mais si malgré leur invraisemblance, ils pouvaient, Monsieur, influer, un instant, sur votre esprit ou sur votre coeur... vous êtes libre, je vous rends vos promesses... Ce mariage n'est connu que de mon tuteur et de sa famille, le reste du monde l'ignore, et la rupture n'en causera ni bruit, ni scandale...
LUCIEN
Moi, renoncer à vous, quand je vous aime plus que jamais... quand je voudrais, au prix de tout mon sang, confondre ces infâmes!..
CÉCILE
Laissez-moi achever... Je ne puis rien contre des outrages , dont j'ignore l'origine et la cause ; je ne puis convaincre ceux qui m'ont jugée sans m'entendre et sans me connaître... mais je puis vous dire à vous. Monsieur, je ne suis pas coupable... je n'ai rien à me reprocher, et je n'en ai qu'une preuve à vous donner... mon serment... s'il suffit, à vos yeux, pour répondre à toutes les calomnies... si dans ce moment, où tout m'accable, vous seul croyez en moi... ce sera un gage d' estime, quejen'oublierai jamais... une marque de tendresse qui vous acquiert, dès aujourd'hui, cet amour que vous réclamiez hier... et ma vie en-
* Lucien, Cécile, M"' de Savenay.