‹ La campagne d'Italie de 1859Chapitre 102 sur 326 · LIVRE II, CHAPITRE · texte numérisé non relu

LIVRE II, CHAPITRE

de l’ennemi. Il faut enlever à la baïonnette chaque pli de terrain. »

Deux fois les soldais se lancent sur le cimetière en suivant sur les hauteurs une arête aigué qui n’a guère plus de 30 à 40 mètres de largeur, et deux fois leurs efforts viennent se briser contre cette position formidable (1). Immobilisés pour ainsi dire par la force de la défense, ils ne perdent pas les positions qu’ils ont conquises au prix de leur sang, mais ils ne peuvent avancer. Le cimetière est devenu une véritable forteresse ; il est bordé sur ses deux faces latérales par des ravins abruptes et d’un accès impossible, tandis que du côté du couvent, auquel il se relie par deux larges ouvertures, le flot de ses défenseurs se renouvelle à tout instant.

Ces difficultés de terrain infranchissables sur plusieurs points , les obstacles matériels préparés par l’enncmi, la facilité qu’il a d’alimenter sa défense, les efforts stériles de la 2' division , auxquels sont venus se joindre plusieurs régiments de la division Bazaine, tout dit que cette formidable position ne pourra être arrachée à l’ennemi que quand il se verra compromis sur ses derrières par l’occupation du mont de la Tour, par celle du mont des Cyprès , et qu’il subira à la fois l’attaque à revers du couvent, et l’attaque contre le cimetière, dernière et suprême défense des hauteurs de Solferino.

tl) Rapport du général Négrier, commandant par intérim la 2* dérision du I" corps.

CAMPAGNE D’ITALIE

LUI. — Bientôt ces importantes positions vont être enlevées de vive force.

Le général Forey s’est de nouveau porté en avant avec vigueur. Les voltigeurs et les chasseurs de la garde, mêlés aux derniers bataillons delà 2f brigade, marchent résolûment, ayant à leur tête le général d’Alton, et abordent les positions qui donnent accès au village. — Chacun, officier ou soldat, rivalise d’ardeur au combat. Ici, c’est le capitaine Soye, des voltigeurs de la garde ; — là, le lieutenant d’IIincourt qui se lance avec le lieutenant Boudville contre des pièces d’artillerie que l’ennemi s’apprête à mettre en batterie à une distance trèsrapprochéc. Renversé par un coup de mitraille , le lieutenant d’Hincourt se relève, quelques instants après, et continue de combattre. Mais bientôt il tombe de nouveau frappé d’un coup de feu à la cuisse, et doit au dévouement de quelques braves voltigeurs de ne pas rester aux mains de l’ennemi (I). Les Autrichiens comprennent toute l’importance des efforts que nous tentons ; aussi se défendent-ils avec ténacité. Leur artillerie balaye le sol à coups de mitraille, et lance à profusion des volées d’obus et de boulets. — Les projectiles arrivent jusqu’au mont Fenile, où se tient toujours l’Empereur.

Tout autour de Sa Majesté, on entend le sifflement des boulets et des balles; plusieurs Cent-Gardes de son es-

(1) Nous sommes heureux de pouvoir citer ici les noms de ces énergiques soldats qui dégagèrent leur lieutenant et l’enlevèrent A l’ennemi. Ce sont les nommés lluclet, Avezon (quoique gravement blessés), Jacob et Neveu des voltigeurs de la garde.

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