LIVRE 11, CHAPITRE III
corte sont atteints; tout près de l’Empereur, son chirurgien le baron Larrey a son cheval renversé par une halle. En vain les officiers de sa maison militaire pressent Napoléon de s’éloigner de cet endroit, il semble ne pas les entendre, et reste impassible au milieu de ces dangers qui font frémir, pour les jours du souverain de la France, tous ceux qui l'entourent. — C’est l’heure solennelle où dans sa pensée se jouent les destinées de la bataille. De la position qu’il a choisie, il peut embrasser l’ensemble de l’action et donner ses ordres.
Malgré l’acharnement que mettent les Autrichiens dans leur résistance, nous gagnons sensiblement du terrain; enfin, le flanc gauche de l'ennemi s’ouvre sous les feux pressés de l’artillerie de réserve, auxquels succèdent les énergiques attaques des chasseurs de la garde.
Les bataillons se massent au pied du mamelon de la Tour, prennent haleine et s’apprêtent à gravir cette dernière hauteur, couronnée par une ligne compacte de défenseurs ; mais la brigade, que commande le colonel Cnmbriels, ne prononce pas encore son attaque contre le revers de la Tour et contre cet autre mamelon important où l’ennemi, protégé par un rideau de cyprès, a mis plusieurs pièces en batterie.
LIV. — Le général Forey ne peut tenter un suprême et décisif effort sans le concours de cette brigade qui, depuis le matin, maintient énergiquement la position en face de la maison carrée et du mont des Cyprès; il
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CAMPAGNE D’ITALIE
donne ordre à son chef d’état-major, le colonel d'Auvergne, de réunir en grande bâte tout ce qu’il pourra trouver de troupes sous sa main, et d’enlever ces hauteurs à tout pris.
Pendant que le colonel se porte du côté qui lui est indiqué pour remplir cette périlleuse mission, le général charge le capitaine Piquemal , son aide de camp, de diriger les chasseurs de la colonne de droite sur un petit mamelon qui couvre la droite de Solferino, et d’où les Autrichiens font un violent feu d’écharpe. Le capitaine Piquemal s’élance à la tête du bataillon avec le commandant Glinchant , et bientôt le mamelon et ses derniers défenseurs sont en notre pouvoir.
Dans le même moment, une batterie de la garde arrive au galop sous les ordres du général Lebœuf (1) et prend une position qui lui permet de couvrir le village d’une grêle de projectiles.
(1) LE OÉN^HAL DE DIVISION LEBfF.DF, '
Commandant en chef l’artillerie de l'armée, est né à Paris le 0 dé- ' cambre 1809.
Elève à l’Ecole polytechnique le 1" octobre 1828, sous-lieutenant à l'Ecole d’application le 6 août 1830, il passait lieutenant en second au corps de l’artillerie le 6 août 1832.
Lieutenant en premier le 1" février 1*33, capitaine en second le 13janvier 1837, il faisait partie', le 16 juillet, de l’état-major de l'artillerie à l’expédition de Constantine.
U restait en Afrique depuis le 13 août 1837 jusqu’au 6 février 1841 , et prenait part k toutes les actions de guerre qui se succédaient rapidement en Algérie. Il nous suffira dans celte courte notice de citer la défense du camp de Mjéjammar (septembre 1837); expédition et siège de Constantine (octobre 1837), qui lui valurent une citation dans le rapport du général Valée et la croix de chevalier de la Légion d’hon-