‹ La campagne d'Italie de 1859Chapitre 105 sur 326 · LIVRE H, CHAPITRE III · texte numérisé non relu

LIVRE H, CHAPITRE III

soldats qui se jettent à l'assaut, aux cris mille fois répétés de : Vive l’Empereur (1)!

L’enncini résiste vigoureusement, et les pentes que gravissent nos intrépides bataillons se couvrent de morts; mais les rangs se resserrent, et les compagnies ainsi muiilées redoublent d’énergie. Voltigeurs de la garde,

(I) Un ordre général du commandant en chef de la garde dit, rappelant la belle conduite des voltigeurs delà brigade Manèque:

« Je ne puis mieux faire que de mettre à l’ordre de la Garde la lettre par laquelle M. le général Korey exprime en termes d une noble simplicité, combien il est heureux île reconnaître et de publier l’aide que la garde impériale lui a donné, dans un moment où il était engagé contre des forces très-supérieures qui rendaient sa position critique :

« Monsieur le maréchal,

« Au plus fort de la bataille de Solferino, après que l’Empereur m’eut donné l’ordre de tourner la position ennemie par la gauche, la seule brigade de ma division dont je disposais a été décimée par la mitraille et la mousquetarie ; j’ai dû demander 11 l’Empereur des renforts, et Sa Majesté m’a envoyé aussitôt la brigade Manèque, de la division Camou .

«Cette troupe, énergique et vigoureusement commandée, m’a prêté un concours si efficace que j’ai dû la consigner dans mon rapport sur les opéra'ions de la journée. Voici en quels termes :

« Je ne saurais trop me louer en cette circonstance de la conduite de la brigade de la garde que Sa Majesté a bien voulu me confier. Par sa bravoure et sa solidité, elle a noblement montré qu’elle était digne du nom qu’elle porte et de la confiance de l’Empereur. Je laisse à son clief immédiat le soin de faire valoir ses droits à des récompenses, mais je croirais manquer à mon devoir, si je ne lui rendais dans ce rapport toute la justice qui lui est due.

« Permettez-moi , monsieur le maréchal, de prier Votre Excellehce de vouloir bien ne pas laisser ignorer au général Manèque et à ses troupes ce que j’ai exprimé sur leur compte.

«Je crois devoir également recommander particulièrement à votre bienveillance le nommé Montellier, 3* compagnie du bataillon de chasseurs, qui a pris un drapeau de concert avec un grenadier du 7 V et un fusilier du 21'. »

« Fouet »

chasseurs, soldais de la Ligue, tous rivalisent d'audace et d'ardeur.

Elles nous appartiennent enfin ces hauteurs que L’empereur d’Autriche devait croire qu’il n’était donné à aucune puissance humaine de lui arracher ! — Elle est en notre pouvoir, pavée de notre sang, cette Tour, l’espionne de l’Italie, qui plane orgueilleusement sur toutes les plaines de la Lombardie et étend ses regards des rives du Mincio à celles du Pô ! — Nous sommes maîtres du mont des Cyprès, ainsi que du mur qui relie ces formidables mamelons!... Et c’cst du sommet de ces crêtes, si longtemps meurtrières, que nous dirigeons à notre tour, sur l’ennemi en retraite, des feux plongeants qui le déciment.

Oui ! l’Empereur qui dominait cette grande action militaire, dont il avait dirigé les principaux mouvements, a dû être lier de ses soldas, fier du drapeau de la France, si haut et si noblement porté par toute son armée.

LVH. — Le général Forcy ne s’arrête que le temps de faire prendre haleine à ses troupes et de les reformer sous son commandement, puis il les lance sur le côuvent. •

Dans ce dernier coup porté à la défense de Solferino, les compagnies et les régiments sont confondus entre eux par l’ardeur qui les entraîne. — Semblables à ces torrents impétueux qui roulent des montagnes , renversant tout sur leur (tassage, on les voit fondre du haut des escarpements sur les derniers remparts, où l’ennemi, se

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