LIVRE H, CHAPITRE Ul
ralliant encore à la voix de ses officiers, tente les derniers efforts d’une résistance inutile; mais bientôt il précipite sa retraite sous l'action meurtrière de notre artillerie, entraînant avec lui les réserves massées en arrière du village. — Là encore, le général Le bœuf, qu'une ardeur infatigable conduit sur tous les points du champ de bataille, accourt pour achever l’œuvre ,de notre infanterie , et vient écraser les colonnes autrichiennes , confusément pressées dans les gorges étroites qui mènent de Solferino à Cavriana.
LVIII. — La 2* et la 3' division ofit vu nos soldats vainqueurs couronner le sommet de ces mamelons; tout à l’heure encore hérissés de baïonnettes ennemies ; le maréchal Baraguey d’Hilliers, qui surveille attentivement tous les mouvements de son corps d’armée et a dû, dans les moments difficiles qui se sont succédé, payer plusieurs fois de sa personne fl) , donne ordre à ces deux divisions de se lancer de nouveau contre le cimetière et d’occuper les hauteurs qui en couvrent les abords.
Déjà, pour faciliter aux troupes l’enlèvement de ce point si vigoureusement défendu, et dégager ainsi les importantes positions qui l’environnent, le commandant de Lapeyrouse, sur l’ordre du général Bazaine, a successivement placé les six pièces de la 12* batterie du 12e régiment, les unes dirigées sur le cimetière même, les autres sur les maisons situées au versant nord du
(1) Bulletin de l’Empereur.
CAMPAGNE D’ITALIE
plateau. Dans le môme moment * le général Forgeot met lui-même en position quatre pièces de la 15e batterie du 10* régiment, sous les ordres du capitaine de Oanccaude. Nos projectiles font de larges trouées dans les murailles, mais le feu de l’ennemi continue avec une si grande ténacité, que le 3' bataillon du 78% lancé sur la droite, est encore une fois arrêté dans son élan. — Le capitaine Canecaude, rejoint par le capitaine en second de Novion, qui amène les deux dernières pièces de la batterie , s’avance hardiment avec scs pièces, à 150 mètres au plus, devant la façade môme du cimetière, et commence un feu très-vif et très-sûrement dirigé, malgré les pertes sensibles qu’il éprouve.
LIX. — Alors le maréchal donne de nouveau l’ordre d’attaquer; la charge sonne dans toutes les directions, les régiments, enlevés avec un grand élan, garnissent les crêtes aigues des arêtes, et s’avancent en bon ordre sur le plateau, ou gravissent les flancs abrupts des ravins. — Ici, c’est la 3' division ; le commandant Laffaille se précipite sur le cimetière à la tête du 3* bataillon du 78% auquel se sont jointes deux compagnies du 1" bataillon et y pénètre résolûment ; cette colonne d’attaque est bientôt suivie et appuyée par tout le régiment.
Le 37- s’est jeté sur les barricades qui ferment les issues d’un groupe de maisons au bas du plateau, et le lieutenant Redel, avec sa seule compagnie, s’empare d’un bâtiment que l’ennemi défend avec opiniâtreté, et y fait un bon nombre de prisonniers.