‹ La campagne d'Italie de 1859Chapitre 110 sur 326 · CHAPITRE IV · texte numérisé non relu

CHAPITRE IV

LXII. — L’Empereur ne doute pins de la victoire. — Depuis le premier regard, jeté dès le matin sur l’ensemble de la bataille , il n’a pas eu dans sa pensée un seul instant d’indécision. — C’est à la prise des hauteurs de Solferino qne le gain de la journée est attaché, et par une inspiration digne du génie du grand capitaine dont il porte le nom , il n’a pas hésité , dès le commencement de la joufnée, à engager sa garde, pour s’assurer rapidement la possession de ce point capital qui coupe les lignes ennemies et divise leurs efforts (1).

Mais l’Empereur ne s’est pas non plus dissimulé que l’ennemi (2) peut encore nous disputer le triomphe sur

(1) Le Tait suivant est curieux à noter. Vers deux heures et demie environ, lorsque le 1" corps fut maître des positions de Solferino et que l'ennemi battant en retraite se relira sur Cavriana, l’Em|ereur fut tellement persuadé du gain de la bataille, qu’il donna l’ordre à son premier écuyer de faire diriger sur Cavriana les bagages du grand quartier impérial restés à Castiglione.

(2) » Rapport autrichien.

« Les troupes du n* corps se retirèrent à Mescolaro et Pozzolengo, celles du ]*’ se replièrent sur Cavriana, et de Ut sur Voila et Valcggio.

CAMPAGNE D’ITALIE

cette série de mamelons importants, qui relient Solferino à Cavriana, et dont ce dernier point est le réduit extrême.

Depuis le matin aussi, il entend tonner sans relâche le canon du roi. — Sans nul doute l’armée sarde a également rencontré devant elle une sérieuse résistance. — Plusieurs officiers d’ordonnance de Sa Majesté ont successivement été envoyés dans la direction deSan Martino, avec mission de rapporter des données certaines sur la position de l’armée sarde , mais jusqu’à présent aucun de ces officiers n’est encore revenu.

Au moment où l’Empereur va se diriger sur Cavriana, le lieutenant-colonel de Meneval arrive, il a vu le roi Victor-Emmanuel, et apporte des nouvelles.

Le Roi a devant lui un corps autrichien considérable, qu’il évalue à cinquante mille hommes environ. — Le terrain est vivement disputé ; mais sa position ne lui inspire aucune inquiétude.

LXUI- — De son côté, l’aile droite du maréchal Baraguey d'Hilliers surveille sérieusement, nous l’avons vu, l’espace laissé vide entre elle et les Piémonlais.

Déjà le général d’artillerie Forgeot, par une manœuvre habile, a dégagé la position. — Le maréchal ayant aperçu plusieurs colonnes autrichiennes qui s’avançaient entre l’armée du Roi et le 1" corps, et cherchaient à tourner la droite des Piémonlais, avait donné ordre au général Forgeot de les éloigner : plusieurs pièces, amenées aussitôt par le capitaine Le Clerc (7* du l !•), com-

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