LIVRE II, CHAPITRE IV
La division Oecaen (1) doit continuer le mouvement.
LXIX. — Le général de La Motlerouge, à la tète de sa 1” brigade, s’engage dans un chemin creux. L’artillerie divisionnaire suit la marche, ainsi que la 2' brigade. — Dès que la division entière a dépassé la gauche de la 2* division, elle fait face à droite et déploie ses bataillons en masse, se dirigeant vers San Cassiano, en
(1) le général de division decaen
(Claude-Théodore) est né le 30 septembre 1811, à Utreclit (Pays- Bas).
Elève à l’École spéciale militaire le 19 novembre 1827, il entrait comme sous-lieutenant au 21* (le ligne le 30 septembre 1829.
Il faisait la campagne d’Afrique en 1830 et 1831 , et devenait lieutenant le 20 juin 1832.
Capitaine le 28 mai 1838, capitaine adjudant-major le 14 juillet, il passait avec son grade au 7* bataillon de chasseurs à pied le 20 octobre 1840. Chevalier delà Légion d’honneur le 22 avril 1847, il était nommé chef de balaillon au 62* de ligne le 6 mai 1830, puis recevait le commandement du 1** bataillon de chasseurs à pied le 24 décembre 1831 , et partait pour l’Algérie où il restait de 1852 à 1854.
Lieutenant-colonel au 11* léger le 28 décembre 1853, et au 86* de ligne le 1** janvier 1855, il était envoyé devant Sébastopol et devenait colonel du 7* de ligne le 21 mars de la même année.
Le colonel Decaen, pendant la durée de ce siège, sut montrer autant de bravoure dans les combats que d’énergie dans le commandement. — A la prise de Sébastopol, sa brillante conduite attira justement sur lui l’attention do ses chefs et lui valut sa nomination an grade de général de brigade (22 septembre 1855).
11 reçut alors le commandement de la 2* brigade de la I'* division d’infanterie du 1" corps de l’armée d’Oriem, et, le 7 février 1858, il commandait une brigade d’infanterie de la garde impériale.
Rentré en France, il partit pour l’armée d’Italie à la tête do la 2* brigade de la 2* division de la garde impériale, et le lendemain de la bataille de Magenta il était élevé au grade de général de division et prenait le commandement de la 2* division du 2* corps, en remplacement du général Espinasse, tué à l'ennemi.
se reliant ainsi, d’un côté, avec l'infanterie de la garde impériale , de l’autre , avec la division du général Decaen. De nombreux tirailleurs couvrent le front de chaque bataillon.
Le général Lefèvre forme la tète de colonne avec sa brigade. Les tirailleurs algériens du colonel Laure marchent en première ligne; ils s’élancent, soutenus par le 45e (colonel Manuelle). Le village de San Cassiano, tourné à droite et à gauche, est enlevé en un instant avec un élan irrésistible, cl le colonel Laure continue sa course sur la gauche, suivant une direction presque parallèle à la route qui débouche de Solferino. Son but est de se porter rapidement vers le contre-fort principal qui relie Cavriana à San Cassiano. — Le 45% qui tenait la droite, appuie sur la ferme de Malpeti ; la 2" brigade du général de La Molterouge suit la première et s’établit dans le vide laissé entre les tirailleurs algériens et le 45%
LXX. — Le contre-lort entre San Cassiano et Cavriana, appelé mont Fontana, est un grand mouvement de terrain formé d’une succession de mamelons, où l’on distingue trois pitons principaux. L’ennemi, refoulé de San Cassiano, a réuni sur ce point des forces considérarables, et s’apprête à le défendre énergiquement, car il comprend qu’une fois ces hauteurs en notre pouvoir, il lui deviendra impossible de se maintenir à Cavriana.
Aussi, c’est sur ce point que, pour le 2' corps, le combat