LIVRE II, CHAPITRE V
Cin. — Des uhlans lancés en fourrageurs tombent à tout instant sur les compagnies qui en gardent les abords. — Mais le général Vinoy ne veut pas encore engager ses derniers bataillons, son unique ressource , et fait demander au général Partouneaux, dont les escadrons se déploient à sa gauche, de lui venir en aide.
Le terrain, couvert d arbres, coupé de fossés souvent profonds, était fort dangereux pour la cavalerie; mais la position est grave, le général Partouneaux n’hésite pas et donne l’ordre an général de Clérembauît de se porter dans le bois avec le 2' hussards, soutenu en arrière par le 7\ Le général se met à la tête du 2' hussards, n’emmenant avec lui que son aide de camp, le capitaine Ruyneau de Saint-George, car son officier d’ordonnance, le capitaine Castelnau, vient d’être blessé quelques instants auparavant. — Il s’engage résolûmes au milieu des vergers qui entourent la ferme, prenant pour point de direction l’endroit où la fusillade lui parait le plus intense. La petite troupe avance avec difficulté ; le général ne peut se faire éclairer, et c’est à peine s’il voit à quelques pas devant lui , tant parfois les massifs d’arbres sont touffus. Déjà il a laissé à sa gauche la Casa Nova , qu’il a dépassée de plus de trois cents mètres, lorsqu’il rencontre le général La Charrière.
CIV. — Pendant qu’il prend quelques informations, la fusillade redouble sur la gauche ; les Autrichiens vieil -
nent de lancer une nouvelle colonne de Croates qui s’avance en masse compacte, faisant un feu roulant sur les faibles bataillons qui défendent à outrance les abords de la ferme. Cette colonne marche rapidement à travers le bois, présentant le flanc aux hussards qu’elle n’a pas aperçus. Le général ordonne le plus profond silence et donne ses ordres à voix basse. — L’ennemi continue sa marche qvec confiance. Tout à coup le général de Clérembault se lance à la tète du 6' escadron (2' hussards) que commande le capitaine Houx ; cette attaque imprévue et très-vigoureusement exécutée jette le désordre parmi les Croates. — Mais ils se sont selon leur habitude jetés à terre et couchés dans les fossés ; tout à coup, ils se relèvent et commençant un feu très-vif à courte distance, font éprouver à l’escadron des pertes sensibles (1).
Voici le 5e escadron conduit par le colonel L’Huillier.
Le général Ta rejoint en franchissant le premier un fossé très-profond. — L’ennemi à peine rallié est de nouveau rompu ; épouvanté par cette seconde charge qui tombe sur lui comme un ouragan, et croyant que la division tout entière est sur les traces de ces escadrons, il abandonne le terrain, sans essayer de le défendre plus longtemps.
Pendant que les hussards sabrent et dispersent lés Croates, le général Vinoy et le général La Charrière ont rallié leurs compagnies. Cette charge heureuse avait
t < (I) 20 chevaux, 3 officiers et 37 hommes hors de combat.