LIVRE II, CHAPITRE V
sur le carré qu’ils étaient chargés de couvrir. — Derrière eux , avec eux , arrivent les escadrons à fond de train; ils chargent l’ennemi, aux cris de : Vive l’Empereur! — Ce carré, à demi-formé, est rompu, et en quelques instants le sol est jonché de morts , d’armes brisées ou abandonnées. Les chasseur? ont continué leur course avec l’élan indomptable qui distingue ces tiers escadrons ; tout à coup ils se trouvent en face de trois autres carrés formés derrière des haies élevées et touffues. — Impassibles devant ce tourbillon d’hommes et de chevaux, immobiles comme des rochers, les Hongrois attendent le signal de leurs chefs ; à ce signal , leurs fusils s’abaissent méthodiquement, et sur toutes les faces attaquées s’étend un formidable réseau de feu.
Nos braves escadrons, désunis par les difficultés du terrain, se rallient sous ce feu meurtrier et se précipitent pleins de vaillance sur les terribles bataillons. — Plusieurs officiers, que suivent les plus intrépides et les plus ardents, pénètrent même dans les carrés; mais, dès qu'ils y sont entrés, ces carrés sa referment aussitôt sur eux. Enveloppés de toutes parts, ils combattent à outrance, teignant de sang la lame de leurs sabres, mais de leur sang aussi le champ de bataille, où presque tous tombent pour ne plus se relever.
Le 1" chasseurs d’Afrique a 10 officiers hors de combat. — Parmi eux, ont trouvé la mort les capitaines de Roquci'cuil, Gnyot le lieutenant Loeffer, le jeune
sous-Iieulenant de Fénelon et vingt chasseurs parmi les plus vaillants. — Le brave lieutenant colonel des Ondes (1) est aussi tombé frappé mortellement. C’était un des plus intrépides officiers de ces chasseurs d'Afrique qui en comptent tant ; deux fois il avait rallié ses cavaliers, et deux fois les avait rejetés sur l’ennemi.
CXVI. — Le général Desvaux a fait porter en avant le 3e chasseurs d’Afrique qui formait la seconde ligne, et derrière lequel vient se reformer la 1" brigade.
Le capitaine Escande enlève son escadron en fourra-
it) IE LIEUTENANT ‘COLONEL LAURÀNS UES ONDES
(Josopli-Pildevert-Amédéc) naquit le 12 septembre 1811, à la Guadeloupe.
Elève à l’éêole spéciale militaire le 18 novembre 1829, il entrait, comme sous-lieutenant au 32* de ligne, le l,r octobre 1831. Nommé au 9* cuirassiers le 15 novembre 1833. à sa sortie de Saumur, il était nommé lieutenant le 12 novembre 1838 et capitaine au 8* régimeut de chasseurs, le 4 novembre 1842.
Passé au V régiment de chasseurs d’Afrique, le 7 avril 1846, il s’embarqua pour l’Algérie, où il resta jusqu’en 1851. Promu chef d'escadron au 7* lanciers, le 26 décembre 1851, il entrait avec son grade au régiment des guides le 31 octobre 1852, puis à l’escadron des Cent Gardes, le 1" mai 1854.
Nommé lieutenant-colonel du 5* hussards, le 21 février 1856, il devait succomber glorieusement 4 Solferino.
Ses campagnes sont delSAffà 1853. — En Afrique il s’était distingué particulièrement, le 16 octobre 1846, contre les O’Moumen , expédition dans laquelle il avait été cité au rapport du gouverneur général.
les états de service du lieutenant-colonel Laurans des Ondes le signalent comme un officier supérieur des plus distingués sous tous les rapports. — C’est sous le feu de l’ennemi qu’il devait périr dans cette grande journée qui coûta tant de sang , en donnant tant de , gloire.