‹ La campagne d'Italie de 1859Chapitre 159 sur 326 · LIVRE II, CHAPITRE V · texte numérisé non relu

LIVRE II, CHAPITRE V

et le sous-lieutenant Bernada ont été mortellement atteints (1).

CXYII. — Insatiables de dangers , les braves chasseurs se reforment de nouveau, et de nouveau vont se lancer à la charge, lorsqu’un immense nuage de poussière envahit toute la plaine et roule en tourbillons jaunâtres, que pousse un vent furieux. Les branches des arbres brisées sont enlevées dans l’espace.

Bientôt à l’ouragan qui court de tous côtés, dans la plaine et sur les hauteurs, en rafales insensées, se joint une pluie torrentielle. On ne peut plus ni se voir, ni se chercher, ni combattre; on dirait que les ténèbres de la nuit sont venues subitement envelopper la terre. — C’est 1 heure que Dieu, dans sa volonté, a décidé pour le terme de cette grande bataille , où près de quatre cent mille hommes avaient combattu sans relâche, pendant seize heures.

Lorsque l’orage cessa, l’ennemi avait complètement disparu, laissant pèle mêle sur le terrain des cadavres d’hommes et de chevaux, des débris de toute sorte, traces sanglantes des combats meurtriers livrés depuis le matin sans relâche.

Celte tourmente effroyable, en se déchaînant ainsi pendant plus de trois quarts d’heure avec une furie sans

(I) Quatre pièces de canon furent prises par la division Desvaux et enlevées à l'ennemi par le 3* chasseurs. Le capitaine Escande, qui avait brillamment participé à ce fait d’armes, (ut chargé de les remettre au 86*.

égale, avait protégé la retraite générale de l’ennemi (1), que cherchaient à couvrir ses dernières attaques dans la plaine et dans les bois de Medole.

GXVIII. — Le général Niel s’établit sur les positions conquises (2).

Le maréchal Canrobert, de son côté, avait envoyé son chef d’état-major général, le colonel Besson, vers la division Bourbaki, avec ordre, si les reconnaissances de ce général n’avaient produit aucun résultat, de ramener sa division sur Rebecco, en laissant seulement à Médole

la brigade Collineau, de la division Trochu.

» Le général Bourbaki était à la gauche de sa division, à observer l’ennemi en avant de Castel Goffrcdo ; l’ordre ne lui parvint que vers quatre heures et demie. Ne jugeant plus sa présence nécessaire à l’ouest de Médole, il hâta sa marche; mais, la route encombrée par les voitures, les chevaux et les blessés, ne lui permit d’arriver à hauteur de Rebecco que vers sept heures.

L’ennemi occupait encore Guiddizzolo. — Si pendant la nuit qui suivit la bataille, ou le lendemain matin, il eût voulu tenter un retour offensif de ce côté, il avait

(1) Bulletin autrichien sur la bataille de Solferino.

Le centre ayant ainsi cédé 4 Solferino Ht à Cavriana, faite gauche ne pouvait plus forcer la position de l'ennemi, et à 4 heures de l'aprèsmidi on décida la retraite générale.

(2) Le 4" corps (y compris les deux divisions de cavalerie Partourneaux et Desvaux) avait eu , dans cette glorieuse journée , 46 officiers

tués et 207 blessés.— Il comptait en tout 4804 hommes hors de combat.

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