‹ La campagne d'Italie de 1859Chapitre 161 sur 326 · LIVRE 11, CHAPITRE VI · texte numérisé non relu

LIVRE 11, CHAPITRE VI

revenir cette tâche et cet honneur. Pour nous, nous devons nous borner à retracer à grands traits le rôle de l’armée piémontaise dans cette mémorable journée.

Il est neuf heures.— Le brave général Mollard, auquel la bataillé du 24 juin devait apporter une si juste illustration , a formé eu colonne d’attaque les premières troupes de la 3* division, au fur et à mesure de leur arrivée, et les a lancées successivement sur San Martino. Deux fois ces braves régiments atteignent les premières crêtes, mais ne peuvent s’y maintenir ; leurs chefs combattent et tombent à leur tête sous le feu de l’ennemi. L’artillerie accourt pour les soutenir et les chevau-légers de Monlferrat, se souvenant de Montebello, chargent l’ennemi avec cet ardent courage qui les avait si brillamment signalés le 20 mai.

CXX. — Un instant trois pièces de canon sont aux mains victorieuses des Sardes ; mais bientôt il leur faut renoncer à ces glorieux trophées et céder, devant lésinasses ennemies qui s’accumulent, cette position si chèrement achetée. — Le colonel Berelli et le major Lolaro ont été tués ; le général Arnaldi, les majors Borda et Longoni sont blessés; avec eux bien d’autres encore qu’il nous faudrait nommer ici, si nous pouvions citer tous lescœurs vaillants. — L’ennemi s’abuse, toutefois, sur ce mouvement de retraite, et descend les pentes de la Contracania à la suite des Piémontais, qui ont dû se replier.

CAMPAGNE D’ITALIE

— Il se croit vainqueur : il veut poursuivre jusqu’à la Gascina Selvetta et couper les troupes sardes de leurs communication?, en tombant sur le chemin de fer; mais le capitaine Spinola se lance à leur rencontre avec un escadron de clievau-légers de Saluces. — Si ces braves cavaliers font des pertes terribles, du moins, ils arrêtent l’ennemi et donnent le temps à deux bataillons (4* bataillon du 8* et 8* bataillon des Bersaglicrs) de se porter sur le point dont il veut s’emparer. — C'est ainsi que les deux avant-gardes et la brigade de Coni ont tenu tête aux colonnes autrichiennes jusqu’à 10 heures du matin. A ce moment, par le chemin de Rivoltella, arrive, à pas précipités, la 5' division, conduite au feu par le général Cucchiari.

Le 11' régiment d’infanterie est en tête; le colonel Leonardi, qui le commande , le dispose aussitôt en colonne d’attaque, à gauche de la route de Pozzolengo. — A la gauche du régiment vient bientôt se placer le colonel Avenati avec un bataillon du 12' régiment, tandis que le général Mollard couvre l’extrême droite par les trois autres bataillons et le 10* Bersagliers en face des cascines Ganova, Arnia, Selvetta, et Monata, qu’il est urgent de reprendre pour dégager le chemin de fer, véritable point d’appui de l’armée sarde.

Les clairons sonnent, les tambours battent, et les ■troupes, entraînées par leurs chefs, se précipitent avec élan sur San Marlino et sur le Roccolo, malgré un feu violent de mitraille et de mousquelerie ; — ils courent à la baïonnette, sans faire usage de leurs cartouches. —

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