LIYRE II, CHAPITRE VI
La lutte est sanglante, la défense opiniâtre, mais le succès couronne la valeur des Piémontais; ils reconquièrent les positions qui leur avaient été arrachées. — La Cascina Conlracania est aussi reprise ; et cette fois encore, trois pièces de canon sont un moment au pouvoir de nos alliés.
Mais dans cette brillante action, si la brigade Casai avait fait des prodiges de valeur, elle les avait payés par des pertes sensibles. — Le major Poma avait été tué, — le brave colonel Avenati, les majors Manca et Zina gravement blessés.
CXXI. — Pendant que cette brigade combattait ainsi énergiquement, la brigade d’Acqui est accourue précédée par le 5* bataillon des bersagliers et le 1 7' régiment que commande le major Ferraro. Cet officier forme ses troupes en colonne sur la route du chemin de Lugano, devant et parallèlement au chemin de fer. — Le combat, un instant interrompu , recommence alors avec plus d’acharnement ; les chefs, superbes d’audace, excitent leurs soldats de la voix et de l’exemple. — Ce sont parfois des luttes corps à corps, des mêlées sanglantes. — La Contracania est de nouveau retombée au pouvoir de l’ennemi, et de nouveau il faut s’en emparer.
Enfin pour la cinquième fois cette cascine, l’église San Martino et le Roccolo sont pris. — Les Sardes ont gagné visiblement du terrain.
Midi sonne.
La brigade Pignerol, de la 3' division, arrive de Dell 18
zenzano et de Rivoltella; elle vient d’atteindre la Cascina Selva. — Le général Mollard se hâte de lui faire compléter le succès que vient d’obtenir la 5‘ division, et dirige cette brigade, sur deux lignes, vers la Contracania ; l’artillerie est placée au centre.
Déjà elle a ouvert un feu violent sur le monticule occupé par l’ennemi, et pris possession de plusieurs cascines situées au pied de ces hauteurs ; — mais un avis fatal arrête ses efforts.
A la gauche de la 5' division, vers Corbù di Sotto et Vestone, le 15* régiment et une partie du 12e sont mutilés par des décharges à mitraille tirées à 200 pas, et pris en outre en travers par les feux de l’infanterie ennemie ; ils ont dû se replier, de la gauche vers la droite, jusqu’à leur point de départ, près du chemin de fer. — Ce mouvement rétrograde a malheureusement mis complètement à découvert les bataillons des 11% 12% 17e régiments et V bersaglicrs, au moment où ceux-ci , maîtres de la hauteur du Roccolo, arrivaient sur la Contracania. Ces régiments doivent, à leur tour , pour ne pas être tournés par l’ennemi, suivre le mouvement de retraite de la 5* division; et bientôt sur les crêtes de la Contracania, le feu se ralentit, puis finit par s’éteindre tout à fait.
Ces attaques réitérées, énergiques, mais sans succès réel, contre des positions presque inexpugnables, l’accroissement perpétuel des masses ennemies que le général Renedeck renouvelle à tout instant sur ce point , l’épuisement des troupes qui combattent si vaillam-