LIVRE II, CHAPITRE VI
ment, depuis le matin, sans souvenir des fatigues d’une marche forcée qui les a portées, au pas de course, sur le champ de bataille, tout dit qu’il faut attendre l’arrivée de nouveaux renforts, et ne pas répandre inutilement un sang si cher et si précieux.
A fa droite, le général Mollard a pris une position défensive qu’il ne Se laissera pas arracher. — Son chet d’état-major le seconde avec une haute intelligence.
Certes, le général Cucchiari a fait l’impossible avec sa division (5e); il a combattu avec elle jusqu’au dernier moment en brave et énergique soldat. Écrasé par le nombre, il cède pas à pas un terrain semé de ses morts ; mais s’il ramène en arrière sa division, il la ramène mutilée(l).
Le 18e d’infanterie protège sa retraite, et le général se replie pour réorganiser ses troupes décimées.
CXXn. — Le roi Victor-Emmanuel a vu les efforts héroïques de ses intrépides soldats qui, depuis le lever du jour, combattent, sans compter ni craindre le nombre de leurs ennemis, et il a appelé à lui la division du général Fanti, dirigée, vers 11 heures du matin, sur Solferino, pour appuyer l’attaque du 1" corps de l'armée française.
Une des deux brigades reçoit l’ordre de marcher dans la direction de Pozzolengo au secours de la 1" division.— La seconde (brigade d’Aoste) se dirige, en toute hâte, sur San Martino, où sont la 5e division et une partie delà 3e.
(1) Ses perles sont de 19 officiers tués; — 6; blessés; — 279 soldats tués; — 1264 blessés; — 430 disparus. — Total : 2054 hors de combat.
CAMPAGNE D’ITALIE
La lutte avait cessé. — A voir ce calme relatif succéder tout à coup au tumulte de la bataille, on eût dit une trêve faite d’un commun accord entre les combattants.
Un officier accourt à fond de train : c’est le capitaine de Montiglio, des chevau-légers d’Aoste, officier d’ordonnance du Roi. Il annonce au général Mollard le renfort que Sa Majesté lui envoie.
„ — Nos alliés, les Français remportent une grande victoire à Solferino, dit le capitaine de Montiglio ; le Roi veut que ses troupes en remportent aussi une à San Martino. »
Le visage du brave général Mollard rayonne de joie à celte heureuse nouvelle.
« — Allez dire au Roi, s’écrie-t-il, que ses ordres seront exécutés, » et aussitôt, il prend toutes ses dispositions pour se lancer de nouveau au combat, dès que de nouvelles troupes seront arrivées.
Il est 4 heures du soir, lorsque la brigade d’Aoste vient se mettre sous scs ordres. — C’est l’heure où les Français déjà maîtres de Solferino enlèvent le mont Fontana et se jettent sur Cavriana.
Le général Mollard a placé la brigade d’Aoste sur la gauche de la Conlracania avec le 1* bataillon des bersagliers ;> — à sa droite est la brigade de Pignerol. — Les quatre régiments de ces deux brigades sont rangés sur deux lignes, l’artillerie aux ailes (batterie Cavaelli à la droite, batterie Boltiglia à l’extrême gauche) ; la cavalerie couvre l’extrême di oite.