‹ La campagne d'Italie de 1859Chapitre 184 sur 326 · CHAPITRE PREMIER · texte numérisé non relu

CHAPITRE PREMIER

I. — Si le corps d’armée autrichien annoncé dans la direction de Mantoue (1) n’avait point paru surle champ

(I) ManUme, ville forte de 1* Lombardie, patrie de Virgile. 30 000 habitants.

Avec ses lacs ou plutôt les marécages pestilentiels qui t’entourent et la. défendent, surtout dans l’espace compris entre celte place et le PA, Mantoue est difficile à aborder, et ne communique avec la terre ferme que par cinq chaussées , qui sont celles de Roverbclla , de Modène, de Legnago, de Borgoforte et de Crémone. Son enceinte est couverte de bastions de contre-garde , et le lac sur lequel elle s’élève est coupé en quatre par des fortifications bastionnées. L’une de ces quatre parties, nommée Lago di Pajolo, est surtout insalubre et entretient, dans la chaude saison, des maladies qui vont jusqu’i paralyser le quart, même le tiers de la garnison. Au nord, elle est protégée par la citadelle de la Favorite, pentagone régulier d’une force respectable et d'où l’on peut souvent, comme à Peschiera, recourir contre l'ennemi à des inondations artificielles. Mantoue s’appuie en outre, au midi, sur deux camps retranchés et sur une vaste étendue de terrains nommée Seraglio, qu’entourent de toutes parts les eaux du Mincio, du PÔ et de l’Ausoue. Cette île marécageuse forme un triangle de cinq à six lieues carrées. Plusieurs forts détachés complètent ce vaste système de défense.

de bataille de Solferino, c'est qu’il avait été tenu en respect par l’appréhension que lui causait la tête de colonne de la division d’Auteinarre.

Ce général était, en effet, en avant de Plaisance, le jour où les deux armées se rencontrèrent dans la plaine de Medole. — Son apparition eut une influence décisive sur les mouvements de l’ennemi.

Le lieutenant feld-maréchal Liechtenstein crut, en voyant la tête de colonne de celle division, que le 5' corps réuni en entier s’apprêtait à marcher sur Mantoue ; cette pensée le paralysa pendant toute la journée et le retint dans les positions qu’il occupait, indécis sur ce qu’il devait faire (1).

Le 5* corps doit bientôt rallier le gros de l’armée principale à Goito; le moment est donc venu d’entrer dans le détail des mouvements qu’il avait opérés, depuis son départ de Florence.

Le 19-juin, toutes les fractions de ce corps que le prince Napoléon avait eu sous ses ordres en Toscane étaient réunies à Massa. — Le général Ulloa continuait de s’avancer sur Parme parla roule de Modène.

Le 20, les troupes quittèrent Massa sur deux colonnes et se dirigèrent vers Parme avec la plus grande rapidité,

(I) Bulletin autrichien sur la bataille de Solferino.

« Le mouvement de flanc que deux brigades du 2* corps d’armée avait reçu l’ordre d’exécuter, et qui pouvaitavoir un effet décisif sur le flanc et les derrières de l’ennemi, ne fut pas non plus exécuté, car la nouvelle de l’approche d’un gros corps ennemi venant de Piadena et Crémone (où se trouvait en effet la division d’Autemarre) , retint cette division k Marcaria. dès qu’elle eut passé l’Oglio.»

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